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Gilberto Gil, l’Esprit de famille à Juan-les-Pins

Le musicien brésilien Gilberto Gil était de retour samedi à Jazz à Juan. Habitué de la pinède Gould, cette fois, c’est avec sa famille qu’il a joué sur scène.

Ludovic Mercier lmercier@nicematin.fr Publié le 18/07/2022 à 13:01, mis à jour le 18/07/2022 à 13:30
(Photos Sébastien Botella) SEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice MatinSEBASTIEN BOTELLA / Nice Matin

Il faisait une chaleur écrasante samedi après-midi dans les coulisses de la pinède Gould. La toile tendue en guise de plafond donnait à l’atmosphère une épaisseur presque tropicale. C’est là que la presse a été invitée à rencontrer Gilberto Gil, de passage à Juan-les-Pins pour sa tournée Gilberto Gil & Family. Short, tee-shirt et claquettes allemandes, le patriarche de 80 ans s’avance souriant et décontracté.

Si Jazz à Juan est un peu sa maison, tant il s’y est produit, cette fois il rentre en famille. "Vous savez, quand on joue en famille, c’est plus confortable. Plus relaxant. C’est ma fille Preta, et qui est chanteuse professionnelle au Brésil depuis quelques années déjà, qui a suggéré de faire une tournée avec tout le monde. Elle n’était jamais venue jouer en Europe. Elle a donc lancé l’idée il y a 3 ou 4 ans mais à cause de la pandémie, c’était impossible."

Pour les convaincre de venir, il a dû leur parler d’ici: "Je leur ai dit que c’était un festival très important, et que les souvenirs de Juan-les-Pins et de la région sont très précieux pour moi. Ici, j’ai rencontré Chuck Berry! Je leur ai parlé de l’atmosphère, de la dimension agréable de la ville, du festival, de la région." Après avoir finalement réussi à réunir toute la famille à Rio pour préparer cette série d’événements, ils ont entamé la tournée, offrant à Juan le huitième concert de cette série.

"Le rôle de la musique, c’est de transmettre"

Pour préparer cela, il a fallu définir le répertoire qu’ils allaient jouer. C’est aussi en famille que s’est fait ce choix: "Chaque membre était chargé de choisir une chanson. Comme ils sont presque trente, c’était impossible de tout inclure. Mais de ces chansons-là, nous en avons retenu vingt-deux. Il y a des morceaux anciens, d’autres, moins." L’objectif? Prendre du plaisir, mais aussi partager avec le public: "Je pense que pour tous les artistes, le rôle idéal de la musique, en tant qu’art, c’est la communication. C’est passer un message, transmettre des sentiments, un regard sur le monde. La transmission c’est l’essence même de la musique." Et n’allez pas croire qu’en tant que star, il se repose sur ses lauriers. Pour le compositeur de Toda Menina Baiana, l’apprentissage, c’est toute la vie: "Je suis constamment dans un processus d’apprentissage. C’est valable pour moi, pour ma famille, et pour la famille étendue: la grande famille du monde."

Cette philosophie l’a toujours habité. Et c’est sans doute ce qui a fait de lui un ministre de la Culture reconnu, là-bas, au Brésil, de 2003 à 2008.

Tout est culture

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et le ministère de la culture a été supprimé par Jair Bolsonaro, le président autoritaire, comme il l’avait promis en 2016 alors qu’il était en campagne: "C’est vraiment dommage, vous ne trouvez pas? Dommage qu’il y ait un groupe au gouvernement central du Brésil qui n’aime pas la complexité de la vie culturelle, la représentation des régions. Ils ont une idéologie très rétrograde. C’est vraiment une régression. Maintenant, nous espérons qu’avec la popularité rétablie de Lula au niveau de la société brésilienne, il pourra revenir avec un autre concept de culture, d’éducation, de nationalité en général, de brasilianité. Et une nouvelle vision du rôle du Brésil dans le monde." Car pour Gilberto Gil, tout est culture: "La culture est un domaine qui grandit chaque année, chaque décennie. Sans ignorer certaines difficultés, on peut dire que les besoins matériels sont en général plutôt satisfaits. En Europe, par exemple, il y a une classe moyenne partout. Donc c’est la culture qui prend la plus grande place dans la vie. Le domaine de la spiritualité, du langage, à travers les arts, la politique, les discours: tout ça, c’est culturel."

S’agirait-il d’une profession de foi ayant valeur de candidature? "Absolument pas. Je n’ai ni l’énergie physique, ni la disposition mentale et intellectuelle pour offrir le service public dont une grande nation comme le Brésil a besoin."

Offre numérique MM+

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