“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez "Sémaphore" le nouvel album du groupe Requin Chagrin de la Ramatuelloise Marion Brunetto

Mis à jour le 22/02/2019 à 12:43 Publié le 04/03/2019 à 18:00
Marion Brunetto.

Marion Brunetto. Photo Ella Hermë

Découvrez "Sémaphore" le nouvel album du groupe Requin Chagrin de la Ramatuelloise Marion Brunetto

Marion Brunetto porte le projet Requin Chagrin depuis 2015. Son deuxième album, "Sémaphore", vient de sortir sur KMS Disques. Un label fondé par Nicola Sirkis, le chanteur d’Indochine, qui donne un sérieux coup d’accélérateur à la carrière de la Varoise.

Il y a une dizaine d’années, tout juste majeure, elle est "montée" à Paris. Pour y faire ses armes dans l’animation 2D. Ok pour l’image, mais la musique n’a jamais été très loin.
D’abord batteuse pour deux formations garage et punk, Les Guillotines et Alphatra, Marion Brunetto a créé Requin Chagrin en 2015. Un drôle d’animal prenant l’apparence d’un groupe, sans en être vraiment un.
Certes, la Ramatuelloise est épaulée par trois garçons sur scène (Grégoire Cagnat à la basse, Gaël Étienne au clavier et à la guitare et Julian Belle à la batterie). Mais quand il s’agit de concevoir de nouveaux titres, elle avance presque toujours en solitaire.
"J’adore composer et jouer avec d’autres personnes. Mais pour Requin Chagrin, j’aime bien l’idée d’installer un énorme bazar chez moi et de voir ce que ça peut donner. Parfois, je me pose trop de questions, mais ça fait partie du processus", énonce la jeune femme, voix grave et débit posé.
Sur Sémaphore, son deuxième long format après Requin Chagrin (2015), elle a tout enregistré dans son coin, entre Paris et le Var.
Avant de se tourner vers le réalisateur Adrien Pallot (Grand Blanc, La Femme, Fauve, etc.) pour réarranger les pistes.

Dans la mare des grands

Marion Brunetto donne l’impression d’avoir réussi à gérer des attentes qui auraient pu devenir trop écrasantes. En moins de quatre ans, le "petit poisson" qui évoluait dans le circuit indie s’est rapproché d’une plus grande mare.
Ses titres sortis sur le label La Souterraine ont tapé dans l’oreille de Nicola Sirkis. Alors, quand le chanteur d’Indochine a eu l’opportunité de créer son propre label chez Sony, KMS Disques, il a fait de Requin Chagrin sa première recrue.
"Le but, ce n’était pas de faire du Indochine en moins bien. J’ai expliqué à Nicola ma manière de travailler et il m’a laissé faire", résume Marion.
Son nouveau "boss" a fait de son mieux pour lui mettre le pied à l’étrier, en lui donnant l’occasion de jouer dix-sept fois en première partie de son groupe, lors de sa dernière tournée.
"La toute première date, c’était le 10 février 2018 à Épernay. On venait de faire une résidence à Paris. On a pu venir tôt pour avoir le temps de s’installer, de s’imprégner de l’ambiance. C’était assez drôle et impressionnant, on était excités comme des puces devant cette grosse machinerie. Certains soirs, on se retrouvait devant près de 10 000 personnes. C’est comme sauter en parachute, ça fait un peu peur. Mais les fois d’après, tu sais à quoi t’attendre."

Vague à l’âme

La blonde à la peau claire assure s’être retrouvée face à une foule "bienveillante"."Le public est tellement heureux de venir voir Indochine qu’il se laisse porter par l’ambiance."
Les fans d’Indo n’ont pas eu trop de mal à ressentir la filiation entre leurs chouchous et Requin Chagrin. Gamine, Marion Brunetto avait craqué pour L’Aventurier.
Plus tard, elle a poussé la découverte avec un best of prêté par son frangin.
"J’ai deux chapelles musicales : la scène garage actuelle et la new wave. Le tout mélangé, ça donne ce que je compose. C’est peut-être logique qu’il y ait quelques ressemblances dans les sonorités",
explique la Sudiste née en 1990.
Ses textes dégagent une sorte de spleen, une langueur lancinante qui s’infiltre entre des bataillons de guitares.

Doux amer

"C’est vrai que j’ai plutôt tendance à voir le verre à moitié vide. C’est assez naturel pour moi de sortir ce genre de choses. Je préfère mettre des paroles tristes sur une musique qui puisse donner envie de bouger. On n’est pas non plus dans la grosse électro, mais on peut ressentir ça par moments."
Alors que le premier album de Requin Chagrin était gorgé de lumière, d’une dream pop taillée pour les belles journées d’été, le deuxième plante un autre décor. On se retrouve "au coucher du soleil, entre chien et loup, dans une atmosphère un peu plus vaporeuse."
On lui demande si son Var natal l’inspire. Elle hésite un peu, puis répond par l’affirmative.
"Après avoir composé la musique de ce qui est devenu
Sémaphore, ce mot m’est venu directement à l’esprit. Quand j’étais plus jeune, il m’arrivait d’aller me promener vers celui de cap Camarat, à Ramatuelle. On est d’ailleurs venus tourner le clip de cette chanson près de chez moi, en rameutant toute la famille pour faire de la figuration. Sinon, je parle aussi de la Méditerranée, plus que du périphérique ou du métro", ironise Marion.

Entre deux eaux

Pas si évident que cela, tant on a l’impression que l’artiste pourrait avoir grandi dans des contrées plus brumeuses que le golfe de Saint-Tropez. "Je me situe un peu entre les deux. Quand je redescends ici, il arrive qu’on m’appelle "la Parisienne". Mais à Paris, on me dit souvent que j’ai un accent. Alors…"
Musicalement, Requin Chagrin navigue aussi entre deux eaux. Parmi les dix titres de Sémaphore, certains adoptent une structure classique et calibrée, avec un refrain et des couplets. D’autres s’étalent volontiers sur plus de cinq minutes (comme Mauvais présage ou Le Grand Voyage), faisant la part belle à des envolées instrumentales.
Plus vraiment "artisanal", chapeauté par une petite enclave au sein d’une maison de disques tentaculaire, le projet commence à trouver sa ligne de flottaison. "J’étais curieuse de voir ce qu’un projet hyper indé comme ça pouvait donner chez Nicola Sirkis, chez Sony. J’ai l’impression que c’est plutôt cool pour l’instant."
Il faudra sans doute patienter encore un peu pour découvrir Requin Chagrin en live.
Hormis une performance à Plage de rock, du côté de Port-Grimaud en 2016, le groupe n’a pas eu l’occasion de jouer dans le Var ou les Alpes-Maritimes. Le public parisien du Trabendo (le 4 avril) ou celui du Printemps de Bourges (le 20 avril) en profitera avant nous.


Sémaphore. Requin Chagrin.
10 titres. (KMS disques)


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct