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De quoi rêve David Guetta? "Regarder la télé en mangeant une pizza!"

Mis à jour le 24/10/2019 à 17:39 Publié le 01/11/2019 à 09:00
"La France, c’est un des seuls endroits sur la Terre où je joue devant des gens de toutes les générations."

"La France, c’est un des seuls endroits sur la Terre où je joue devant des gens de toutes les générations." Photo Guerin Blask

De quoi rêve David Guetta? "Regarder la télé en mangeant une pizza!"

Avec son dernier album, "7", il est l’artiste français qui a vendu le plus de disques à l’étranger en 2018. Depuis, il a sorti de nouveaux morceaux, mixé aux quatre coins de la planète et continue d’exploser les compteurs sur les réseaux sociaux. David Guetta sera à Monaco et Cannes les 6 et 9 novembre, pour les NRJ Awards. En attendant, il est à la une du magazine Week-end ce vendredi.

Parfois les chiffres ne veulent rien dire. Parfois quand on évalue la popularité d’un artiste à son nombre de followers sur les réseaux sociaux, on s’emballe un peu vite.

Quand on dit que David Guetta pulvérise des records sur ces plateformes, en revanche, on n’exagère pas trop. Près de vingt et un millions d’abonnés sur sa chaîne YouTube.

Plus de cinquante et un millions de personnes qui le suivent sur sa page Facebook. Plus d’un milliard de vues pour son titre Hey Mama avec la chanteuse Nicki Minaj… Vertigineux.

Depuis ses débuts dans les années 1980, le Parisien n’a cessé de fédérer, de s’exporter, de collaborer. Des Black Eyed Peas à Rihanna, de Snoop Dogg à Céline Dion, avec laquelle il a travaillé pour son nouvel album annoncé pour novembre.

De DJ à producteur, de patron de clubs select à roi des radios grand public, David Guetta promène ses mix par tous les temps. Sur tous les continents. Moqué parfois, critiqué souvent, adulé quand même, il continue de se produire sur les plus grandes scènes de la planète et d’accumuler les récompenses.

À cinquante et un ans, solide sur ses appuis face aux petits nouveaux de l’électro, il est toujours en lice, d’ailleurs, pour un trophée en sus.

Et à Monaco, où il sera le 6 novembre prochain pour les NRJ DJ Awards, c’est encore lui qu’on annonce comme le clou du spectacle. Trois jours plus tard à Cannes, c’est nommé dans la catégorie DJ de l’année qu’il prévoit de se rendre aux NRJ Music Awards.

L’occasion de discuter avec le DJ qui vit désormais entre Londres, Dubaï, Las Vegas et Ibiza. On a dû faire fissa mais on a pu l’attraper au vol, entre un séjour dans la capitale anglaise avec ses deux enfants et un avion pour Amsterdam où il était attendu pour recevoir un prix.

Au bout du fil, il a une petite voix. "Fatigué?" " Non, mais je suis à l’arrière du taxi, je ne veux pas déranger le chauffeur!"

"Chaque award compte, ils ne représentent pas tous la même chose."

Vous venez sur la Côte pour des remises de prix. Les récompenses signifient-elles toujours quelque chose pour vous?
Bien sûr. Parce que la reconnaissance du public est la plus importante et que des prix comme les NRJ Awards y sont très liés.

Chaque award compte, ils ne représentent pas tous la même chose. Là, je vais à Amsterdam pour recevoir le prix de meilleur producteur de l’année décerné par 1001 Tracklists [site spécialisé dans la musique électronique, ndlr].

Un truc très pointu, qui ne va rien dire au grand public mais qui est important pour les DJ. On va avoir aussi les résultats du DJ Mag Top 100 (1), dans le monde de l’EDM [electronic dance music, ndlr], des festivals, c’est important.

Je ne suis vraiment pas snob par rapport à ça. Pas blasé. Ça représente des gens et, quand on est artiste, on ne fait pas de la musique que pour soi!

Aux NRJ DJ Awards, il y aura aussi DJ Snake, Petit Biscuit, The Avener, tous au mieux trentenaires… Comment reste-t-on dans le coup parmi eux, à cinquante et un ans?
Dans ce métier, on a l’âge des gens qui sont en face de nous. Quand j’ai commencé, à dix-sept ans, les gens devant moi avaient vingt-deux ans.

Aujourd’hui, j’en ai cinquante et un et les gens en face en ont toujours vingt-deux. Du coup, moi aussi j’ai toujours eu vingt-deux ans! La plupart des artistes essaient de garder leurs fans du début, quand on va les voir, en face, il n’y a que des vieux… Enfin, des vieux, des gens de mon âge quoi! (rires)

Moi je n’ai jamais été dans cette logique, je regarde vers l’avenir.Je fais de la dance music, sous différentes formes bien sûr, parce que la musique pour danser n’était pas la même dans les années 1980, mais le but, c’est toujours de faire danser. Et qui est-ce qui danse? Les jeunes!

Et pourquoi les vieux ne dansent pas?
Parce qu’ils sont fatigués! (rires) Quoique, c’est marrant parce qu’en France, c’est assez sympa et assez unique, quand je fais Bercy par exemple –comme quand je vais jouer à Lyon et Paris bientôt [les 27 et 28 novembre prochains, ndlr]– j’ai mes fans du début qui viennent et qui se mêlent aux nouveaux.

C’est un des seuls endroits sur la terre où je joue devant des gens de toutes les générations. J’adore.

"La plupart des gens souffrent de leur routine, moi, je souffre du manque de routine."

Qu’est-ce que ça fait de faire danser autant de gens?
Il n’y a rien de plus beau. C’est un moment de rencontre extraordinaire. Où on est tous pareils, tous ensemble.

Ça va peut-être paraître un peu trop profond, parce qu’il ne s’agit que de dance music mais, vraiment: c’est un moment où il n’est plus question de race, de religion, de problèmes sociaux, de lutte des classes, de différences sexuelles.

Il n’y a plus rien de tout ça. J’adore. Parce que c’est comme ça que je vois la vie, d’une manière un peu naïve sans doute, mais c’est vraiment celle-là. Ce monde-là, pour moi, est parfait.

Mais qu’est-ce que c’est la vie de David Guetta? Le quotidien, quand il est difficile de trouver un moment pour faire une interview?
Ben, voyez, je fais une interview dans la voiture qui m’emmène à l’aéroport! C’est ça: toujours en train de faire quelque chose.

C’est génial parce que je ne m’ennuie jamais. Après, la plupart des gens souffrent de leur routine, moi, je souffre du manque de routine. De ne pas pouvoir me coucher à la même heure, me lever tous les jours dans le même lit… Regarder la télé en mangeant une pizza! (rires)

Ça peut paraître bizarre, très chiant même, mais les êtres humains en ont besoin je crois, et moi, je ne peux pas. Mais je ne me plains absolument pas.

Et vous y retournez. Vous travaillez déjà sur un nouvel album, avec le DJ danois Morten?
Ce n’est pas un album mais un projet. Morten est un ami depuis plusieurs années. Ce projet est plus lié au monde des DJ mais il est très fort. J’ai trouvé un nouveau son.

C’est un peu pointu mais, allez, j’explique: ce qui est à la mode ces temps-ci, c’est une musique underground, mais pour les DJ comme moi qui font de très gros festivals, il y a un problème d’énergie.

Quand tu joues devant vingt mille personnes, tu ne peux pas jouer ça. En même temps, si tu fais les gros tubes EDM, ça sonne vieux…

Ce qui est branché c’est la musique de club, mais du coup en festival, on a le cul entre deux chaises! J’ai trouvé ce son avec Morten, je le joue dans mes sets et ça marche incroyablement.

C’est un style nouveau, pour répondre à ce vide. C’est d’ailleurs pour ça que je reçois le prix de 1001 Tracklists, parce que j’ai fait la musique la plus jouée par les DJ cette année.

Un retour aux fondamentaux?
J’avais besoin de me recentrer sur mes fondations, parce que je suis allé loin dans la pop.

J’adore faire des chansons mais le problème de la pop music c’est qu’au bout d’un moment, on se perd un peu.

Pop, ça veut dire populaire, et quand on essaie juste d’être populaire, on se perd. Je voulais reconstruire mon identité avant de refaire des morceaux radio.

"J’ai commencé comme ça, DJ, puis petit à petit mon métier a glissé vers entertainer."

Comment avoir toujours un temps d’avance sur le son qui va marcher?
Ah… (il réfléchit) Je crois que pour moi, le plus important, c’est l’été à Ibiza. C’est le moment de l’année où je redeviens un DJ résident. Où j’expérimente. J’ai commencé comme ça, DJ, puis petit à petit mon métier a glissé vers entertainer.

Mais quand on mixe en festival devant cent mille personnes, c’est du spectacle, pas seulement du mix. Quand on joue à Tomorrowland [festival électro en Belgique, ndlr] ou à l’Ultra [en Floride, ndlr], il faut que tout soit à la seconde près, il n’y a pas de place pour l’expérimentation. 

À Ibiza, c’est différent, j’ai mon studio, je fais des morceaux, je les essaie le soir, j’observe les réactions. Le nouveau son dont je parle, je l’ai beaucoup travaillé cet été.

Là-bas, j’ai un public avide de nouveauté, je sors, je vais écouter d’autres DJ… Mon inspiration c’est ça: des sons de l’underground que je rends plus mélodiques, et auxquels j’apporte de l’émotion en écrivant des vraies chansons.

Vous vivez à l’étranger. Quel lien gardez-vous avec la France?
Je n’ai pas vraiment un endroit où je vis. J’ai Londres, où j’ai mes enfants pendant quatre mois, après je suis une partie de l’année à Dubaï, une autre partie à Los Angeles parce que je suis en résidence à Vegas, et après, je suis à Ibiza l’été.

La France reste mon pays donc je regarde toujours ce qui s’y passe. Je lis les journaux français déjà! Je garde un attachement et puis, j’y ai ma famille.

Vous y venez pour parler politique avec votre frère [le journaliste et député européen LREM Bernard Guetta, ndlr]?
(rires) On ne parle pas trop politique! C’est marrant d’ailleurs, on parle peu de travail, presque jamais. On est dans des mondes tellement différents… Peut-être que je comprends mieux son univers que lui ne comprend le mien.

Quand on se parle entre frères, on discute plus de la passion que l’on a pour nos métiers que de ce que l’on fait vraiment. Quand on pratique sa passion à haut niveau, les problématiques sont les mêmes.

Vous pouvez m’asseoir à côté d’une pop star ou d’un directeur d’entreprise, on aura beaucoup de points communs. On gère de l’humain, de la pression, des obligations de résultat, de la stratégie…

"Je fais tout mon Instagram moi-même, je fais mes photos… "

Les chiffres qui vous entourent sont dingues. Comment gère-t-on cela?
Alors… ça ne me fait ni chaud ni froid! (rires) Je ne suis pas du tout victime de cette hype imposée.

J’ai une approche qui est la même que quand j’allais en rave à l’époque, qu’on se donnait le lieu de rendez-vous par téléphone par ce que c’était illégal.

On était en contact avec notre public comme ça et je le vois toujours de cette manière. Ce même rapport direct avec mes fans.

Je ne le vois pas du tout comme un média, j’ai tort évidemment, mais c’est comme ça. Pour les gens aujourd’hui, on est quelqu’un quand on a dix millions de followers, pour moi ça ne veut rien dire.

Moi, je suis impressionné par les gens parce qu’ils font de la musique ou des films que j’aime.

Vous jouez de votre image là-dessus quand même. Avez-vous appris à vous en servir…
Oui, ça fait partie du jeu! Et encore, je suis le seul DJ international qui n’a pas une équipe avec lui.

Je fais tout mon Instagram moi-même, je fais mes photos… Les autres vivent avec une équipe vidéo, des photographes.

J’ai des bons chiffres mais qui pourraient être beaucoup plus gros si je faisais ça. Mais je ne suis pas dans ce style de vie. Je n’ai pas envie de vivre avec un styliste, un coiffeur.

Vous voulez dire que chez David Guetta, ça reste artisanal?
Complètement! Moi je suis hyper artisanal. J’ai très peu de gens autour de moi, dans tout ce que je fais.


NRJ DJ Awards. Mercredi 6 novembre, dans le cadre du MICS (Monaco International Clubbing Show), au Grimaldi Forum, à Monaco.

NRJ Music Awards. Samedi 9 novembre, au Palais des Festivals, à Cannes.
Places à gagner jusqu’aux jours J avec NRJ (et sur les comptes Facebook et Twitter de la mairie de Cannes pour les NRJ Music Awards, jusqu’au dimanche 3 novembre. Les Cannois peuvent aussi s’inscrire samedi 2 novembre pour un tirage au sort, à l’hôtel de ville de Cannes). www.nrj.fr

(1) Le classement du mensuel britannique spécialisé dans la musique électronique a été annoncé le 19 octobre: David Guetta est n°3.


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