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AaRON: le retour sur scène "comme une renaissance"

Jeudi dernier, le duo électro-rock était aux Nuits Guitares, à Beaulieu-sur-Mer. L’occasion de jouer enfin Anatomy of Light, son quatrième album.

Jimmy Boursicot Publié le 24/07/2021 à 14:00, mis à jour le 27/07/2021 à 16:38

Olivier Coursier et Simon Buret pourraient très bien animer l’émission Rendez-vous en terre inconnue. A chaque album, les deux Français révélés par U-Turn (Lili), single embarqué dans la bande originale du film Je vais bien, ne t’en fais pas en 2006, font tout pour s’aventurer dans de nouvelles contrées. Pour Anatomy of Light, seulement leur quatrième disque en l’espace de treize ans, ils ont voulu ramener la langue française dans le paysage.

Ces Artificial Animals Riding on Neverland (les mots se cachant derrière l’acronyme AaRON), portés par We Cut the Night, leur précédent album qui leur avait permis de monter une tournée mondiale aux deux cents dates, ont donc eu envie de disséquer la lumière, "ce prisme qui nous traverse en permanence", comme le résume Simon, le chanteur. Après avoir dû laisser les douze titres d’Anatomy of Light dans les cartons puis sur les plateformes de streaming en septembre dernier, le duo peut enfin le faire rayonner au grand air. On les a rencontrés avant leur montée sur la scène des Nuits Guitares, dans le jardin de l’Olivaie.

Racontez-nous votre retour sur scène, le 7 juillet à Lille...

 

Simon Buret: C’était au théâtre Sébastopol, un écrin merveilleux. C’était lunaire. Des deux côtés, on était comme des chiens enragés, on avait tellement envie d’y aller...

Olivier Coursier: Les gens avaient le masque. On appréhendait le fait de ne pas voir les visages, les sourires, les cris. Mais comme le public, on a encore plus conscience d’avoir la chance de vivre des choses intenses, physiques.

Avec le temps, comment évolue l’équilibre de votre duo?

O. C.: Moi, je sens quelque chose de plus apaisé.

 

S. B.: Ah moi, je ne le suis pas. Avant de monter sur scène à Lille, j’ai gerbé. Je ne sais pas de quoi il parle!

O. C.: En live, c’est souvent assez fluide. Mais vu que c’est le bazar un peu partout, je me dis que ce n’est pas grave si on fait une erreur sur scène, ça fait partie du truc.

Vous apprenez à lâcher prise?

O. C.: On est perfectionnistes dans notre recherche du son, on ne lâche pas tant qu’on n’a pas ce qu’on veut. Mais on ne veut pas que tout soit parfait, on veut laisser la place à des accidents. Pour ça, il faut beaucoup de boulot. S. B.: Pendant un concert, on guette ce moment où on est fragiles, décalés de nos vies. Je pense que les gens viennent chercher cette longueur d’onde commune.

Votre rythme de création ne colle pas aux standards actuels. Vous attendez que cela vous "tombe dessus"?

 

S. B.: Avec Olivier, on ne revient que si on a quelque chose à dire. Certains essayent d’occuper l’espace pour préserver leur succès. Le succès, ça peut paraître fantastique sur le papier. Mais autour, tout un monde se crée, qui n’a rien à voir avec l’art et qui peut bouffer ton temps en permanence.

O. C.: Comme point de départ de ce nouvel album, il y a eu le morceau The Flame. C’était l’étincelle. J’étais ailleurs, physiquement et dans ma vie. J’étais sur la Côte Ouest des États-Unis, dans le désert, sous un soleil de plomb. J’ai été traversé par des choses, je n’avais pas le choix.

Ce moment date de 2018 et l’album était prêt en 2019. Une éternité?

S. B. : Pour nous, ces morceaux sont comme des Polaroid, avec l’émotion du moment. Ce qui est étrange, c’est de voir les gens connaître les paroles, etc. Mais oui, dans nos têtes, c’est comme si on avait terminé il y a dix ans. L’espace-temps est complètement distordu.

O. C.: C’est d’autant plus beau, cet album devient très particulier. C’est comme une renaissance.

Durant ces confinements successifs, quelle lumière vous a le plus manqué?

 

S. B.: Celle d’un club, avec la danse des autres. Le partage, la transpiration, la peau libre, les corps impatients. O. C: Sans doute celles de la ville, au retour d’une soirée où tu as lâché prise avec les potes. Mais quelque part, je me suis senti bien avec cette pause, après avoir eu l’impression d’être en permanence dans un train à grande vitesse.

Jimmy boursicot

jboursicot@nicematin.fr

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