"A l’Olympia, j’étais galvanisé": de passage sur la Côte d'Azur, Kid Francescoli se confie

Vendredi soir, le musicien avait pour mission de lancer la saison des Crossover Summer, à Saint-Paul-de-Vence. Un retour au live que le Marseillais savoure à fond...

Jimmy Boursicot (jboursicot@nicematin.fr) Publié le 03/07/2021 à 16:27, mis à jour le 03/07/2021 à 14:41
Kid Francescoli Photo DR / Carla Sgroi

Kid Francescoli n’a pas cédé à la mode du concert improvisé dans sa cuisine pendant le premier confinement. Il avait pourtant du temps à tuer, après une tournée américaine et un Olympia annulés, après avoir été tant espérés.

Assez vite, Mathieu Hocine, de son vrai nom, a trouvé le moyen d’occuper ses journées, sans même passer par la case "fabrication de pain maison". Un live filmé sur une péniche pour la chaîne Arte, un trip pour le Mexique histoire de mettre en boîte du son pour Cercle Stories (format vidéo musical). Et une bande originale pour un long-métrage de Matthieu Rozé. Joli tableau, mais il manquait l’essentiel, une foule de têtes et de corps avec lesquels partager sa dream pop électronique et mélancolique.

Le Marseillais a repris la route et même fini par jouer à l’Olympia. "L’Olympia, ça parle à la voisine, aux grands-parents. Quand j’ai dit à ma grand-mère que j’allais y passer, elle a écarquillé les yeux! Alors que Londres ou Le Trianon, ça ne la faisait pas réagir", se marre l’artiste, détendu tout au long de notre échange saint-paulois, sous le cagnard.

Intense, cette reprise de tournée avec cet Olympia?
C’était très fort. D’habitude, les artistes calent plutôt ça en fin de tournée, quand ils sont bien chauds. Là, on a fait l’inverse. On a fait deux séances, avec mille spectateurs à chaque fois, pour éviter le pass sanitaire. Dès les premiers morceaux, les gens se sont levés, l’ambiance était incroyable. Grâce à ça, j’étais galvanisé, la pression s’est effacée. On ressentait vraiment de l’électricité, je me suis senti porté au lieu d’être écrasé.

 

Vous avez donné plusieurs concerts depuis. Cette énergie est toujours là?
Il y a un truc émouvant, oui. Quand il y a des passages électro, on sent que ça décolle plus facilement, la mèche était prête à se consumer. On profite tous de ce retour à la vie.

Grâce au succès viral de votre titre Moon, utilisé sur le réseau TikTok par des millions de personnes et des stars, vous deviez tourner aux États-Unis avant la pandémie...
Quand j’ai vu la tête de Jennifer Lopez sur ma musique, j’étais sur mon canapé, j’ai un peu halluciné. Mais bon... C’était cool, mais ce n’est pas pareil que de voir des gens kiffer en face de toi.

Ce hit semble être tombé sur vous par hasard, pas vrai?
Moon, c’est une série d’accidents. J’ai fini ce morceau après avoir terminé ce que je considérais comme les singles de l’album [Lovers, sorti en 2020, ndlr]. Récemment ma copine me disait pour rigoler que j’allais prendre la grosse tête. Franchement, ça m’a pris tellement de temps pour en arriver là que ça ne risque pas d’arriver.

Bientôt quinze ans que votre projet existe. Vous arrive-t-il de regarder dans le rétro?
Non, parce qu’en musique, quand tu commences à regarder derrière... Là, je bosse sur le prochain album. Pour l’instant, j’ai beaucoup de pistes, il faut encore que je trouve une direction. Pour transformer une boucle en morceau, ça peut prendre une semaine comme un an...

Vous venez de sortir You, Love, un titre très estival...
Ah ça me fait plaisir que vous le ressentiez comme ça! C’est un inédit entre deux disques, pas un premier single. Il est sorti le premier jour de l’été, mais ce n’était pas calculé. Comme Sébastien Tellier qui avait sorti son album sur les tâches domestiques en plein confinement!

 

Il y a une dimension cinématographique dans votre musique. Composer une B.O. vous attirait?
Ah, c’était aussi sur ma to-do list! J’avais déjà essayé une fois, mais ça ne s’était pas très bien passé. Sur certains albums, j’avais aussi exploré le côté musique de films des années 1980, à la Gainsbourg ou Eric Serra. Matthieu Rozé a voulu ça, ses références cinématographiques me parlaient, le sujet du film aussi. J’ai fait ça sans trop de pression. Même s’il y avait la contrainte de faire des morceaux sans paroles, je me suis senti libre. J’ai fini la B.O. avant même le début du tournage. Le film est terminé mais je ne l’ai pas encore vu.

"Avec le temps, j'ai de plus en plus de plaisir à rester à Marseille"

Un gros mois de juillet sur les routes de France, avec un crochet par le Maroc et la Suisse. Puis Kid Francescoli se la coulera douce. Enfin, c’est ce qu’on croyait après avoir scruté son programme. "Non en fait, je me remettrai sur la préparation de l’album ", sourit l’artiste. Pas une raison, toutefois, pour ne pas s’offrir quelques moments relax...

Capitaine Kid

Après avoir bourlingué, Mathieu Hocine ressent le besoin de s’ancrer plus fortement dans sa ville.

"J’ai de plus en plus de plaisir à rester à Marseille. Avant, il fallait que je me casse de là dès que j’avais un moment de libre, je ne supportais pas d’y rester. Grâce à ma musique, j’ai presque fait le tour du monde. Mais Marseille, c’est quand même pas mal... En plus, je viens d’avoir le permis bateau, je vais pouvoir m’échapper vers les îles du Frioul."

Alertes mercato

Entre deux manœuvres et autant de plongeons, celui qui a choisi son pseudo en hommage à Enzo Francescoli, ancien meneur élégant de l’OM (aussi adulé par Zizou, la classe), ne pourra s’empêcher de guetter l’arrivée d’éventuelles recrues sur son téléphone. En priant pour que son club de cœur mette la main sur de gros poissons.

"Je suis abonné au Vélodrome depuis vingt ans. J’espère qu’on pourra retourner en tribunes! Et j’espère aussi que Milik, notre buteur, va rester..."

Avec son pote French 79 et du Gainsbourg dans les oreilles

Durant son été, Kid Francescoli devrait aussi avoir de nombreuses occasions de retrouver Simon Henner, alias French 79.

"Là, il vient de monter un projet jazz avec Benjamin Faugloire [un duo baptisé Sofa, passé les Nuits carrées d’Antibes la semaine dernière]. Simon, il a besoin de naviguer entre différents projets pour trouver son équilibre. Il a produit mes trois derniers albums, donc on risque sûrement de retravailler ensemble."

Par pur plaisir ou peut-être pour nourrir d’éventuelles compositions, Kid Francescoli écoutera sans doute beaucoup de musique. Avec quelques obsessions qui durent: "J’écoute en boucle Frank Ocean ou Julian Casablancas, le vrai génie de notre époque. Récemment, on m’a aussi offert un gros pavé, Le Gainsbook, où sa discographie est entièrement détaillée. J’ai tout réécouté dans l’ordre, c’est fabuleux..."

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