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A Cannes, les confessions de Myd, "loser" magnifique

Nouvelle figure de proue du label Ed Banger, Myd était de passage à la Villa Plages électroniques, à Cannes, vendredi dernier. Durant l'été, on l'a aussi croisé du côte de Nice, sur la plage de l'Hôtel Amour et de Hyères, pour le Midi Festival. Rencontre avec celui qui connaît un vrai succès avec son album "Born a Loser".

Jimmy Boursicot Publié le 09/08/2021 à 16:10, mis à jour le 09/08/2021 à 16:16
Photo Patrice Lapoirie

Sur les photos, Myd a l'habitude d'afficher une moue énigmatique, dubitative ou doucement ironique.

La session réalisée à la Villa Rothschild, médiathèque cannoise transformée en salle de concert à ciel ouvert pendant quatre jours, fut du même tonneau. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Quentin Lepoutre est un mec sympa.

Echappé du combo à quatre têtes Club Cheval depuis quelques années, il s'est installé bien vite dans des tas de playlists. Avec The Sun, il compile 25 millions de streams sur Spotify. Ou encore Together We Stand et Moving Men, son duo avec Mac DeMarco, autre cool guy  débraillé.

 

Born a Loser, son premier album sorti en avril dernier chez Ed Banger, l'installe un peu plus encore au premier plan.

Avant de dérouler un set plein de malice où il a quitté son rôle de DJ pour devenir un vrai frontman, accompagné de deux musiciens, Myd a répondu à nos questions.

Le groupe L'Impératrice était également programmé à la Villa Plages électroniques. Un mot sur Loverini, votre morceau commun ?

C'était assez marrant. Pour la promo de mon album, j'avais décidé de faire quelque chose de très spécial avec Radio Nova. Pendant deux semaines, on a construit un morceau, jour après jour, avec les auditeurs. Chacun avait son mot à dire sur la vitesse, le style, les sons, le mood... Quand le morceau était suffisamment avancé, ils ont pu choisir le groupe qui allait chanter et ils ont voté pour L'Impératrice.

On n'avait jamais collaboré, mais on se connaissait et on s'apprécie musicalement. Pendant une semaine, ils ont écrit les paroles et posé sur le morceau avec moi. 

La bonne surprise, c'est que ça a très bien fonctionné, c'est devenu le coup de coeur de beaucoup de gens. C'est allé bien au-delà du concept de base.

Dans la foulée de la sortie de l'album, tu as aussi assuré une Release party originale pour Arte... 

Pour la promo, je t'avoue que j'aurais été un peu déçu de faire des choses trop classiques. Même si je fais des interviews ou de la télé. Mais là, tu restes dans les clous. A côté de ça, on m'a proposé des choses plus folles. Comme Arte Concert, avec ce live incroyable dans un supermarché. On fait aussi des livestreams, des questions-réponses avec les fans. Dans cette période où le Covid est toujours là, j'essaye de beaucoup impliquer ma communauté.

Le live, ça me permet de me livrer encore plus

 

Et maintenant, on te retrouve dans une nouvelle formule live ?

On a beaucoup communiqué là-dessus, c'est la priorité de cet été. Les gens me connaissaient comme DJ. Je le suis toujours, mais c'est quand même plus cohérent que je vienne chanter les chansons de l'album. Pendant le live, je crée plein de rendez-vous où on peut parler, communier. 

Tout se complète. Je fais des morceaux dans mon studio et j'ai envie de les défendre sur scène, que ce soit en DJ set ou en live. Le live, ça me permet de me livrer encore plus.

 J'ai recroisé la route de SCH pendant un concert à Marseille. On s'est reparlé, ce n'est pas impossible qu'on rebosse ensemble

Lors d'une précédente interview, tu nous disais que tu avais fermé les portes à d'éventuelles collaborations en tant que producteur, pour te consacrer à Born a loser ? Prêt à t'y remettre, notamment pour des rappeurs ?

Carrément. J'avais fermé la porte, mais je sais que si on commence à dire qu'il peut se passer quelque chose, ça va redémarrer.

 

 J'ai recroisé la route de SCH pendant un concert à Marseille. On s'est reparlé, ce n'est pas impossible qu'on rebosse ensemble (il avait produit le morceau Champs-Elysées pour le Marseillais, ndlr).

Sinon, il y a un rappeur, Benjamin Epps que j'adore. On a joué ensemble au Midi Festival, à Hyères. Il apporte vraiment de la fraîcheur. Il a un côté old school, avec des touches modernes. 

Aujourd'hui, je me retrouve à faire de la zik et on est à ça de bosser ensemble avec Fatboy Slim. C'est trop mignon.

Ton album se nomme Born a Loser, une référence à ces années où tu n'étais pas "populaire ?

Je le dis souvent, c'est vraiment un clin d'oeil au moi de 14 ans, le loser dans sa chambre qui faisait de l'informatique et qui essaye de copier Fatboy Slim, The Prodigy ou les Chemical Brothers. Ce qui m'arrive prouve que tu peux rester qui tu es, utiliser tes faiblesses comme des forces et avancer comme ça.

Aujourd'hui, je me retrouve à faire de la zik et on est à ça de bosser ensemble avec Fatboy Slim. C'est trop mignon. Rien n'est fait, mais ça pourrait devenir réel.

 

Dans la musique ou au cinéma, qui seraient tes losers de prédilection ?

Le personnage comme Dwight Schrute dans The Office, il est excellent. C'est le meilleur personnage de la série, alors qu'il est antipathique, cheum... Et pourtant, il est trop bien, je l'adore.

En musique, je pense à William Sheller. Un petit gars super timide, qui ne paie pas de mine avec ses petites lunettes. Et pourtant, ses musiques le dépassent complètement. 

Photo Patrice Lapoirie.

J'ai acheté mon studio de musique. C'était mon rêve de toujours.

Récemment, est-ce que tu t'es accordé un vrai plaisir de winner ?

Mon plaisir de winner, c'est d'être sur scène devant un public, l'été, avec des gens qui reprennent toutes les paroles de The Sun. Et moi, je coupe le son pour les laisser chanter. ça c'est un peu un truc de winner, de rappeur.

 

Sinon, j'ai acheté mon studio de musique. C'était mon rêve de toujours. C'est encore une pièce vide, mais je récupère des éléments petit à petit. C'est pour bosser, mais c'est aussi pour le kif. C'est plus que quatre murs. Tu le fais avec les couleurs, les synthés que tu aimes... C'est l'endroit où je vais passer la plupart de mon temps.

Et en tant qu'artiste, c'est méga important d'avoir un studio qui te ressemble. J'en pouvais plus d'avoir un endroit trop petit, où je ne pouvais pas bosser comme je voulais. Pour moi, c'est plus essentiel que d'avoir un appart' que j'aime, largement.

Peut-on revenir sur The Sun, un hit qui n'avait pas forcément été imaginé comme tel...

Il n'est pas calibré. Il est spécial et on a envie d'écouter ce morceau plutôt qu'un autre. Je sais que ça rappelle des choses aux gens. Le titre a plus de trois ans, il est rentré dans les têtes comme un truc qui fait penser à des vacances entre potes, des moments où il fait beau et qu'on kiffe. 

La mélancolie, c'est un truc très français. On n'a pas trop le choix en tant que musicien

Il y a un fond de mélancolie dans cette production estivale ?

 

 

La mélancolie, c'est un truc très français. On n'a pas trop le choix en tant que musicien. Quand tu écoutes du Daft Punk, il y a toujours un petit accord qui met un peu un frisson ou la larme à l'oeil.

Est-ce que tu es du genre à décortiquer les chiffres du streaming et les nombres de vues sur YouTube ?

Ce qui est bien avec ces données, c'est qu'on sait précisément qui écoute quoi, dans quel pays, à quel âge... ça me conforte dans mes choix. Les morceaux que j'aime le plus dans l'album, ceux où je me suis le plus livré, qui n'ont pas forcément un format radio, marchent bien. Comme celui avec Bakar (We Found It). C'est assez inattendu. Il est très long, il est hybride et ça veut dire que les gens écoutent vraiment l'album en entier, parce que c'est le dernier titre. En général, les gens écoutent les quatre premiers titres et arrêtent.

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