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"Je suis plutôt artisan qu’artiste"... Les confidences de Christian Louboutin en marge du lancement de sa grande exposition à Monaco

Le chausseur star expose trente ans de travail tout l’été à Monaco dans une exposition flamboyante qu’il a imaginé comme une célébration de l’art à travers son regard de créateur.

CEDRIC VERANY cverany@nicematin.fr Publié le 09/07/2022 à 09:15, mis à jour le 08/07/2022 à 19:31
Christian Louboutin bien dans ses baskets lors du vernissage de son exposition à Monaco, jeudi. (Photo Oksana Ducongé)

Tout y est: le glamour, le surprenant, le people, le sexy, le ludique, le clinquant... L’exposition de Christian Louboutin qui ouvre ce samedi au Grimaldi Forum, à Monaco, est comme un film à grand spectacle pour mettre en scène trois décennies de créations du chausseur, devenu icône de la mode, dont les paires de souliers sont portées par les stars du monde entier. Mais pas seulement. Sur 2.000mètres carrés, les visiteurs se retrouvent plongés dans une succession de décors étonnants formant un musée imaginaire idéal, rêvé par Christian Louboutin pour rendre hommage à l’art, à l’artisanat qui l’inspire. De salles en salles, se côtoient aussi bien la reconstitution d’un théâtre bhoutanais qu’un palanquin de cérémonie andalous, une pièce monumentale de Gilbert & George que des installations vidéos ou une série de photos sur le thème du fétichisme signées de David Lynch... Un cocktail iconoclaste et très réussi qui devrait faire plaisir à tous les amateurs du beau.

Christian Louboutin a développé son projet, à l’occasion d’un premier chapitre de l’exposition à l’automne 2020, à Paris. La pandémie a compliqué la venue du public. Cette fois, ce second chapitre monégasque devrait avoir une plus grande visibilité et permettre de comprendre le travail et le goût d’un créateur star mais plutôt discret. Qui rêve à Monaco les coulisses de son talent dans un voyage flamboyant.

Le grand public découvre ce samedi votre exposition. Quel a été votre ressenti quand vous avez fini son installation?

 

Je ne peux pas être plus content, et je n’ai pas vraiment de raison d’être modeste, car je suis très fier de cette exposition qui est un travail d’équipe énorme, assez incroyable. Le résultat est, je trouve, très spectaculaire et excitant. Les espaces du Grimaldi Forum nous ont permis de réaliser l’exposition exactement comme elle a été pensée, sans limites dans les lieux, enrichie par rapport au premier chapitre à Paris. Désormais, elle est assez parfaite.

On y retrouve vos créations de toutes les époques, vous expliquez même dans une série de vidéos amusantes le processus de conception d’un soulier. Une manière d’élever la chaussure au rang d’œuvre d’art?

Mon idée était de démontrer qu’il n’y a pas vraiment de frontières. J’ai autant d’émotion quand je vois ces chandeliers d’artisanat mexicain, que devant une œuvre d’un grand peintre. Il existe un déséquilibre entre l’artiste et les artisans, alors que l’un est aussi important que les autres. Chez l’artisan, il n’y a plus de notion d’individualisme, mais davantage la notion de la transmission. Très souvent, des artisans font des choses extraordinaires qu’ils ne signent pas et les laissent à des communautés. Je trouve cela d’ailleurs tout à fait généreux. Quand on me demande si je suis un artiste, je dis non, je me considère plutôt comme un artisan du luxe, à la frontièreparce que je signe mon travail.

Si votre nom est célèbre dans l’univers de la mode, on vous connaît assez peu. C’est une découverte de cette exposition, où vous vous livrez aussi sur votre vie, vos goûts, vos souvenirs...

C’est pour ça que l’exposition s’appelle L’exhibition[niste]. À travers son travail, on montre déjà une partie de soi. Et quitte à s’exhiber, autant l’assumer. C’est la première fois avec ce projet, démarré à Paris, que je parle de moi, que je m’expose. C’est un peu difficile pour moi de savoir si j’avais envie de ça. Une fois que j’ai été en accord dans ma tête avec ça, il fallait le faire complètement. L’idée étant aussi de montrer ce qu’il y a avant la création, comment les idées passent dans ma tête pour devenir un objet.

 

Des stars de toutes les générations sont vos clients. Comment se passent ces collaborations?

C’est très amusant de travailler avec les autres, sauf si les gens sont casse-pieds, à ce moment-là je préfère abandonner parce que je n’ai pas besoin de ça. Mais sinon, je suis au service des gens, c’est important pour moi, et c’est un challenge. La majeure partie de mon travail est destinée à être sur les pieds des gens. Ceci dit, j’ai toujours gardé la possibilité de faire des choses qui ne sont pas faites pour être portées. J’aime l’objet en général, si je dessine et que ça devient un objet qui ne peut pas être porté, ce n’est pas grave. Le côté inutile n’existe pas dans mon imaginaire.

 

. Grimaldi Forum, à Monaco. Jusqu’au 28 août. Tous les jours, de 10h à 20h, nocturnes les jeudis jusqu’à 22h. Tarif: 11 euros. www.grimaldiforum.com

(Photo J.-F. Ottonello)

En Vespa à Monaco avant la Bretagne...

Beaucoup de gens ont prévu de venir, en juillet ou en août visiter votre exposition. Et vous, à quoi va ressembler votre été ?
En ce moment, je me suis un peu installé à Monaco, j’ai ma Vespa, je suis ravi. Il y avait Gregory Peck et Audrey Hepburn dans Vacances romaines, moi je suis un peu une version Vacances monégasques (rires) et je suis très content. Ensuite, je vais repartir travailler en Italie – depuis Monaco c’est plutôt pratique d’ailleurs – pour préparer ma prochaine collection. Puis, je vais aller me reposer en Bretagne, me baigner dans une mer plus froide. Et je partirai vers le Portugal avant de revenir à Monaco pour revisiter l’exposition et la Principauté…

Avec une envie particulière ?
Oui, je n’ai jamais visité la maison d’Eileen Grey à Roquebrune-Cap-Martin, je n’étais même pas au courant qu’on pouvait la visiter. Et je l’ai appris d’une Néo-Zélandaise, l’artiste Lisa Reihana, qui a signé une pièce dans mon exposition, qui est fan d’Eileen Grey qui m’a parlé de ce lieu il y a deux jours. le Web.

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