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Dans le Golfe de Saint-Tropez, la culture rétro a de beaux jours devant elle: la jeunesse reprend le flambeau

Ils s’appellent Martin, Vincent, Adil ou Clément, sont tous âgés d’une vingtaine d’années et mordus d’objets anciens et de fripes, des pièces d’époque qu’ils qualifient d’intemporelles. Meubles, vêtements, accessoires, mobylettes… Amis chineurs, rassurez-vous le monde de la fripe est entre de bonnes mains dans le Golfe.

Andréa Iberti Publié le 20/10/2021 à 13:00, mis à jour le 20/10/2021 à 20:13

La bohème de Monsieur Aznavour est prise à contre-pied par la jeunesse du golfe de Saint-Tropez. Les moins de 20 ans nous font replonger dans un temps qu’ils apprennent à connaître. Ils n’étaient pas nés en 1966, date de sortie de la chanson culte du Sinatra Français, mais pour autant à travers le vintage, ces jeunes passionnés font revivre une époque "indémodable".

Elle commence au Plan-de-la-Tour avec deux concepts bien différents mais qui se retrouvent autour d’une passion: la culture rétro. On retrouve d’un côté, Les Tontons Mobeurs, un club associatif qui réunit les accros de mobylettes des années d’après guerre. De l’autre, Adil Cafasso, jeune homme de 26 ans et dénicheur de pièces rares des années 60, 70, 80.

Un monde secret

"Quand je retape mes vieilles bécanes ou que je fais de la création couture, je mets un fond de musique et je laisse les portes entrouvertes au cas où les curieux voudraient jeter un coup d’œil". Quand on pousse les portes du garage d’Adil, on prend une claque vintage en pleine gueule. Nichée en plein centre du village plantourian, cette pièce est avant tout son lieu secret de création et d’exposition.

Cinq ans après des travaux de réaménagements intensifs, elle mériterait d’être aujourd’hui inscrite au patrimoine du bon goût déco d’époque. Son garage Porte Verte store est rempli de pièces uniques. Il y règne une ambiance à la fois Rock’n’roll, hippie et bohème.

 

Ici se mêlent skateboards, Harley Davidson, affiches publicitaires en métal, bidons d’essences... Sans jamais que cela ne fasse désordonné: "Tout ce qu’on peut voir ici fait partie d’un monde secret que j’ai créé avant tout pour moi et mon goût du vintage". Problème, son univers est pris d’assaut dès qu’il laisse entrevoir l’intérieur de la pièce. Une affluence qui donne lieu à de nouveaux projets.

Ouverture grand public

"Début 2022, on veut faire de cet endroit un lieu de Pop-Up pour les artistes et créateurs de vêtements". Émilie, la compagne d’Adil qui l’accompagne dans ses projets voit ce garage comme une aubaine pour aider d’autres personnes à se lancer dans leurs milieux artistiques. Attention, le couple insiste sur le fait que ces petits événements tourneront toujours autour de la culture rétro.

Nous l’aurons compris, cette jeunesse est créative, ambitieuse, maligne et elle sait aussi en tirer profit. "Pour l’instant rien est à vendre ici, mais une fois le projet lancé, ce sera le cas". Évidemment le mobilier qui fait le charme de l’endroit ne bougera pas d’un iota, insiste le couple.

Des mobylettes comme voisines

Les Tontons Mobeurs, club associatif logé à quelques mètres du Porte Verte store, consacre son temps à la retape de vieilles bécanes des années 50 et à des balades venues d’un autre temps.

Vincent Wolff, 23 ans seulement, à l’origine de la création du club avec son cousin, voit en cette activité, un rassemblement intergénérationnel : "lorsqu’on organise les balades à dos de mobylettes dans le Haut-Var, se mêlent tout à coup des personnes de 16 à 80 ans. C’est magnifique". Réunir des générations que tout oppose autour de cette passion de la mobylette, c’est ce qui anime les créateurs de l’association.

"Aujourd’hui des jeunes sont prêts à mettre 4000 e dans une mobylette qui à sa création en valait à peine 450", s’exclame Ludino Giroud, président du club. Symbole d’un engouement des jeunes vers la culture rétro.

 

La brocante, endroit clé des vintage-addicts

C’est dans le domaine de la brocante, royaume des lève-tôt espérant tomber sur LA pièce vintage convoitée par les chineurs, qu’évoluent le Cavalairois Martin Brucker et le Cogolinois Clément Debrandt. Tous deux âgés de 23 ans, ils sont passionnés par les vêtements et accessoires d’époque.

Le premier est issu d’une famille de commerçants, depuis trois générations. La vente de vêtements, il baigne dedans dès sa tendre enfance. Il y prend ses petites habitudes, et travaille de manière saisonnière dans la boutique de ses parents à Cavalaire.

Sa découverte du vintage a lieu lors de sa visite d’une friperie dans le Sud de la France, il y a quelques années. "Mon premier amour, à l’adolescence, c’était le cinéma américain des années 60-70. Puis un jour en rentrant dans une friperie, je me suis rendu compte que je pouvais y trouver les vêtements portés dans mes films préférés." Il en fait son métier et sillonne les brocantes du Golfe.

Une histoire à raconter

Les brocanteurs ont des pied-à-terre au marché de Saint-Tropez, au Jas des Roberts de Grimaud ou encore au vide-greniers de Cogolin. Un lieu où Martin a ses habitudes le jeudi et le dimanche: "Ce que j’aime dans le Golfe, c’est que dans l’imaginaire collectif plane toujours la période Bardot, Hallyday, Barclay… Accompagné de la douceur de vivre des années 70".

Vendeur de vêtements de cette époque, le Cavalairois ne souhaite pas s’arrêter sur l’aspect matériel de ses pièces. Conter l’histoire qui accompagne ses pantalons, t-shirts ou chemises, c’est ça qui l’anime: "Ce qui me plaît dans le vintage, c’est de porter ou de vendre un produit qui veut dire quelque chose, qui vient de quelque part".

Son amour pour la fripe lui vient aussi d’une histoire de copains. Ils sont plusieurs dans son entourage à s’être pris de passion pour les brocantes à la sortie du lycée.

Relation père-fils style rétro

Comme son confrère chineur, Clément De Brandt est tombé dans la soupe vintage quand il était petit: "Mon père est le maître, je ne suis que l’élève". Cet Aixois qui déménage dans le Golfe à ses 11 ans, a suivi son papa-chineur sur toutes les brocantes et marchés, de Marseille à Saint-Tropez.

 

À cela s’ajoutent, des maisons décorées à l’aide de meubles et d’accessoires d’époque en tout genre dans lesquels il grandit et s’épanouit. Une fois la majorité passée, l’heure est à la débrouillardise. C’est à ce moment précis que l’activité devient une évidence pour ce jeune passionné de design rétro.

Pendant 3 ans il arpente, lui aussi, les différentes brocantes du Golfe, que ce soit pour acheter ou pour vendre. Ses objectifs sur le long terme? "Vider le garage de papa", s’amuse-t-il. Rempli jusqu’au plafond d’objets divers et variés, Clément a promis à son père de tout vendre. Bonne chance!

Mis à part l’excitation de partir à la recherche de pièces extraordinaires, les brocantes signifient pour Clément des rencontres et les histoires qui en découlent: "Le vécu des brocanteurs est une aventure à elle seule. Souvent bien plus que les objets qu’ils vendent". Autour de l’amour des pièces anciennes, le vintage a la vertu de rassembler toutes les générations friandes de récits extraordinaires.

Parlez-vous brocante?

Chiner: C’est sans aucun doute, le verbe le plus populaire chez les brocanteurs. Il s’agit de chercher la bonne affaire dans une vente à déballage, de fouiller dans les étals.

Une drouille: C’est un objet en mauvais état et qui par conséquent a peu de valeur.

La came: Contraction de camelote qui prend en compte toute la marchandise qui est vendue en général.

Un mouton à cinq pattes: C’est la perle rare. Un objet en bon état avec un prix défiant toute concurrence. Une pièce sur laquelle, tout chineur rêve de tomber.

Offre numérique MM+

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