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Après la non-reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, les élus de l'est des Alpes-Maritimes contre-attaquent

Mis à jour le 31/01/2019 à 17:38 Publié le 31/01/2019 à 17:37

Après la non-reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, les élus de l'est des Alpes-Maritimes contre-attaquent

La décision du Premier ministre de ne pas reconnaître l’état de catastrophe naturelle pour les communes de Menton, Roquebrune-Cap-Martin et Cap-d’Ail, publiée mercredi au Journal officiel, crée une immense vague de mécontentement dans l’Est azuréen. Une vague tout aussi grosse que celles qui ont causé tant de dégâts ici, dans la nuit du 29 au 30 octobre 2018.

La première à dégainer est la députée de la 4e circonscription, Alexandra Valetta-Ardisson (LREM). À la mi-journée, elle a adressé un courrier au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, lui demandant d’intervenir afin de réparer ce qu’elle considère comme "une injustice".

"Des pertes considérables"

"Je viens d’apprendre avec stupéfaction que trois communes de ma circonscription, Roquebrune-Cap-Martin, Menton et Cap-d’Ail, ne faisaient pas partie du périmètre de reconnaissance de catastrophe naturelle alors qu’une grande partie de leur littoral a été ravagée par la tempête Adrian dans la nuit du 29 octobre au 30 octobre 2018", écrit la députée.

Alexandra Valetta-Ardisson rappelle au ministre que ce coup de mer "a causé de nombreux dégâts, [que] les biens endommagés et les pertes subies sont considérables".

La parlementaire estime d’ailleurs que, "au regard des éléments dont nous disposons, la tempête Adrian correspond en tous points [aux] dispositions" de la loi du 13 juillet 1982 relative à l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles.

Jean-Claude Guibal, le maire de Menton et président de la Communauté d’agglomération de la Riviera française, ne peut que confirmer ce lourd constat: "Les conséquences de la tempête Adrian sont catastrophiques pour les communes, pour les plagistes, pour les plaisanciers qui ont perdu leur bateau. Sans oublier le musée Cocteau dont le seul bâtiment va nécessiter 3 millions d’euros de travaux, somme à laquelle s’ajoutera la restauration des œuvres abîmées."

La difficulté, complète le maire, c’est que "des biens ne sont pas assurables, comme les digues et les quais. Sans reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, les assurances ne peuvent pas jouer". Rien qu’à Menton, on estime déjà à 1,2 Me la somme nécessaire pour remettre toutes les digues en état.

Du jamais vu à Menton

Autant dire que Jean-Claude Guibal est abasourdi par cette décision de ne pas reconnaître l’état de catastrophe naturelle pour les deux communes de la Riviera française et Cap-d’Ail (lire ci-dessous et ci-contre). "Je pressentais cette décision car certaines informations officieuses le laissaient entendre. Aujourd’hui, je vous avoue ne pas comprendre. Je ne comprends pas pourquoi des communes de l’Ouest bénéficient de cette reconnaissance et pas nous."

Le président de la Carf comprend d’autant moins qu’une étude commandée par le Syndicat mixte inondations, aménagement et gestion de l’eau maralpin (Smiage) à une société spécialisée a relevé, trois heures durant, de 21h à 23h, ce triste 29 octobre, des vagues de plus de 7 mètres.

"La déclaration de catastrophe naturelle est accordée en fonction des inondations et des chocs mécaniques causés par la force des vagues. L’inondation est constatée au musée Cocteau et les chocs sur les murs de soutènement de la promenade du Soleil, les quais et les digues. Pendant trois heures, de manière continue, des vagues de 7 mètres ont frappé. Jamais, de mémoire d’homme, nous n’avions connu ça à Menton."

Alexandra Valetta-Ardisson, dans son courrier au ministre de l’Intérieur, partage cette incompréhension: "Comment expliquer que certaines communes de l’ouest du département ont obtenu la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle alors que ces trois villes de ma circonscription qui ont connu des dégâts similaires voire plus préjudiciables se retrouvent aujourd’hui laissées pour compte?"

"Nous allons faire appel"

Les élus de l’Est azuréen ne comptent pas baisser les armes. "Nous allons faire appel de cette décision", assure Jean-Claude Guibal. Une décision à laquelle s’associe Patrick Cesari, le maire de Roquebrune (lire ci-contre).

Alexandra Valetta-Ardisson, de son côté, demande à Christophe Castaner d’"intervenir pour que cette injustice soit rectifiée, afin de permettre à ces communes et aux habitants d’engager les réparations nécessaires."


Patrick Cesari: "Je regrette cette décision"

"Ce que nous avons vécu en cette fin octobre était un événement très inhabituel et exceptionnel par son intensité", rappelle Patrick Cesari, le maire de Roquebrune-Cap-Martin.

"Dans les 48 heures qui ont suivi ce coup de mer, nous avons été reçus par le préfet, la sous-préfète et les services de l’État, qui nous ont accompagnés et soutenus dans nos démarches."

"Mais aujourd’hui, je ne peux que regretter cette décision de l’État, qui va avoir, sur le plan de la commune comme des particuliers qui ont subi des dommages importants, des conséquences graves", s’inquiète le maire.

"Je ne connais pas les dossiers de l’ouest, mais on peut s’interroger. J’aimerais bien comprendre sur quels critères la décision a été prise, car la notion de catastrophe naturelle s’applique bien à un événement exceptionnel à Menton et Roquebrune. Certains témoins ont raconté que, depuis cinquante ans, ils n’avaient pas assisté à une pareille catastrophe…"


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