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INTERVIEW. Patrick Sabatier: "Mon souvenir le plus fort, c’est lorsque j’étais allé à La Colombe d’or préparer une émission avec Lino Ventura"

Mis à jour le 25/01/2019 à 12:18 Publié le 25/01/2019 à 09:10
Patrick Sabatier a fait son come-back sur C8.

Patrick Sabatier a fait son come-back sur C8. Photo Gilles Gustine

INTERVIEW. Patrick Sabatier: "Mon souvenir le plus fort, c’est lorsque j’étais allé à La Colombe d’or préparer une émission avec Lino Ventura"

Absent depuis 2016 de la télévision, Patrick Sabatier est réapparu sur C8 avec "On se retrouve chez Sabatier", qui a rassemblé plus d’un million de téléspectateurs le 16 janvier dernier, et "Vendredi vérité 60 minutes chrono", qui aurait dû être diffusé ce vendredi 25 janvier (mais contre toute attente, l'invité de ce talk-show programmé en direct, Yann Moix, s'étant décommandé, la première a été annulée et sera reportée au vendredi 15 février. On ne connait pas le nom de l'invité pour l'instant). Patrick Sabatier nous parle de ce come-back dans le magazine Week-End.

"J’étais en train d’atterrir et on me demande de redécoller.
Je ne peux vous dire quelle sera la durée du vol, mais tout ce que je fais à présent, pour moi qui ai eu la chance d’être comblé par le succès de certaines de mes émissions, ce n’est que du bonus!"

Pas aigri pour deux sous en évoquant son parcours, Patrick Sabatier, en ce début d’année 2019, va très fort! Avec ou sans Vichy Saint-Yorre, pour ceux qui auraient encore en mémoire le spot publicitaire de 1987, dans lequel il attribuait à cette eau minérale sa légendaire énergie.
Toujours fringant, à 67 ans, le souriant animateur à la mèche désormais poivre et sel s’est livré cartes sur table. Avec un enthousiasme palpable.

Depuis le 16 janvier, vous êtes de retour avec On se retrouve chez Sabatier, et Vendredi vérité 60 minutes chrono. Quels en sont les concepts?
Vendredi vérité 60 minutes chrono a été intitulé ainsi parce que c’est diffusé le vendredi et que c’est un remake du Jeu de la vérité que j’avais fait en 1985-1986.
Et 60 minutes, parce qu’on a voulu une émission assez compacte et séquencée, où l’invité sera face à des journalistes qui ont écrit sur lui, pas forcément en bien, et il pourra leur répondre.
Il y aura également des membres de son entourage qui témoigneront de ce qu’il est dans la vraie vie, tout en profitant de l’antenne pour lui poser une question indiscrète ou drôle.

D’autres intervenants seront présents?
J’ai voulu qu’on puisse dire : "Je vais recevoir tel invité la semaine prochaine, qui a une question à lui poser?". Ca pourra être, à ce moment-là, une personne incarnant le monde de la télé comme Ardisson, ou Baffie, ou un cadreur, une maquilleuse, un directeur des programmes...
On consultera aussi les réseaux sociaux, et le public présent sur le plateau pourra également participer. Je m’octroierai, quant à moi, en fin d’émission, dix minutes pour faire un bilan.
Il y aura également une séquence où l’on confrontera notre invité à l’actualité de la semaine.
Quant à la fréquence de l’émission, nous sommes en train d’y réfléchir, mais il y aura probablement un autre Vendredi vérité en février.
(La première devait être diffusé ce vendredi 25 janvier mais l'invité principal de ce talk-show programmé en direct, Yann Moix, s'étant décommandé, la première a été annulée après la réalisation de cette interview. Une nouvelle émission a été programmée pour le vendredi 15 février, NDLR).

"S’il y a une émission où vous avez la possibilité de dire vraiment qui vous êtes, profitez-en!"

Et en ce qui concerne On se retrouve chez Sabatier?
Là on est vraiment dans l’ADN d’Avis de recherche [1980-1982 et 1988-1990, ndlr].
On est dans un talk-show construit autour d’une personnalité et de ses anciens camarades de classe qu’elle a choisi de retrouver.
J’ai voulu une soirée conviviale où, au travers des souvenirs des membres de sa classe, anecdotes, photos, vidéos, le public découvre, entre rires et émotions, sa personnalité pendant son enfance et son adolescence.
Dans un esprit de bienveillance, on n’est pas là pour les juger ni pour les confronter à des situations qui les mettraient mal à l’aise.
Il y a aussi le côté “qui êtes-vous vraiment”.
S’il y a une émission où vous avez la possibilité de dire vraiment qui vous êtes, profitez-en!

La première, avec Cyril Hanouna, diffusée le 16 janvier, a été riche en moments forts?
Il a été ému aux larmes par le message de ses enfants, Lino et Bianca.
On s’est aussi amusés comme je le faisais dans mon ancienne émission Atout cœur [de septembre 1982 à juin 1984, ndlr], à lui présenter son premier amour, puis son deuxième et son troisième.
Ca l’a beaucoup fait rire, de même que les anecdotes de ses copains de seconde au lycée Hélène Boucher, à Paris.
On a découvert, aussi, les témoignages de ses parents, des gens extrêmement sincères, généreux, émouvants et Patrick Bruel, notamment, a chanté.
J’ai eu énormément de plaisir à faire cette émission.
Et que l’on adhère ou pas à la personnalité de Cyril, à son humour, pour moi l’objectif est de le faire découvrir aux gens tel qu’il est, c’est-à-dire un homme sans filtre, a été atteint.

"C’est ainsi que j’ai pu faire, dans la cave, ma première émission de radio libre, dont j’étais l’animateur et l’unique auditeur!"

C’est lui qui produit l’émission?
En effet, et j’en assure la production artistique.
C’est-à-dire que je partage cette responsabilité avec une équipe qui compose le menu de l’émission. D’ailleurs, Cyril le dit au tout début d’On se retrouve chez Sabatier: "C’est la première fois que je produis une émission sans savoir ce qu’il y a dedans!"
On verra là aussi à quelle date nous diffuserons le prochain On se retrouve chez Sabatier.
Mais il y aura une suite, ce programme n’a pas vocation à être un one shot.

Et si on feuillette l’album photos de votre vie, avec un arrêt sur image sur vous à l’âge de quinze ou seize ans, quels souvenirs vous reviennent?
C’est à ce moment-là que j’ai eu envie de faire de la radio!
J’étais dans un pavillon de banlieue parisienne et j’avais demandé pour Noël un magnétophone Grundig et un Teppaz [tourne-disque, ndlr].
C’est ainsi que j’ai pu faire, dans la cave, ma première émission de radio libre, dont j’étais l’animateur et l’unique auditeur!
Ca m’a pris très tôt car je trouvais formidable de pouvoir parler à des gens d’origines et de conditions différentes, j’ai toujours aimé réunir.
Et j’ai été gâté par la vie, puisque j’ai travaillé pour plusieurs radios dont RTL, où j’ai tenu le prime time de 8h30 à 11h, pendant presque vingt ans.

À l’origine de votre vocation, un modèle?
Non. Mes parents étaient des petits commerçants, je les aidais souvent à vendre des fruits et des légumes sur les marchés.
J’aimais déjà le contact, parler, écouter, on disait toujours à mon sujet: "Il a le sirop de la rue".
Ce qui voulait dire: "Il n’est bien que dans la rue"!
Comme j’étais un peu excité, on m’emmenait beaucoup me promener, j’ai toujours aimé marcher dans les villes pour les découvrir, regarder les vitrines, les gens...

Avez-vous des souvenirs liés à notre région?
Le premier c’est quand j’ai fait Le Jeu de la vérité de Coluche, en 1985, au Festival de Cannes.
Un moment fort, même les festivaliers n’allaient plus aux projections pour pouvoir assister, au Palm Beach, à cette émission qui a réuni plus de seize millions de téléspectateurs!
J’ai aussi le souvenir d’un week-end prolongé à Nice, quand j’avais huit ou neuf ans, mes parents ayant loué un appartement près de la place Masséna.
J’y suis retourné récemment et j’ai redécouvert cette ville formidable.
On doit avoir beaucoup de plaisir à y vivre.
J’ai aussi rencontré, à La Gaude, une de mes premières amoureuses, une fille vraiment très jolie qui m’avait littéralement subjugué!
À Saint-Paul-de-Vence, j’ai eu la chance de faire une grande interview d’Yves Montand.
Et mon souvenir le plus fort, c’est lorsque j’étais allé à La Colombe d’or préparer une émission avec Monsieur Lino Ventura, pour TF1.
On avait dîné avec Odette, son épouse, Isabelle, la mienne, et là je me suis dit que ce métier était extraordinaire car il me permettait de rencontrer des gens fabuleux!

Cela fait trente-cinq ans que vous êtes avec votre épouse, comment expliquez-vous une telle longévité amoureuse?
Je crois qu’elle est patiente déjà, et que je ne suis pas mauvais non plus ! Il n’y en a pas un qui est meilleur que l’autre, nos défauts et nos qualités vont bien ensemble. J’ai toujours un grand plaisir à passer du temps avec Isabelle, on ne s’ennuie jamais, on fait partie de ces couples qui, lorsqu’ils sont en tête-à-tête au restaurant, ont des choses à se dire. Je suis toujours effrayé de voir des gens qui passent leur repas à se regarder à peine, sans se décrocher un mot ou presque. C’est peut-être leur façon d’aimer, mais ce n’est pas la mienne. Avec Isabelle, on a toujours des envies communes, parfois des divergences, mais on se complète bien.

"Les gens sont toujours surpris et me disent: Ah mais c’est ton fils avec qui on a travaillé, il ne nous l’avait pas dit!"

Lorsque votre fille Margaux s’était lancée dans l’aventure de la télévision, avec Évelyne Thomas sur Direct 8, quel conseil lui avez-vous donné?
Aucun! Elle occupe à présent un poste très important dans un groupe de presse et, alors qu’elle a eu d’autres propositions pour faire de l’antenne, elle n’a pas voulu y donner suite parce qu’elle a senti que ce n’était pas quelque chose qui la rendrait très heureuse.
Mon fils Thomas est producteur junior à la télé.
Mais ma grande fierté c’est que je n’ai rien fait, ni pour l’un ni l’autre.
Les gens sont toujours surpris et me disent: "Ah mais c’est ton fils avec qui on a travaillé, il ne nous l’avait pas dit!"
Avec Isabelle, nous avons toujours mis un point d’honneur, tout en leur donnant éventuellement des orientations, à les laisser libres de faire leur chemin.

Avec le recul de la vie, qu’auriez-vous envie de dire à l’enfant que vous étiez?
N’écoute pas trop ce qu’on te dit, avance!
Il faut aller dans ce qu’on a envie d’être, en tout cas le tenter, ne pas avoir de frustration.
On peut se tromper, ça m’est arrivé dix fois, cent fois, ça m’arrivera encore, mais j’ai tellement été comblé. Récemment encore, j’ai eu l’occasion d’être l’invité principal des Enfants de la télé sur France 2, entre 18h et 20h, et la chaîne m’a appelé en me disant:"On vient de battre le record d’audience depuis la création de l’émission avec plus de 2,5 millions de téléspectateurs!" 
Du jamais atteint!
Je suis très heureux non pas d’une façon égocentrique, mais de me dire que ce que je fais rassemble encore des gens.
J’ai eu une chance inouïe de vivre une passion de 1975 à 2018, malgré les hauts et les bas, je suis ravi d’avoir été opiniâtre dans la cave du pavillon de banlieue de mes parents!

"quand on traverse une sale période, je n’ai d’ailleurs pas échappé à la règle, il faut positiver, sinon c’est invivable"

Vos vœux pour 2019?
Je voudrais souhaiter une bonne année à vos lecteurs, leur dire d’essayer de voir la vie du bon côté, il y a toujours quelque chose de positif à trouver dans un endroit, chez une personne.
Et même quand on traverse une sale période, je n’ai d’ailleurs pas échappé à la règle, il faut positiver, sinon c’est invivable.
C’est ce que j’essaie de faire dans mes émissions, en étant toujours animé par l’idée de faire partie d’une équipe.
C’est comme dans le domaine sportif, ce qui compte c’est d’être ensemble.
On y va pour gagner, mais si ça n’est pas le cas, l’important, c’est que le chemin qu’on aura fait pour y aller soit le plus beau possible.


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