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Bertrand Chameroy viré d’Europe 1, le Niçois part la tête haute

Chroniqueur dans la matinale de Matthieu Belliard depuis la rentrée, le Niçois Bertrand Chameroy ne sera pas conservé par la station qui devrait passer sous la tutelle de Vincent Bolloré. Sa faute? Une chronique, pourtant aussi habile que douce, sur cette prise de pouvoir au sein de la radio.

Mathieu Faure Publié le 02/07/2021 à 10:58, mis à jour le 02/07/2021 à 10:58
Le Niçois Bertrand Chameroy quitte Europe 1 après une chronique, habile, qui n’a pas plu au futur patron Vincent Bolloré.

Le Niçois Bertrand Chameroy avait retrouvé le sourire après une année de crise sanitaire avec une chronique quotidienne dans la matinale de Matthieu Belliard sur Europe 1 ainsi que dans Culture Médias, l’émission de Philippe Vandel, toujours sur Europe, tout en officiant sur France 5. Mais l’histoire d’amour entre Chameroy et Europe 1s’est terminée brusquement alors que les deux parties avaient initialement convenu de repartir ensemble pour la grille 2021-2022.

Entre-temps, Vincent Bolloré, déjà à la tête de CNews, s’est rapproché d’Europe 1 - il est devenu actionnaire majoritaire de la station à hauteur de 27% - et souhaite inscrire la ligne éditoriale de la radio dans la même lignée que la chaîne d’informations en continu. À savoir, une radio clivante, avec une ligne éditoriale plutôt de droite, voire très à droite, et qui doit peser dans le paysage politique français à quelques mois des élections présidentielles.

 

Ce rapprochement éditorial entre CNews et la station de radio, de nombreux journalistes et personnalités d’Europe 1 le vivent très mal, entamant même une grève de plusieurs jours en juin dernier. Récemment, l’éditorialiste Patrick Cohen a clairement exprimé ce qui inquiétait la rédaction lors d’une AG publique en face de la radio: "Si je devais résumer ce qui nous rassemble, c’est une certaine conception du journalisme, une éthique de responsabilité vis-à-vis de la société, et un rapport à la recherche de la vérité. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite. Toutes les opinions sont respectables. Ce qui se joue ici est différent. Le modèle qui est en train de gagner consiste non pas à produire de l’information et de la connaissance ou du lien social. Mais c’est la volonté d’utiliser un média pour créer des controverses et des fractures, pour dresser une partie de la France contre l’autre." Les journalistes ont d’ailleurs demandé à la radio de permettre la mise en place d’une clause de conscience, qui permet aux journalistes qui le souhaitent et qui sont en désaccord avec la future orientation de la station de partir avec des indemnités.

C’est dans ce contexte très tendu que différentes personnalités de la station ont récemment été remerciées: Pascale Clark, Anne Roumanoff mais aussi, donc, Bertrand Chameroy. Pour le jeune Niçois, découvert dans TPMP, c’est une chronique, imagée et subtile sur le rapprochement entre CNews et Europe 1, qui lui vaut ce renvoi. Elle date de juin dernier et n’aurait pas du tout plu à la nouvelle direction à en croire le site Les Jours. Un procédé qui ressemble à celui qui a coûté sa place à Canal + à Sébastien Thoen pour une parodie de L’heure des Pros, une émission présentée par Pascal Praud sur CNews, puisque Vincent Bolloré est également l’actionnaire principal de la chaîne cryptée.

Ce vendredi matin, c’est via une autre chronique tenue dans la dernière matinale de Matthieu Belliard - lui aussi remercié de la station - que Bertrand Chameroy a fait ses adieux à la radio mais aussi à son présentateur. Une chronique qui lui ressemble: bien écrite, imagée, chantante et très sincère. Au final, c’est sans doute un mal pour un bien puisque Bertrand Chameroy sera présent, quotidiennement, sur C à vous (France 5) à la rentrée prochaine. Sur France TV, la liberté d’expression est encore respectée et la talent d’écriture de Bertrand Chameroy y sera sans doute apprécié à sa juste valeur.

Une chronique subtile

Offre numérique MM+

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