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PHOTOS. Qui était Joseph Kessel, ce célèbre français romancier qui aimait Nice

Mis à jour le 23/07/2020 à 21:42 Publié le 23/07/2020 à 22:00
Joseph Kessel, à Nice, en décembre 1971.

Joseph Kessel, à Nice, en décembre 1971. Photo AFP / Ralph Gatti-AFP/DR

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PHOTOS. Qui était Joseph Kessel, ce célèbre français romancier qui aimait Nice

Même s’il n’est pas resté longtemps au lycée de Nice, les Niçois aiment à penser que c’est grâce à ces années-là que Jeff est devenu Kessel.

"Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d’abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui aura gagné l’univers sans avoir perdu son âme."

Ainsi parlait François Mauriac de son ami Joseph KesselLe 23 juillet 1979, après une vie tumultueuse qui, à elle seule, est un véritable roman, Jeff que l’on surnommait volontiers "le lion" s’éteignait à Avernes (Val-d'Oise) à plus de 80 ans.

Aventurier, baroudeur insatiable, romancier et journaliste, Kessel fut le témoin sans concession d’un siècle mouvementé qui commence par les divers épisodes de son enfance.

A la fin du XIXe siècle, Samuel Kessel, médecin juif lituanien et son épouse Raïssa Lesk, juive russe, fuient l’antisémitisme russe en rejoignant la communauté de Santa Clara en Argentine où le petit Joseph voit le jour le 10 février 1898.

Dès son plus jeune âge, il est ballotté entre pampa, Oural, Lot-et-Garonne et Côte d’Azur, des périples qui lui ont donné la passion des voyages et des aventures extravagantes.

Excessif, intimidant, auteur d’une œuvre multiforme et hétérogène, c’était aussi, comme le disait ses amis, un homme doué d’une profonde empathie.
Excessif, intimidant, auteur d’une œuvre multiforme et hétérogène, c’était aussi, comme le disait ses amis, un homme doué d’une profonde empathie. Photo AFP / Ralph Gatti-AFP/DR

Nice, ville de l’éternel retour

Il a 10 ans, lorsque la famille s’installe à Nice, rue Auber. L’enfant que l’on appelle déjà Jeff rentre au lycée Félix-Faure, aujourd’hui lycée Masséna où il reste quelques années avant de partir à Paris.

Dans cette ville dont il dira qu’elle est celle de sa seconde naissance, il engrange des souvenirs qui vont ressurgir tout au long de sa vie. Nice sera la ville de son éternel retour.

A 17 ans, il est licencié en Lettres et à partir de là, c’est un tourbillon. Il accumule les expériences, infirmier, soldat, membre d’un corps expéditionnaire…

Il fait partie de l’âge d’or des grands reporters comme correspondant pour Le Figaro, La Liberté, Gringoire, Détective ou encore France-Soir.

On le voit aux États-Unis, Philippines, Japon, Irlande, Lettonie, sur les traces de ses aïeuls, en Palestine et Espagne en guerre, Afghanistan et en Afrique avec Henri du Monfreid.

Il traverse l’Asie où il écrit Les temps Sauvages. D’ailleurs, ses ouvrages sont l'expression d'aventures vécues dont il rend de façon réaliste le foisonnement et le mouvement dramatique.

Les trois garçons de ma famille Kessel (Joseph debout au centre), vers 1907 ou 1908 à Orenbourg (Russie). Publiée dans Kessel d’Ivan Stephen (1985).
Les trois garçons de ma famille Kessel (Joseph debout au centre), vers 1907 ou 1908 à Orenbourg (Russie). Publiée dans Kessel d’Ivan Stephen (1985). Photo AFP / Ralph Gatti-AFP/DR

Auteur du Chant des partisans

Rentré en France pour la deuxième guerre, il rejoint la Résistance et s’embarque pour Londres où en 1943, avec son neveu Maurice Druon, il compose le Chant des partisans, hymne de la Résistance. Enfin, il se pose et, comme il a toujours la nostalgie de la Méditerranée, il y séjournera souvent.

A Nice, il retrouve sa bande de copains, les Niçois Raymond Moretti et Louis Nucera, son grand ami l’écrivain Georges Walter, fréquente Romain Gary, Hemingway et le milieu culturel réfugié sur la Côte d’Azur pendant la guerre.

Il entre à l’Académie française le 22 novembre 1962. Le 23 juillet 1979, il est avec son ami Georges Walter devant un reportage sur un spéléologue atteignant un lac souterrain "Regarde ça, Georges. Le monde est merveilleux…"

Ce seront ses derniers mots, rupture d’anévrisme. Walter dira "Il n'a poussé ni un râle, ni un soupir. Le vieux lion était mort." Il est enterré au cimetière Montparnasse à Paris.

En tenue d’académicien lors d’une réception en 1964.
En tenue d’académicien lors d’une réception en 1964. Photo AFP / Ralph Gatti-AFP/DR
#Collection de la Pléiade

Son œuvre littéraire a parfois été occultée par ses reportages et les adaptations cinématographiques de ses livres. Mais, en 2020, la puissance évocatrice de son style lui ouvre les portes de la prestigieuse collection de la Pléiade.

Son œuvre, plus de 80 livres, suit les phases essentielles de son existence. La découverte du monde bolchevique lui inspirera son premier livre La Steppe rouge (1922). De son engagement dans l’aviation, il tirera L’Équipage (1923).

Ses voyages donnent matière à l’écriture: Mary de Cork (1925), Les Captifs (grand prix de l’Académie française en 1926), Les Cœurs purs (1926), Nuits de princes (1927), Belle de jour (1928), Fortune carrée (1930) (….) La passante du Sans-Souci (1936), ainsi qu’une biographie de son ami Mermoz (1938).

En 1943, il écrit L’Armée des ombres, en hommage aux combattants.

En 1950, Le Tour du malheur, fresque dans laquelle il dépeint la société tourmentée de l’entre-deux-guerres va marquer la littérature.

Puis se sera Le Lion (1958) son œuvre majeure.

Il sera encore très prolifique et ce jusqu’à Jugements derniers son ultime livre (1995).

Académicien, Grand officier de la Légion d'honneur et récipiendaire de nombreuses médailles militaires, il est aussi Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

Un prix littéraire porte son nom.


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