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LIVRES. Sophie Kinsella : "Soixante-huit ans de mariage ? Chiche ! "

Mis à jour le 19/07/2019 à 18:21 Publié le 22/07/2019 à 10:00
Lors de sa venue dans la capitale azuréenne, Sophie Kinsella, photographiée ici sur la plage du Rhul à Nice, n’a pas manqué de faire le buzz.

Lors de sa venue dans la capitale azuréenne, Sophie Kinsella, photographiée ici sur la plage du Rhul à Nice, n’a pas manqué de faire le buzz. Photo Frantz Bouton

LIVRES. Sophie Kinsella : "Soixante-huit ans de mariage ? Chiche ! "

Ancienne journaliste financière, Sophie Kinsella est devenue une star de la littérature avec sa série de L’Accro du shopping. De passage à Nice lors du Festival du livre, cette pétillante et volubile Anglaise nous a dévoilé, avec un humour so British, les dessous de son dernier livre, Surprends-moi.

Surprends-moi! Telle est l’injonction que se lancent mutuellement Sylvie et Dan, couple fusionnel au bonheur sans nuage, lorsqu’ils apprennent de la bouche de leur médecin cette «terrible» nouvelle : eu égard à leur espérance de vie, il leur reste au moins soixante-huit ans à passer ensemble… Une éternité!

A partir de là, chacun va s’employer à dénicher l’idée qui va vraiment impressionner l’autre, histoire de pimenter cette vie de couple vouée à durer plusieurs décennies. Mais la véritable surprise, à chaque fois, réside dans la tournure que prend systématiquement le plan concocté : catastrophique!

D’où une succession de situations plus hilarantes les unes que les autres, pour notre plus grand bonheur, dans Surprends-moi ! le dernier roman de Sophie Kinsella, connue pour sa série L’Accro du shopping. Une comédie bien troussée avec, aussi, en filigrane, des réflexions sur les notions de fidélité, de longévité amoureuse et les dénis pouvant exister dans une relation.


Lorsque les héros de ce récit, Sylvie et Dan, apprennent le temps qu’il leur reste à passer ensemble, leur réaction est pour le moins inattendue?
Tout à fait! Au lieu de s’émerveiller, de se réjouir à l’idée d’avoir soixante-huit ans devant eux, ils s’exclament : “Soixante-huit ans, vraiment! Je t’aime bien sûr, mais ça va être si long que ça?”

Après cette découverte, ils vont aussi avoir des réactions très différentes. Le mari va surtout réfléchir en termes d’argent, de crédit immobilier, il est très pragmatique, alors que l’épouse va se préoccuper de faire en sorte que leur mariage dure vraiment jusque-là.

Elle est davantage axée sur l’aspect sentimental de la situation. Et, pour elle, c’est une évidence: ils vont devoir se surprendre continuellement. Mais ce à quoi elle ne s’attend pas, justement, c’est que leurs tentatives réciproques dans ce sens virent au désastre à chaque fois.

Car, au lieu de réfléchir un tant soit peu à la pertinence de leurs surprises, ils foncent tous les deux tête baissée, comme s’ils se retrouvaient soudain pris dans une espèce d’urgence.

Tout cela va même avoir l’effet d’un séisme, car certaines failles du couple seront ainsi révélées. On ne peut plus pervers…

L’un des points intéressants de la relation de Sylvie et Dan est qu’ils pensent former un couple modèle?

Exactement, ils pensent incarner “le” super-couple.

C’est comme s’ils voulaient crier à la terre entière : “Regardez-nous! Nous pouvons lire dans les pensées l’un de l’autre, nous comprendre à demi-mot, tout est fantastique!” Sylvie a conscience en réalité que tout n’est pas si rose entre son mari et elle. Mais elle préfère passer leurs problèmes sous silence.

Elle ne veut pas affronter la réalité : son père est une figure omniprésente, ce dont Dan souffre, et elle recouvre tout cela d’un joli vernis. On est, en fin de compte, dans un complet déni, un thème que j’adore explorer lorsque j’écris. Parce que c’est un travers humain tellement répandu!

Mais évidemment, il est impossible de fonder plus de soixante-huit ans de vie commune sur des non-dits…


Bien sûr que non! On ne peut envisager cela qu’en étant honnête vis-à-vis de soi-même et de notre partenaire. Il faut éviter absolument l’installation des malentendus, communiquer, dissiper toutes les zones d’ombre. Tout repose sur cette idée : comment va-t-on affronter les soixante-huit années à venir ensemble, en tant qu’équipe?

Peu importe s’il y a parfois des petits désaccords, des tensions, l’important est la manière dont on va décider de les surmonter.


C’est le conseil personnel que vous donnez à vos lecteurs, vous qui êtes mère de cinq enfants et mariée depuis plus de vingt ans à leur père?
Bien sûr, tout ce livre est même basé sur ma propre vie, qui n’aura été qu’une somme de recherches et d’expérimentations dans le but d’écrire Surprends-moi! (rires) Non, plus sérieusement, sans me positionner d’un point de vue personnel, je crois qu’il faut vraiment balayer le moindre tracas survenant dans une relation amoureuse sur-le-champ.

Ne soyez pas embarrassé avec votre partenaire en ne lui disant pas les choses, osez! Dites-le quand c’est encore un problème minuscule. Ne faites pas de suppositions sur le comportement de l’autre. Et souvenez-vous que vous n’avez pas à être constamment d’accord sur tout. Vous pouvez par exemple dire : “Ah, tu aimes cela et je ne m’en étais pas rendu compte, c’est intéressant.”

Je crois qu’il ne faut jamais aller se coucher sans avoir résolu ensemble un point qui nous pèse. Il faut évacuer cela immédiatement.

On est en fin de compte dans un complet déni,un thème que j’adore explorer lorsque j’écris. Parce que c’est un travers humain tellement répandu !


D’autant que la perfection est ennuyeuse?
Exactement. Parfait, personne ne l’est.Il faut garder à l’esprit que l’autre n’avait peut-être pas l’intention d’oublier telle chose, ou qu’il n’avait pas réalisé à quel point elle était importante à nos yeux.

Parfois, sous l’effet de la fatigue, de l’émotion, on peut aussi interpréter de travers. Et si chacun reste silencieux, plein d’amertume, c’est là que les conflits prennent de l’importance.

Et l’important finalement, ce n’est pas la surprise elle-même mais la volonté de surprendre ?
Exactement. Peu importe que la surprise soit complètement ratée, ce qui compte, c’est l’expression d’amour qu’elle représente. Et ce qui est excitant, c’est qu’on ne peut jamais prétendre connaître l’autre à la perfection, d’autant qu’il est, comme nous, en perpétuelle évolution.


Avez-vous des rituels particuliers d’écriture ?
Je passe par différentes étapes. Je consacre énormément de temps à réfléchir et à préparer ma matière, avant de me lancer dans l’écriture. Une fois mon plan établi, j’ai besoin de sortir pour m’aérer la tête.

J’éprouve la nécessité de prendre encore du recul pour m’assurer que ma trame est vraiment pertinente. J’adore bâtir les histoires et je tiens absolument à embarquer le lecteur, à faire en sorte qu’il ait envie de dévorer le récit jusqu’à la fin.

En fait, j’écris les histoires que j’ai moi-même envie de lire et qui me captivent, de l’intrigue elle-même jusqu’aux plus petits détails. Et lorsque je suis attelée enfin à l’écriture, je bois des tonnes de café, un carburant vraiment essentiel pour moi !


Avec vos lecteurs, vous avez une relation toute particulière ?
Je suis toujours folle de joie à l’idée de rencontrer mes lecteurs, c’est un tel privilège pour moi de découvrir les personnes auxquelles j’essaie de parler dans mes livres.


Quand vous écrivez, vous essayez d’avoir une conversation avec. Mais on ne peut jamais savoir à quel moment elles vont rire, pleurer, sourire, tout en espérant que vous allez leur permettre de s’évader.

Dans le fond, vous ne savez pas qui sont ces gens ni quelle sera leur réaction. Donc, quand je viens à un événement comme leFestival du livre de Nice, c’est une opportunité pour moi de faire leur connaissance.

Et il se produit à chaque fois le même phénomène : nous avons le sentiment de déjà nous connaître, car nous avons les personnages en commun. C’est comme si nous avions des amis en commun. C’est pour cela que je me sens très connectée à mes lecteurs, et je crois qu’ils ont le même ressenti vis-à-vis de moi.


Que faites-vous lorsque vous n’écrivez pas, êtes-vous une Accro du shopping ?
Cela m’arrive en effet, je l’avoue ! Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est de m’y rendre entre amies. J’apprécie énormément la compagnie des autres femmes, l’amitié que je partage avec certaines d’entre elles, cette complicité, est essentielle pour moi.


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