“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

"Légalité ne veut pas dire bien": Marc Levy dénonce "la criminalité en col blanc" dans son nouveau livre

Mis à jour le 05/03/2021 à 10:06 Publié le 05/03/2021 à 10:06
Marc Levy se fait le porte-voix romancé de ceux qu’ils considèrent comme des "Robins des bois des temps modernes".

Marc Levy se fait le porte-voix romancé de ceux qu’ils considèrent comme des "Robins des bois des temps modernes". Photo Nastassia Brame

Toute l'info locale + Des reportages exclusifs

"Légalité ne veut pas dire bien": Marc Levy dénonce "la criminalité en col blanc" dans son nouveau livre

Le deuxième volet de la saga "9", intitulé "Le Crépuscule des Fauves" est sorti cette semaine. Un page turner rythmé et très engagé.

Il y a cinq mois, Marc Levy nous présentait ses "9".

Neuf hackers, neuf lanceurs d’alerte qui, des quatre coins du monde, ont pour objectif commun de s’attaquer à la vilenie du monde et "plus particulièrement à la grande criminalité en col blanc et à ceux qui, en abusant de leur pouvoir, provoquent des dégâts considérables sur la société".

L’auteur aux cinquante millions de livres vendus dans le monde a mené une véritable enquête, est allé au contact de ces hackers au grand cœur et s’est appuyé sur ces rencontres pour écrire "C’est arrivé la nuit" (sortie fin septembre 2020 et vendu à plus de 350 000 exemplaires) et "Le Crépuscule des Fauves" en librairie depuis mardi.

Manigances politiques et économiques, manipulations des opinions de masse à travers notamment les réseaux sociaux, scandales des laboratoires pharmaceutiques… Marc Levy se fait le porte-voix romancé de ceux qu’ils considèrent comme des "Robins des bois des temps modernes".

Vous avez mené une enquête de plus de trois ans dans un milieu qui est par essence très fermé…
Ce qui m’a facilité la tâche c’est de faire partie des dinosaures de l’informatique puisque j’étais dans la Silicon Valley en 1984 et que j’y ai passé à peu près six ans de ma vie. Il y a des relations qui se sont maintenues, j’avais une petite clé d’entrée dans ce milieu. Et puis les rencontres se font aussi par le biais du hasard. Au fil du travail de recherche, on vous propose dans certaines conditions de rencontrer quelqu’un, puis quelqu’un d’autre et vous finissez par inspirer confiance… Parce que derrière le roman, il y a aussi une envie de participer à leur combat.

Votre idée est-elle aussi de réhabiliter les hackers, de montrer que leurs desseins sont souvent positifs ?
Le vrai propos du livre c’est l’enquête que, eux, ont menée. Leur technicité de hackers, les moyens par lesquels ils arrivent à trouver l’information font partie de l’histoire et les définissent. Le travail qui consiste à percer le coffre est intéressant, mais le vrai sujet c’est ce qu’il y a dans le coffre. Et, en l’occurrence, ce sont les crimes de corruption, la criminalité en col blanc, les scandales qu’ils dénoncent et l’identité des criminels. D’où leur discrétion et leur humilité, parce que ce qui prime c’est leur travail de lanceurs d’alerte.

D’ailleurs vous distinguez clairement illégalité et mal…
Absolument. Et c’est tout le paradoxe. Lorsqu’on parle de hackers, ce sont généralement de hackers dits criminels, ceux qu’on appelle les black hacks. Vous avez ensuite les white hacks, qui travaillent pour les agences de sécurité. Travailler dans la légalité ne veut pas dire pour autant travailler pour le bien… Si vous travaillez pour une agence de sécurité qui elle-même travaille au service d’un gouvernement totalitaire, vous travaillez dans la légalité mais vous êtes du côté des oppresseurs.
Les miens de hackers se trouvent dans une zone d’ombre, c’est pour cela que je dis d’eux que ce sont des Robins des bois des temps modernes, ils travaillent dans l’illégalité puisque les moyens auxquels ils ont recours pour aller chercher l’information sont illégaux, mais la cause pour laquelle ils se battent est juste et noble.

"La vraie presse est un rempart de nos démocraties extrêmement important"

Vous démontrez aussi que la diffusion des fake news a des moyens sans commune mesure avec ceux des journalistes?
Les moyens qui sont donnés à la fausse information sont incroyablement plus puissants que les moyens dont dispose la vraie information. C’est une vraie question de société. C’est extrêmement important de comprendre que l’avenir de la démocratie dépend de la qualité de l’information distribuée aux populations. À partir du moment où on a un faisceau de fausses informations qui disposent de moyens criminels colossaux pour être mis en œuvre, les moyens qu’on doit accorder aujourd’hui à la vraie information sont primordiaux. Ça va même au-delà de la question économique, il y a une notion d’utilité publique qui doit être prise en compte aujourd’hui. C’est extrêmement important qu’il y ait une protection de la presse professionnelle. La vraie presse est un rempart de nos démocraties extrêmement important. Si les populations qui vivent dans des démocraties n’ont pas accès à une presse certifiée, à une information responsable, eh bien on voit immédiatement, comme on l’a vu aux États-Unis au cours de ces quatre dernières années, la rapidité avec laquelle les démocraties sont mises en danger par la fausse information. Les ennemis de la démocratie l’ont très bien compris. Il faut que les gardiens de la démocratie le comprennent aussi.

L’écrivain a aussi un rôle à jouer…
Le roman a un avantage, il n’est pas limité dans le nombre de pages, un article ne peut pas faire quatre cents pages. Et le roman a une capacité d’abord d’humaniser l’information, de la mettre en perspective et de l’incarner à travers une histoire. Ce travail est, je pense, complémentaire à celui de la presse, de l’information.
Cette série va se poursuivre…
Il n’y a pas de calcul. Je peux presque dire que je travaille à leur service. À partir du moment où il y aura une nouvelle enquête, je suis là pour l’écrire et pour la relayer. Avec ce tome 2, la première grosse enquête menée par les 9 et leur travail de ces dernières années a pris forme. Il y aura certainement un tome 3, un tome 4, qui iront de pair avec la matière sur laquelle eux-mêmes travaillent. Je réveillerai les 9 dès que j’aurais un nouveau scandale à raconter.

"Le Crépuscule des Fauves". Marc Levy.
Editions Robert Laffont/Versilio. 398 pages. 21,90 euros.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.