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Le suicide forcé au coeur du nouveau polar de Niko Tackian

Mis à jour le 20/02/2020 à 16:09 Publié le 01/03/2020 à 10:00
« Je reçois plein de mots hyper touchants et de félicitations de lectrices et de lecteurs, on ne peut pas rester indifférent à cela », reconnaît Niko Tackian qui vient de publier son sixième roman.

« Je reçois plein de mots hyper touchants et de félicitations de lectrices et de lecteurs, on ne peut pas rester indifférent à cela », reconnaît Niko Tackian qui vient de publier son sixième roman. (Photo Stéphane Bouquet)

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Le suicide forcé au coeur du nouveau polar de Niko Tackian

Dans cette troisième aventure, Tomar Khan, le personnage fétiche de l’auteur, doit résoudre une affaire de suicide mais pas que. Le flic doit également régler des problèmes personnels et d’autres avec sa hiérarchie. Un polar à tiroirs que nous avons beaucoup aimé.

Elle pleure sous l’eau parce qu’elle est morte. Une suicidée a choisi de mettre fin à ses jours dans une piscine Art déco parisienne. Tomar Khan, le flic vedette de Niko Tackian, est donc prêt à refermer le dossier mais son adjointe, qui est également sa compagne, soupçonne un vrai-faux suicide.

Encore une histoire de femme victime ? Pourquoi ce thème ? Niko Tackian a répondu à nos questions et nous en dit plus sur lui, son arrivée dans la littérature, son livre et ses projets. C’est un homme simple que nous avons rencontré. Presque touchant, car il reste humble malgré son succès croissant, et plein de charme.

Un homme dont, a-t-il constaté lui-même, 80 % des lecteurs sont des lectrices. Il se demande bien pourquoi. La qualité des histoires qu’ils racontent sans nul doute, dans lesquelles les femmes sont très présentes. Mais aussi, peut-être, grâce à sa belle gueule qui ressemble, semble-t-il, à celle de Tomar Khan.

Vous avez écrit des scénarios de BD, de séries télé, de téléfilms, quand avez-vous décidé d’écrire un roman ?
Ça faisait longtemps que j’y pensais car je suis effectivement allé dans tous les secteurs dans lesquels on peut raconter des histoires, y compris le jeu vidéo d’ailleurs. L’envie était donc là mais je me disais que devenir romancier, c’était très sérieux. J’avais peur de devoir m’enfermer pendant six mois pour écrire, peur aussi de ne pas gagner ma vie. Ce qui m’a décoincé, c’est le fait de travailler sur la série télé Alex Hugo avec Franck Thilliez, qui m’a dit : “Je ne comprends pas que tu n’écrives pas de romans car tu as plein d’histoires et tu écris vite”. J’avais donc peur que cela me prenne trop de temps et Franck m’a conseillé d’appliquer sa méthode qui est très simple : “Tu t’assois deux heures par jour, tu écris et dans trois, quatre ou cinq mois, tu auras ton roman”.

"Le support qui offre le plus de liberté c'est le roman"


Et ça marche ?
J’ai donc suivi son conseil et je me suis rendu compte que c’était un marathon d’écrire un roman. C’est un effort continu mais cela a très bien marché. Depuis, j’applique la méthode Franck et, aujourd’hui, j’en suis à mon sixième roman.

Vous avez donc écrit pour plusieurs supports. Lequel préférez-vous ?
Celui qui offre le plus de liberté c’est sans aucun doute le roman. C’est mon préféré, il me permet de me lancer dans une grande aventure à l’intérieur de moi-même : je raconte une histoire bien sûr, mais il y a une interactivité entre mon inconscient et ce que j’écris, qui est très ludique et qui me motive pendant des mois pour écrire.

Et pour les autres supports ?
C’est beaucoup plus technique. Le scénario télé, par exemple, on doit déjà le partager avec d’autres personnes, c’est plus de l’artisanat qu’un métier d’auteur. Pour la BD, c’est une collaboration avec le dessinateur et c’est un peu lui qui transcende ce que vous écrivez. Pour le jeu vidéo c’est pire encore. Il y a beaucoup de technique qui vient s’ajouter ; on a des idées d’histoires et puis le technicien dit : “Ben non ça, on ne peut pas le faire”.

Tomar Khan est votre personnage fétiche, c’est la troisième fois que vous lui consacrez un roman. Comment l’avez-vous inventé ?
C’est une histoire rigolote : comme ça fait des années que je travaille sur des séries pour la télé, je voulais créer un personnage récurrent mais, le problème d’un policier, c’est qu’il y en a beaucoup. C’était donc difficile de créer un personnage original. Un jour, je lisais le mythe du minotaure à mes jumeaux et je me suis rendu compte qu’il était le fruit d’une bête. Enfermé dans un labyrinthe, il n’en peut plus et demande à Thésée de le tuer. Je ne sais pas par quel biais de mon cortex c’est arrivé mais je me suis dit : “Là je tiens mon personnage de flic.”

C’est-à-dire ?
J’ai créé ce personnage de Tomar Khan, qui a eu une enfance très perturbée – comme je l’explique dans mon premier polar – et qui s’est enfermé lui-même dans ses enquêtes pour contenir sa violence, sa rage. À cela se sont mixées mes origines arméniennes et j’en ai fait un Kurde, rien d’Arménien certes, mais ces deux peuples partagent beaucoup d’Histoire.

Vu votre gabarit et votre pratique de la boxe, n’y a-t-il pas un peu de Niko Tackian dans Tomar Khan ?
Oui il y en a. Beaucoup même. Mais aussi dans d’autres personnages du roman. Il y a, je pense, un plaisir un peu coupable des auteurs à parler d’eux-mêmes dans leurs personnages. Mais pour Tomar Khan, il y avait une raison à cette ressemblance : comme j’ai créé ce personnage pour le retrouver très souvent, je me suis dit qu’en créant un personnage assez proche de moi, ce serait plus simple pour replonger dans sa psychologie, dans sa vie. Mais je suis moins violent que lui ! (rires)

Dans ce roman, il est souvent question du Bastion, le nouveau siège de la PJ parisienne qui a remplacé le 36 quai des Orfèvres. Selon Niko Tackian, « c’est un peu un cliché de croire que les flics regrettent le 36 car ce bâtiment avait fait son temps. Il y avait des difficultés d’organisation à l’intérieur car ce bâtiment n’était pas du tout fait pour un travail de police moderne. Je pense que les policiers sont très contents d’avoir plus de moyens et des locaux plus adaptés. Les flics ont été très sympas avec moi : ils m’ont fait faire la grande visite de tout le Bastion ».
Dans ce roman, il est souvent question du Bastion, le nouveau siège de la PJ parisienne qui a remplacé le 36 quai des Orfèvres. Selon Niko Tackian, « c’est un peu un cliché de croire que les flics regrettent le 36 car ce bâtiment avait fait son temps. Il y avait des difficultés d’organisation à l’intérieur car ce bâtiment n’était pas du tout fait pour un travail de police moderne. Je pense que les policiers sont très contents d’avoir plus de moyens et des locaux plus adaptés. Les flics ont été très sympas avec moi : ils m’ont fait faire la grande visite de tout le Bastion ». (Photo Stéphane Bouquet)

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Ce sont souvent des révoltes qui font naître les thèmes de mes romans. Et je me dis : “ça, Tomar devrait s’en occuper”. C’est ma manière d’essayer d’apporter ma pierre à quelque chose en traitant ces sujets. Voilà pour les polars. Pour les thrillers, c’est plus lié à des concepts d’histoire.

Dans ce roman, vous traitez le “suicide forcé”, car cela vous révoltait ?
Ce qui m’a révolté c’était la couverture des Inrocks avec Bertrand Cantat. Partant de cela, j’ai aiguisé mes sens sur les violences faites aux femmes. J’ai contacté Yael Melllul, une avocate, fer de lance du mouvement qui essaye de faire reconnaître les violences psychologiques, et elle m’a expliqué l’existence du “suicide forcé”, la force que cela prenait, la difficulté juridique de le prouver et, ainsi, le thème d’une partie du roman est devenu une évidence.

Vous avez dit que vous n’aimiez pas les histoires sans femme. Pourquoi ?
Le polar c’est un genre assez masculin, même dans la réalité. Si ce n’est pas contrebalancé par des points de vue féminins, ça devient un livre d’hommes qui s’adressent aux hommes. Je m’adresse plutôt à des lectrices en fait. Je trouve que c’est plus intéressant, dans la société, quand on a une vision intégrale de la vie, vue par les deux sexes. Donc, comme Tomar est très masculin, c’était évident qu’il fallait faire un balancier avec plusieurs personnages féminins.

Il y a un lieu important dans votre roman : la colline du crack. Vous y êtes vraiment allé ?
Tout ce qui est dans le roman y compris l’histoire de la poule (il rit) est vrai. C’est un fait qu’à l’époque il y avait, dans cet endroit du XVIIIe arrondissement de Paris, un no man’s land où il se passait exactement ce que je décris dans le roman.

Qu’avez-vous en préparation ?
Je fais toujours beaucoup de choses en même temps ! Je continue à écrire la série Alex Hugo. Là, je commence l’écriture de mon prochain roman qui va se passer dans le Vercors, je vais d’ailleurs y aller pour me documenter un peu. J’ai aussi la chance d’avoir deux projets autour de mes romans : l’adaptation d’Avalanche hôtel en mini-série pour la télévision, et celle de mon deuxième roman La nuit n’est jamais complète, que j’écris pour un film, réalisé par Julien Despaux, soit pour le cinéma, soit pour une plateforme genre Netflix.


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