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Le nouveau roman de Guillaume Musso est arrivé. Il nous raconte (presque) tout

L’écrivain antibois Guillaume Musso dévoile ce mardi son dix-neuvième livre, L’Inconnue de la Seine, avant de venir à la rencontre de ses lecteurs au Festival du livre de Mouans-Sartoux début octobre.

Nathalie Ricci Publié le 21/09/2021 à 08:10, mis à jour le 21/09/2021 à 08:10
L’Inconnue de la Seine, le 19e livre de Guillaume Musso, est en librairie ce mardi. Une adaptation télé est en tournage chez lui, à Antibes. Photo Emanuele Scorcelletti

Chaque printemps, c’est devenu une agréable habitude, le Musso nouveau est dévoilé. Eh bien, cette année, il a fallu patienter jusqu’en septembre pour découvrir le dix-neuvième roman de l’auteur antibois. En librairie depuis ce matin, L’Inconnue de la Seine est à la fois une enquête et un roman à suspense, inspiré d’un fait divers de la fin du XIXe siècle. "Mon roman se passe à Paris en décembre 2020. Mais j’avais ce début d’histoire depuis très longtemps. L’idée que la brigade fluviale repêchait une jeune femme, nue, amnésique, qu’elle était conduite à l’infirmerie psychiatrique et que là, se passait quelque chose d’extraordinaire par rapport à son ADN." Oui, car la jeune fille repêchée dans La Seine possède l’ADN d’une autre jeune femme, morte dans un accident d’avion un an plus tôt…

Roxane Montchrestien, une jeune flic récemment mise au placard au sein du Bureau des affaires non conventionnelles (BANC) et une jeune étudiante, Valentine Diakité, vont alors mener leur enquête… Des recherches qui les amèneront dans le milieu du théâtre, à rencontrer des fidèles du culte de Dionysos…

De quoi tenir en haleine le lecteur au fil des pages de ce roman diablement addictif. Et que Guillaume Musso viendra présenter en personne au Festival du livre de Mouans-Sartoux qui aura lieu les 1er, 2 et 3 octobre. "Je devais être là l’année dernière, ça a été un grand déchirement de ne pas pouvoir venir [le festival a été annulé, à cause de la Covid, ndlr]. C’est un plaisir de retrouver Mouans-Sartoux, d’être en contact avec des lecteurs qui m’attendent, qui sont fidèles…"

 

Cette année, vous nous avez fait faux bond au printemps…

Oui, et c’est la première fois. Pendant la période de crise sanitaire, de confinement, j’ai été obligé de rester à Paris et de beaucoup m’occuper de mes enfants, ça a décalé la période d’écriture. C’était une période assez sinistre, alors ensuite, j’ai voulu me divertir moi-même avec l’histoire de L’Inconnue de la Seine.

C’est un fait divers de la fin du XIXe siècle qui vous a inspiré…

Oui. Quand j’avais 17 ans, que je passais le bac de français au lycée Audiberti à Antibes, on avait, au programme de français, Aurélien, dans lequel Louis Aragon parle de ce fait divers absolument dingue. Une femme, retrouvée morte près de la Seine, est conduite à la morgue. L’employé, trouvant son visage si serein et ne reflétant absolument pas la terreur du passage post-mortem, fait venir un mouleur pour qu’il prenne l’empreinte de son visage et en crée un masque. Il sera dupliqué à des milliers d’exemplaires et va devenir un masque iconique dans le Paris bohème des années 1920-1930, et même en Allemagne. En tant que lycéen, ce fait divers m’avait marqué, je l’avais mis dans un coin de ma tête et, comme souvent avec moi, les histoires peuvent avoir une maturation très lente. Mais celle-là, je crois que c’est le record! (rires)

À travers ce livre, vous nous faites réviser la mythologie…

J’avais ce début d’histoire, comme j’en ai des dizaines et des dizaines. Et le déclic est venu il y a deux ans quand j’ai commencé à initier mon fils à la mythologie. J’ai redécouvert le personnage de Dionysos, qui est le dieu du théâtre, de la transgression, et dont on a souvent une fausse représentation. Celle de sa version romaine qui est Bacchus, une sorte d’ivrogne, bon vivant, hédoniste, alors que ce n’est absolument pas ça. C’est un dieu assez cruel, singulier, qui peut entraîner un culte complètement déviant. J’avais aussi l’envie de parler du milieu du théâtre, des troupes, avec tout ce qui peut aller avec, en termes de faux-semblants, de masques, de rôles… Des thèmes riches pour un roman à suspense.

 

Une fois encore, on fait connaissance avec votre personnage principal à un moment difficile de sa vie…

L’histoire est vue à travers les yeux de Roxane, ce personnage de femme, de flic… ça ne va pas dans sa vie personnelle, ça ne va pas dans sa carrière. Et c’est au moment où elle se fait mettre sur la touche que la plus grande enquête de sa carrière lui tombe dessus. Elle va faire équipe avec Valentine Diakité, une étudiante en thèse. Ce que je voulais c’est mettre en scène ces deux enquêtrices. C’est toujours plus intéressant de mettre les personnages au bord du gouffre pour voir ce qu’ils ont dans le ventre et comment ce danger va les révéler. Avec un mystère: on ne sait pas pourquoi Roxane est mise sur la touche…

Est-ce qu’on le saura dans un autre roman?

C’est un roman que j’ai effectivement écrit avec, éventuellement l’idée, si les lecteurs, l’auteur et les personnages en ont envie, d’écrire un deuxième volet sur ce Bureau des affaires non conventionnelles. Ce roman se prête à une suite. Ici, on prend les personnages avec une certaine part de mystère et on les projette dans une histoire qui est très condensée, puisque tout le roman se passe en cinq jours, essentiellement à Paris, avec une petite incursion sur la Côte d’Azur. Dans un Paris qui est celui de Noël 2020, mais sans Covid. Il n’y a pas de masques, pas de gel, on peut aller dans les restaurants. Quand vous passez douze heures par jour à écrire, autant que ça vous fasse plaisir de le faire. C’était une échappatoire bienvenue d’inventer une histoire dans laquelle les gens pouvaient sortir et prendre un café.

Ce livre, même s’il fait appel à la mythologie, est très ancré dans la réalité.

Je tenais à ce que ce soit un polar contemporain, un thriller ancré dans l’époque. Certes, il y a cette dimension mythologique et artistique, mais très ancrée dans un Paris réaliste, dans une époque qui est la nôtre avec ses travers, ses dangers. Et ça équilibre le roman qui n’est pas juste chimérique ou juste une enquête intello sur le théâtre ou la mythologie. J’ai lu beaucoup de choses sur les dérives sectaires. Cette histoire aurait paru irréaliste il y a dix ou quinze ans, mais dans la réalité contemporaine, avec un retour aux communautés coupées du monde qui ont peur du futur, je me suis dit que je pouvais l’écrire de manière réaliste.

Dans le livre, vous citez cette phrase de Thomas Mann : ‘‘Un écrivain est un homme pour qui c’est plus difficile d’écrire que pour les autres”

 

C’est vrai et c’est un thème que je traite souvent, le côté parfois douloureux ou destructeur dans l’écriture et dans toutes formes de création. Regardez, ne serait-ce qu’à Antibes, les peintres, que ce soit Nicolas de Staël qui a fini par se jeter par la fenêtre, ou Picasso qui était une sorte d’ogre dans sa vie personnelle… La création, souvent, implique une destruction. C’est un thème qui me passionne au-delà même de mon métier. C’est s’intéresser aux sources de la création. Comment alimenter ce feu. À mon modeste niveau, c’est comment avoir une vie de famille, de couple harmonieuse, tant en essayant de continuer de créer, de me renouveler, de me mettre en danger.

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