L'auteur hyérois à succès Julien Sandrel se fait messager de la gratitude dans son cinquième roman

Le cinquième roman de l’auteur hyérois à succès Julien Sandrel, "Merci, Grazie, Thank you", vient de paraître. Une bulle de bonheur autour des liens familiaux, des femmes et de l’immigration italienne.

Aurore Harrouis Publié le 04/03/2022 à 14:30, mis à jour le 04/03/2022 à 12:56
Né en 1980, Julien Sandrel a travaillé quinze ans en tant que directeur marketing. Depuis 2018 et le succès de son premier roman, il se consacre à l’écriture. Photo Bruno Levy

Que feriez-vous si vous remportiez le jackpot au casino? La question, pour Gina, charmante mamie d’origine italienne, donne naissance à une folle décision.

Son million d’euros en poche, l’octogénaire entame un road-trip dans le but de partager cet argent avec chacune des personnes qui ont joué un rôle dans sa vie.

 

Elle part, sans rien dire à son amie Olga ni à sa petite-fille Chloé, 24 ans, qui vit chez elle depuis la mort accidentelle de sa mère.

Commence un périple entre la France et les États-Unis, sur les traces de sa famille, issue de l’immigration et retraçant des parcours de femmes, à différentes époques.

Deux thèmes en filigrane de Merci, Grazie, Thank you, cinquième roman du Hyérois Julien Sandrel, édité chez Calmann-Levy. Un récit sensible dans lequel on rit, on s’émeut, on verse quelques larmes.

D’où vient ce roman autour de l’immigration italienne?

 

Il est quasiment né lorsque j’étais enfant, à partir des récits de mon grand-père italien. Il n’a cessé de me raconter son parcours aussi banal qu’extraordinaire d’être humain au sein de la France et du monde du XXe siècle. Quand il me racontait ses anecdotes de dernier d’une famille de dix enfants extrêmement pauvre, ça semblait irréel au petit garçon des années 1980 tout ce qu’il y a de plus classe moyenne que j’étais. En grandissant, je me suis rendu compte que c’était proche de moi dans le temps.

Une grande partie de l’action se situe à New York et à Ellis Island...

En 2007, j’ai visité Ellis Island. J’y allais aussi avec l’objectif précis de voir dans les registres le nom de mes arrière-grands-parents – Pasqualina et Francesco – qui avaient immigré aux USA en 1912. Je les ai retrouvés, avec des photos du bateau sur lequel ils étaient arrivés. C’était très émouvant. Et ce fut un des déclencheurs du roman. Avec une visite de l’expo Ciao Italia au musée national de l’immigration en 2017, qui retraçait le parcours de ces immigrés italiens qui ont construit la France d’une certaine façon. J’avais commencé à écrire et je m’étais dit qu’un jour, j’aimerais raconter l’histoire de mes aïeux. Il m’a fallu quatre ans pour me sentir capable et légitime d’aborder ce sujet très personnel.

Hyères, Nice, le Sud sont présents dans ce récit. Des passages obligés?

 

Dans tous mes romans, il y a a minima un clin d’œil à Hyères. Là, je suis allé plus loin, car le sujet s’y prêtait. Dans notre Sud-Est, beaucoup de familles sont issues de l’immigration italienne. Placer l’action à cet endroit-là me paraissait logique. J’avais notamment envie de parler du massacre des Italiens survenu à Aigues-Mortes en 1893, une chasse à l’étranger massive et impunie, un peu oubliée. Ça m’intéressait de montrer qu’au bout de deux ou trois générations, quand on estime qu’une intégration est réussie, on a tendance à oublier ce qu’ont enduré les générations d’avant.

On suit les pas de Gina, qui gagne au casino et veut remercier ceux qui l’ont aidée. Altruiste, cette idée?

C’est la faute de George Clooney! En tombant sur un article de presse il y a deux ou trois ans, il disait qu’une fois qu’il avait atteint le statut de star que l’on connaît aujourd’hui, il a remercié quatorze de ses meilleurs amis en leur donnant une somme d’argent. L’étincelle de départ est arrivée ainsi. Je me suis dit que j’allais raconter l’histoire d’une mamie qui gagne une somme importante et entreprend son chemin de gratitude.

Ce mot "merci", que représente-t-il pour vous?

 

Celui que j’aurais eu envie de dire à mes grands-parents s’ils étaient devant moi. "Merci pour mon existence actuelle et les sacrifices qu’ils ont faits." C’est aussi un mot hyper fréquent qu’on prononce sans s’en rendre compte. Mais combien de fois dans une vie dit-on un vrai merci à quelqu’un, un merci qui vient du cœur? Souvent, la pudeur nous empêche de le dire. Et il y a beaucoup trop de "merci" qui sont emportés et se transforment en regrets.


C’est une "saine habitude" que Julien Sandrel a prise depuis son premier roman: sa première séance de dédicaces se tient toujours à Hyères, sa ville natale. Ce sera le cas samedi 5 mars, de 10h à 13h, à l’espace culturel Olbia (4, rue Soldat-Bellon), à Hyères . Il sera également présent à la Fête du livre d’Hyères les 21 et 22 mai.

Son premier roman adapté au cinéma

Né à Hyères en 1980, Julien Sandrel a travaillé quinze ans en tant que directeur marketing dans un grand groupe industriel de renommée internationale avant de publier son premier roman, qui a depuis séduit près de 300.000 lecteurs dans le monde entier.

Distribué dans 26 pays, des États-Unis au Japon, en passant par la Russie et l’Europe, La Chambre des merveilles vient tout juste d’être adapté au cinéma par Lisa Azuelos (LOL, Mon bébé), avec Alexandra Lamy et Muriel Robin.

"En principe, le film sort en fin d’année", pense Julien Sandrel. Si, pour l’heure, il n’a rien vu du montage final, l’auteur a assisté à quelques jours de tournage l’année dernière "dont quelques scènes tournées dans le Var. C’était extrêmement émouvant... Je ne suis pas stressé quant à la qualité du film, j’ai toute confiance en Lisa Azuelos, la réalisatrice, les actrices et les producteurs... Mais j’ai hâte de le découvrir!"

La Chambre des merveilles poursuit encore sa route. Elle va être portée sur les planches par l’auteur et metteur en scène Jean-Philippe Daguerre qui a été récompensé de quatre Molière en 2018 pour la pièce Adieu Monsieur Haffmann, devenue un film il y a quelques semaines.

"Son adaptation de La Chambre des merveilles sera créée au Festival d’Avignon cet été et jouée au théâtre de la Pépinière à Paris en septembre", dévoile Julien Sandrel qui a "toujours plein d’idées en tête".

Avant de préciser qu’"une adaptation BD devrait sortir à la rentrée. C’est formidable cette multiplication des supports. J’écris des histoires parce que j’ai envie qu’elles touchent d’autres personnes, alors quand j’ai la chance qu’elles le fassent aussi par différents médias, c’est génial." Un autre projet d’adaptation pour la télévision s’esquisse autour de son roman édité en 2021, Vers le soleil.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.