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INTERVIEW. Pourquoi Jean-Christophe Grangé n'a-t-il pas encore écrit de polar se passant sur la Côte d'Azur?

Mis à jour le 11/04/2019 à 12:34 Publié le 20/04/2019 à 11:30
Jean-Christophe Grangé sort un nouveau polar autour du personnage principal des "Rivières pourpres", paru en 1998.

Jean-Christophe Grangé sort un nouveau polar autour du personnage principal des "Rivières pourpres", paru en 1998. Photo Virginie Luc

INTERVIEW. Pourquoi Jean-Christophe Grangé n'a-t-il pas encore écrit de polar se passant sur la Côte d'Azur?

L’une des références du polar français publie "La Dernière Chasse", un livre adapté de la série de France 2 "Les Rivières pourpres", elle-même tirée de son roman du même nom paru en 1998. Un exercice singulier pour l’écrivain, qui s’était promis de ne pas faire de saga autour d’un personnage.

Dans La Dernière Chasse, Jean-Christophe Grangé a ressuscité le capitaine Niemans. Laissé pour mort à la fin du best-seller publié en 1998, le flic bougon des Rivières pourpres est de retour. Collé à la tête de l’Office central contre les crimes de sang, une nouvelle unité spéciale de la police à qui l’on pourra faire appel en cas d’affaire exceptionnelle, il est envoyé avec une jeune collègue à la frontière allemande…
Si ça vous dit quelque chose, c’est que vous avez regardé Les Rivières pourpres version série, diffusée en toute fin d’année dernière sur France 2.
L’écrivain parisien de 57 ans, qui en a signé les scénarios –et qui a rempilé pour deux soirées de la saison 2 actuellement en tournage–, avait annoncé qu’il souhaitait décliner ces nouvelles histoires en romans.
En voici donc un premier. Vous plaira-t-il si vous avez vu la série?
"Je pense que oui, répond ce spécialiste du polar dont nombre de romans ont été adaptés sur petit ou grand écrans. À la télé, malheureusement, on est rarement dans la nuance. Là, j’avais vraiment à cœur d’écrire tout ce que cette histoire m’offrait." Explications.

Pas trop difficile de jongler entre scénario de la série et roman?
En fait, quand j’ai eu l’idée de ces nouvelles histoires, j’ai fait d’un côté les scénarios pour les producteurs et, de l’autre, j’ai commencé le roman. En même temps.
C’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire il y a des années. Maintenant je peux passer de l’un à l’autre, c’est le fruit du métier. La première chose à faire, c’est d’oublier la série.
De manière générale, il faut oublier l’audiovisuel quand on écrit. Se vider la tête des images, des acteurs…
Ce que vous imaginez n’est jamais ce que vous verrez, c’est pour cela qu’une bonne adaptation c’est quasiment impossible.

Ce roman arrive après la série, elle-même adaptée de votre livre. On ne tourne pas un peu en rond?
Ah… J’ai toujours répété que je ne voulais pas écrire de livres mettant en scène un héros récurrent.
Et puis, quand j’ai eu l’idée de ces histoires, je me suis rendu compte qu’elles se prêtaient bien à réinviter le commissaire Niemans.
Des enquêtes aux quatre coins de la France qui nécessitaient un spécialiste des crimes hors normes, cela reprenait un peu le contexte des Rivières pourpres. Comme ma grand-mère disait: il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
Mon vrai problème, en revanche, c’est que Niemans était mort dans Les Rivières pourpres! (rires) Bon, finalement, comme on l’abandonnait dans une rivière, j’ai estimé qu’on pouvait imaginer qu’il s’en était sorti.
Heureusement que je ne l’avais pas carrément enterré sinon j’étais foutu!

"j’aime que l’enquêteur soit propulsé dans des régions qu’il ne connaît pas"

Ce capitaine Niemans serait-il votre personnage le plus fort?
En réalité on a tous, auteurs de fiction, des profils de personnages qui reviennent. Chez moi, il y a souvent un bonhomme à la Niemans.
C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai refait appel à lui: créer un personnage oui, mais si c’est juste pour lui changer le nom et lui mettre des lunettes ou pas, bon…
D’autant plus que Les Rivières pourpres, c’était l’un de mes premiers livres, j’étais obsédé par l’enquête, moins par la personnalité des personnages. Je l’ai donc retrouvé et approfondi avec plaisir.

Ces enquêtes, vous l’avez dit, nous emmènent aux quatre coins de la France. Le contexte géographique est important dans vos romans, qu’est-ce qui vous intéresse dans les paysages?
D’une façon générale, c’est vrai que je choisis le décor avec soin.
J’aime bien qu’il y ait une sorte de logique entre les événements et le lieu. Même pour un interrogatoire ou la visite d’un témoin. Le site est toujours une caisse de résonance.
C’est une manière de prolonger ce qu’on raconte. Ensuite, j’aime que l’enquêteur soit propulsé dans des régions qu’il ne connaît pas.
Le roman policier est un voyage qui permet de découvrir quelque chose, je ne suis pas trop amateur du flic qui enquête dans son milieu, parmi ses indics, ses repères.
Je trouve ça plus romanesque de le projeter dans l’inconnu et d’en faire, malgré lui, le guide du lecteur dans un univers inconnu. Moi, je suis 100 % urbain, 100 % Parisien, donc où que j’aille en France, je ressens ce dépaysement.

Il est question de chasse et de nature dans ce roman. Y aurait-il des messages glissés ici et là?
D’un point de vue général, j’ai mis sur la table un problème qui s’est toujours posé à moi: le fait que les chasseurs sont des écologistes et qu’ils aiment la nature.
C’est paradoxal pour beaucoup de gens, on se dit que c’est incompréhensible d’aimer la nature et de lui tirer dessus.
Mon personnage le dit, à un moment: comment peut-on trouver un cerf merveilleux et puis, pan, lui tirer dessus? Comme un mec qui s’extasierait sur un air de Mozart et qui foutrait le feu à la partition à la fin! En même temps, beaucoup de ceux qui raisonnent comme ça ne passeraient jamais six heures perdus dans une forêt, les pieds dans la boue. Le chasseur, oui.
Moi, je suis typiquement l’écologiste du dimanche qui ne sort jamais de Paris mais qui a de grandes idées sur la chasse. Pour le livre, j’ai lu beaucoup de choses sur le sujet. Il n’y a pas de message, je propose simplement ce paradoxe. Sans jugement.
D’un point de vue plus romanesque, la chasse est toujours au cœur des polars.
Un roman policier c’est une double chasse: le tueur chasse sa proie puis devient le gibier de l’enquêteur.Et là, pour le flic, c’est une chasse dangereuse!

La saison 2 de la série est en tournage, vous y avez également participé…
Oui, la première a été un succès donc on a enchaîné. J’ai écrit deux soirées sur quatre pour cette saison. Deux histoires qui me chaufferaient aussi en roman.
Quant aux livres, j’ai prévu d’en faire quatre. J’ai fait six histoires pour la série, donc je vais choisir dedans, et ce ne sera pas forcément les quatre de la première saison.
L’inconnue est: est-ce que je vais les écrire tout de suite ou passer à autre chose entre-temps… En tout cas, j’ai déjà d’autres idées.


La Dernière Chasse.  Jean-Christophe Grangé.
Editions Albin-Michel. 397 pages. 
22,90€. 


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