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INTERVIEW. Pauline Maurenc nous parle de son premier roman qui se déroule entre Nice et New York

Mis à jour le 20/06/2019 à 13:07 Publié le 29/06/2019 à 18:00
Pauline Maurenc, sur la coulée verte de Nice, à deux pas du Lycée Masséna où
elle pense souvent être née.

Pauline Maurenc, sur la coulée verte de Nice, à deux pas du Lycée Masséna où elle pense souvent être née. Photo Dylan Meiffret

INTERVIEW. Pauline Maurenc nous parle de son premier roman qui se déroule entre Nice et New York

Il lui a fallu presque cinq ans pour écrire ce premier roman. "À ceux qui se croisent c’est vous", c’est moi et c’est une histoire que nous aimerions tous connaître. Car c’est une histoire d’amour intense. Compliquée mais très belle. Pauline Maurenc nous en a dit un peu plus dans le magazine Week-end...

"Très souvent, je me dis que je suis née au Lycée Masséna", à Nice. Cette petite phrase, Pauline Maurenc nous la dit à la fin de l’interview, à deux pas de la coulée verte où nous l’avons rencontrée, pendant le Festival du livre de Nice.

Cette femme charmante, douce, originaire de Bretagne, mais élevée ici, fréquente le lycée Audiberti à Antibes, puis le lycée Masséna. Pauline Maurenc fera carrière dans le marketing et la communication. Elle travaille beaucoup à Paris et à New York.

Voici son premier roman, qui –ça alors!– se déroule entre Nice et New York, avec des escapades en Italie et à Sydney. Une histoire d’amour impossible entre une femme mariée à un très bel homme... mais qui claque la porte, s’enfuit à New York et Paul qui monte des pièces de théâtre. Une pointure. L’histoire est belle. L’écriture aussi.

On se laisse embarquer dans cette aventure, d’autant plus qu’elle y parle de Nice, de son haut-pays. Ce pourrait être vrai. On a envie que cela le soit. On tourne les pages. Et on est presque déçu qu’il y ait une fin. Mais Pauline Maurenc nous rassure: elle écrit la suite. Merci.

C’est votre premier roman. Qu’est-ce qui vous a décidé à écrire?
Il y a sept ans, un peu comme dans le livre, j’ai décidé que je devais partir à New York. C’était pour rejoindre une amie à qui on avait découvert trois cancers et je me suis dit: "Si ça m’arrivait, qu’est-ce que je regretterais de n’avoir pas fait dans ma vie ?"

Je suis donc parti pour trois mois à New York et je suis tombée exactement dans la chambre que je décris dans le livre.

"Je voulais partager, en écrivant, l’aventure ébouriffante que j’ai vécue à New York."

New York a donc été le déclic?
À la fin de mon séjour, je suis allée proposer mes services à l’université de New York où j’ai finalement donné des cours.

J’avais quand même pas mal de temps libre et je voulais partager, en écrivant, l’aventure ébouriffante que j’ai vécue dans cette ville.

Et puis, un jour, un ami italien est devenu aphone, comme ça du jour au lendemain. Je lui ai demandé: "À qui ne veux-tu pas parler?" De là, j’ai tiré des fils, j’ai imaginé des histoires, j’avais envie de les raconter et cela est venu petit à petit.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant la voix dans votre livre?
Parce que l’on reconnaît quelqu’un à sa voix. Regardez, Jean-Pierre Marielle ou Jeanne Moreau, on les reconnaissait sans les voir. Dans notre entourage, c’est pareil. La voix c’est vraiment une signature.

Dans ce roman vous avez aussi voulu nous dire qu’une femme de cinquante ans peut encore faire l’amour...
Ah ben oui, bien sûr! Heureusement, d’ailleurs.

C’est une réponse à Yann Moix?
Le hasard fait que mon roman arrive après ce qu’il a dit mais je travaille là-dessus depuis six, sept ans. Cela ne m’intéresse pas de répondre à Yann Moix.

"Plusieurs femmes de mon entourage m’ont dit être amoureuses de Paul et que cette lettre-là est extraordinaire."

Pourquoi Lucy et Paul (les deux protagonistes du roman) se vouvoient?
Je pense que c’était logique par rapport au personnage masculin de Paul qui est quelqu’un de très particulier: il tient les gens et les choses à distance, y compris dans les histoires ultra-passionnelles comme celle-là. En fait, c’est plus fort que lui.

Il y a un e-mail d’amour que Paul écrit à Lucy. C’est le mail que toute femme aimerait recevoir?
Ah oui. Certaines personnes m’ont dit: "C’est la plus belle lettre d’amour qu’un homme peut écrire à une femme".

Et comment une femme a pu écrire ce mail?
(Rires) Je ne sais pas. En revanche, je peux vous dire que plusieurs femmes de mon entourage m’ont dit être amoureuses de Paul et que cette lettre-là est extraordinaire.

Je pense que j’y ai mis une grande exigence sur le style et une capacité de concentration probablement forte. J’y ai passé trois semaines: je l’ai écrit, réécrit, ré-réécrit... il fallait que ce soit bien équilibré et que les mots soient justes.

À propos de Paul et Lucy, ils sont un peu compliqués quand même. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent vraiment...
Parce que c’est un roman sur l’indécision. Ça passe par des petites choses comme ne pas choisir un plat sur la carte d’un restaurant, ou des choses de fond comme hésiter entre études d’histoire ou études de lettres.

C’est quelque chose de très profond qui est lié au thème de l’identité. On pousse Lucy à savoir qui elle est et cela ne l’intéresse pas: c’est une femme qui est en porte-à-faux par rapport à son époque.

Je ne crois pas à ces personnes très à la mode, dérivées du storytelling publicitaire ou des ateliers d’écriture avec des personnages carrés, qui savent ce qu’ils veulent, où ils vont etc. Dans la vie, ça ne se passe pas du tout comme ça.

"À New York en particulier, j’ai rencontré des personnages vraiment dingues."

Tout au long du roman, vous citez des chansons de Leonard Cohen. Pourquoi?
C’est un de mes chanteurs préférés et vous conviendrez qu’il avait une voix en dehors du commun. Comme il disait lui-même: "Cinquante mille cigarettes". Sa voix, son parcours, ses chansons me touchent profondément.

Il y a un personnage, fictif cette fois-ci, bien barré : Tiwaka, une chamane au visage peint en bleu avec des plumes. Mais où êtes-vous allée la chercher?
(Rires) À New York en particulier, j’ai rencontré des personnages vraiment dingues. Je pense que Tiwaka est une synthèse de tous. J’ai rencontré des chamanes indiens et puis des avocats ou des banquiers qui avaient eu une révélation.

Moi-même, j’ai fait un voyage en Inde où j’ai rencontré des gens un peu barrés, mais c’était intéressant de comprendre comment ils étaient devenus comme ça... C’est très étrange en fait.

J’ai d’ailleurs parlé avec eux de cette histoire de voix, de gens qui la perde puis la retrouve. Mais la voix, ce n’est pas la parole. Pour la retrouver, il faut être en accord avec ce qu’on est, il faut être propre dans son corps en quelque sorte.

"Je travaille beaucoup mais c’est tellement amusant d’inventer. Là, je suis en train d’écrire la suite de ce roman, cinq ans après."

Vous avez quitté Nice à l’âge de vingt ans...
Oui mais je reviens souvent...

Certes, mais appréciez-vous les Niçois? Car il y a quelques petites piques dans votre roman, y compris contre l’OGC Nice...
Ah merci de me donner l’occasion d’éclaircir ce point: je n’y comprends rien au football mais c’est dans un supplément de L’Équipe que j’ai lu que les supporters de Nice n’étaient pas forcément les meilleurs.

C’est une anecdote: j’ai mis cela et d’autres choses pour la nécessité du roman.

Vous avez visiblement pris beaucoup de plaisir à écrire ce premier roman. Et maintenant? Et après?
Je continue à travailler. Vous savez tout ce que j’ai fait, durant les trente dernières années, a toujours été surprenant. Je n’ai pas eu l’impression de travailler car c’était passionnant. J’ai d’ailleurs inventé un verbe: je "tramuse", pour travailler et s’amuser.

Quand j’écris, c’est pareil: je travaille beaucoup mais c’est tellement amusant d’inventer. Là, je suis en train d’écrire la suite de ce roman, cinq ans après.

J’aimais trop ces personnages et je n’ai pas voulu les laisser car ils m’ont fait du bien: j’ai exploré des univers qui m’intéressaient comme le théâtre, le chamanisme ou les histoires de libraires créées par des Russes à la fin du XIXe siècle vers le cours Saleya.


À ceux qui se croisent.
Pauline Maurenc. Éditions Robert Laffont.
480 pages. 22 euros.


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