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INTERVIEW. Estelle Lefébure: "J’estime que j’ai beaucoup plus qu’un homme"

Mis à jour le 18/12/2019 à 17:59 Publié le 27/12/2019 à 09:00
« Ma fille est la personne que je peux regarder le plus sincèrement, avec le cœur ouvert. À qui je vais pouvoir me livrer davantage », explique Estelle Lefébure à propos d’Ilona Smet, sa fille aînée, qui a illustré le livre.

« Ma fille est la personne que je peux regarder le plus sincèrement, avec le cœur ouvert. À qui je vais pouvoir me livrer davantage », explique Estelle Lefébure à propos d’Ilona Smet, sa fille aînée, qui a illustré le livre. Ilona Smet

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INTERVIEW. Estelle Lefébure: "J’estime que j’ai beaucoup plus qu’un homme"

En 2015, le top model s’est lancé dans le conseil bien-être. Soixante-treize mille livres vendus de sa méthode Orahe plus tard, Estelle Lefébure vient d’en sortir le volume 4 : "Vivre au rythme de son cœur", illustré par les photographies de sa fille aînée. Jusqu’au 2 janvier, on peut aussi revoir sa participation à l’émission "Rendez-vous en terre inconnue au Kenya", d’où elle est revenue transformée.

Le monde entier l’a découverte toute jeune, vêtue d’une simple chemise blanche au côté de Linda Evangelista et Christy Turlington sur une plage de Malibu. C’était en 1988 et ce cliché en noir et blanc, signé Peter Lindbergh, allait révolutionner la photo de mode.

Lancer aussi plus d’une carrière de top. Trente ans plus tard, Estelle Lefébure reste l’une des représentantes hexagonales de ces super models des années 1990. A cinquante-trois ans, après s’être essayée à la comédie et à l’animation, cette valeur sûre de la publicité cosmétique semble aujourd’hui s’épanouir dans le conseil bien-être.

L’ancienne belle-fille de Johnny Hallyday (elle a été mariée à David Hallyday de 1989 à 2001) – sur lequel elle ne souhaite d’ailleurs pas s’exprimer – s’est lancée, en 2015, dans le coaching santé.

Après trois premiers ouvrages écoulés à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, celle qui fût un temps résidente monégasque, et vit aujourd’hui «entre Paris et la campagne», invite ses lecteurs à prendre soin de leur cœur.

Ce livre est le quatrième d’une série. Finalement, qu’est-ce que c’est que cette méthode Orahe?
C’est une méthode simple pour pouvoir prendre soin de soi, des autres. Et pouvoir réaliser que toute personne peut se sentir bien. C’est du bon sens, des conseils. Beaucoup de recherches aussi, de rencontres que j’ai faites, d’expériences.

C’est un condensé de tout ça mis à la disposition des lecteurs et des lectrices.

Le coaching, une bonne reconversion pour les stars et les mannequins?
Vous trouvez? Je n’en connais pas trop, à part Elle Macpherson, qui fait sa potion pour se sentir mieux… [on cite entre autres l’actrice Gwyneth Paltrow, ndlr] C’est vrai, bien sûr.

Mais dans la génération de mannequins avec qui j’ai travaillé, je n’en connais pas.

Pourquoi y a-t-il, tout de même, toujours ce lien entre beauté plastique et bien-être personnel?
Je ne sais pas s’il y a un lien. Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’en tant que mannequins on a, depuis notre jeune âge, en tout cas depuis que l’on a commencé à faire ce métier, pris l’habitude de prendre soin de nous, de notre corps, notre peau.

On a appris à faire attention, à avoir une certaine hygiène de vie. Ceci dit, pour moi, cela porte surtout sur l’intérieur. La beauté extérieure n’est pas ce qui m’intéresse, l’important, c’est de prendre soin de son intérieur. Et on sait aujourd’hui qu’il y a un lien entre la tête, les émotions, la santé et tout le reste.

Une femme sur trois peut mourir d’une maladie cardio-vasculaire. C’est énorme. C’est la première cause de mortalité chez les femmes et on ne le sait pas.

Dans ce tome-là d’ailleurs, vous vous intéressez au cœur…
Absolument. Vivre au rythme de son cœur, c’est l’écouter. L’organe d’abord. Je sais, grâce à la Fondation Recherche cardio-vasculaire (1) dont je suis l’ambassadrice, que, malheureusement, une femme sur trois peut mourir d’une maladie cardio-vasculaire. C’est énorme.

C’est la première cause de mortalité chez les femmes et on ne le sait pas. Il a besoin de plus de recherches sur ce sujet et pour cela, c’est important d’en parler, de véhiculer l’idée qu’il y a aussi des choses à faire en matière de prévention. J’aime assez les médecines asiatiques ou l’ayurvéda, parce qu’elles travaillent justement sur la prévention.

Voilà ce que je dis dans mes livres : si vous avez envie d’aller dans ce sens, voici mes conseils, voici ce que j’ai appris et que je partage avec vous.

Dans vos livres, vous vous adressez clairement aux femmes, non?
Oui, c’est vrai que j’ai essentiellement un public de femmes et c’est pour cela que j’ai une certaine sensibilité par rapport à elles. Mais j’ai aussi des lecteurs, si si ! ça ne leur est pas interdit, ça leur est même conseillé… (rires)

Vous regrettez, dans ces pages, que “De nos jours, les femmes n’osent parfois plus être féminines, sensuelles” et revenez plusieurs fois sur cette facette-là de la féminité. Iriez-vous à contre-courant des discours essayant, justement, de détacher les femmes de cette image?
Vous pensez que je vois juste la femme sensuelle et séductrice? Non. Je ne parle pas, en effet, de la force des femmes, de tout ce qu’elles peuvent faire, mais on est d’accord là-dessus, bien sûr! Je ne vois simplement pas pourquoi on devrait enlever le côté séducteur et, surtout, pourquoi tout cela ne pourrait pas être complémentaire. Même chose pour les hommes, d’ailleurs!

Évacuer la séduction entre nous, c’est bien dommage. C’est perdre quelque chose, je crois. Avec tout ce que l’on dit aujourd’hui, on rentre dans une ère aseptisée et je ne suis pas sûre qu’au fond, on soit gagnantes.

Mais pourquoi «les femmes n’osent plus être féminines»?
Parce qu’elles ont peur de certaines réactions peut-être. Des réactions de certains hommes, de celles d’autres femmes aussi. Je crois que c’est dommage de perdre cette féminité et de vouloir être sur tous les plans comme un homme. Moi, je suis très fière d’être une femme, je n’en demande pas moins le respect et mes droits. Je dirais même plus : j’estime que j’ai beaucoup plus qu’un homme!

Qu’est-ce que vous avez en plus?
Et bien... je peux mettre au monde un enfant, déjà! (rires)

Ce livre est illustré par votre fille aînée. Pourquoi était-elle mieux placée qu’un photographe de mode ou d’art?
Parce que ma fille est la personne que je peux regarder le plus sincèrement, avec le cœur ouvert. à qui je vais pouvoir me livrer davantage. Parce qu’il y a entre nous une intimité que l’on pouvait partager. Cela me paraissait logique pour Vivre au rythme de son cœur.

Vous qui avez été immortalisée par les plus grands photographes, vous êtes-vous vue différente ici?
Différente non, mais le moment l’était. Pendant ces prises, c’était joli de voir le regard de ma fille sur moi, le regard professionnel d’ailleurs, car elle a vraiment un œil de photographe. Il y avait quelque chose de très sérieux et de très direct. Ça, c’était différent : c’était plus direct qu’avec un autre photographe! La première ou la deuxième prise était la bonne et ça, c’est rare.

« Évacuer la séduction entre nous, c’est bien dommage. C’est perdre quelque chose, je crois », insiste Estelle Lefébure.
« Évacuer la séduction entre nous, c’est bien dommage. C’est perdre quelque chose, je crois », insiste Estelle Lefébure. Ilona Smet

Vous avez récemment participé à l’émission Rendez-vous en terre inconnue (2), auprès des Samburu au Kenya. Qu’y avez-vous découvert?
J’ai découvert trois femmes extraordinaires, d’une force incroyable, très solidaires surtout. Les femmes étaient au cœur de cette communauté, avec un grand rôle, même si les hommes, dans cette culture, décident beaucoup. J’ai découvert des femmes pour qui les mots ont une valeur. Solidarité ou amitié veulent vraiment dire quelque chose chez elles. Ça, c’est assez rare chez nous.

Ça arrive... mais c’est rare. Il faudrait qu’on prenne davantage exemple!

Derrière l’écran, on se demande comment se fait la communication dans ces cas-là. La langue reste-t-elle une barrière ou finit-elle par se faire oublier?
Sur place, nous avions deux traducteurs, français-swahili puis swahili-samburu puisque ces femmes parlaient leur dialecte. C’était assez compliqué, imaginez quelqu’un en face, qui attend les deux traductions pour avoir la possibilité de me répondre et puis, même chose pour moi ensuite. Pendant tout ce temps-là, qui est long, on doit se regarder. L’échange se fait avec les yeux.

C’est extraordinaire ce que l’on apprend comme ça! Ce que l’on ressent sans parole. On a beau ne pas avoir le même langage, on comprend plein de choses. Et ça, alors là, chez nous... Ça n’existe plus, mais alors, plus du tout!

On ne se regarde plus assez?
Faîtes l’expérience lors d’un dîner, vous verrez! Vraiment. Les gens ne se regardent plus quand ils parlent. Les yeux fuient toujours, à droite, à gauche. Ça aussi, c’est bien dommage.


1. www.fondation-recherche-cardio-vasculaire.org
2. Diffusée le 3 décembre sur France 2, l’émission a rassemblé 3,7 millions de téléspectateurs. Elle est disponible en replay jusqu’au 2 janvier sur www.france.tv


Vivre au rythme de son cœur. Estelle Lefébure.
éditions Flammarion.
180 pages. 19,90 euros.


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