"À mon époque, nous ne refusions jamais un patient": les confidences du médecin Loïc Le Gall en dédicaces à Roquebrune-Cap-Martin

Loïc Le Gall a profité d’une séance de dédicaces à Roquebrune-Cap-Martin pour livrer son sentiment sur un métier qu’il affectionne tant, avec beaucoup de philanthropie. Rencontre.

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L. BOXITT Publié le 03/01/2023 à 13:30, mis à jour le 03/01/2023 à 10:43
Les droits d’auteur du livre seront reversés à l’assocation caritative Les Cœurs du Campanin. Photo DR

Médecin, Loïc Le Gall était l’invité de la librairie Les Mandarins, le dernier jour de l’année 2022. Il a dédicacé son ouvrage Sourire d’Hippocrate aux éditions AHA (10 euros). La recette sera intégralement reversée aux Cœurs du Campanin. Achats possibles aux librairies des Mandarins et de la presse ainsi qu’au cabinet médical, 15 rue de la République à Menton.

L’idée du livre, quelle est-elle?

Tout au long de ma vie professionnelle, j’ai souvent vécu des situations cocasses ou drôles qui amusaient ma famille ou mes amis lors de soirées ou de dîners. À ma retraite, pendant le confinement, j’ai eu l’idée d’en faire un livre en excluant tous les situations dramatiques que rencontre tout médecin. En cette époque de morosité, n’est-il pas réconfortant de pouvoir sourire? Toutes ces anecdotes sont strictement authentiques. Il s’agit donc d’une suite de petites histoires insolites. Le livre décrit également la vie quotidienne d’un médecin de famille au siècle dernier, dans son cabinet ou lors des visites à domicile, et permet de voir combien la pratique a changé en quarante ans.

En quoi la pratique a-t-elle changé?

Dans les années 1980, nous faisions beaucoup de gardes de nuit et de week-end. Celles-ci commençaient à 14h le samedi et se terminaient le lundi matin à 8h, comprenant Menton, Roquebrune-Cap-Martin et les villages alentour, soit environ 50.000 habitants. C’était exténuant, pas de téléphone portable, pas de GPS, et même les ascenseurs étaient rares. Il fallait avoir une bonne santé! Une des révolutions dans notre pratique a été le développement de l’informatique qui nous a beaucoup simplifié la vie. Les progrès de l’imagerie ont aussi remarquablement amélioré les diagnostics. Sur le plan thérapeutique, la trithérapie dans le SIDA a sauvé des millions de malades. Il y a eu des avancées importantes en cardiologie ou encore l’hypercholestérolémie.

Comment jugez-vous la pratique des nouvelles générations?

Comme je l’ai dit précédemment, les conditions d’exercice étaient plus difficiles, nous étions très disponibles et ne refusions jamais un nouveau patient. Le temps d’écoute était peut-être plus long. C’était une médecine plus humaine, moins technicienne, où l’examen clinique était essentiel et nos mains faisaient souvent le diagnostic en utilisant moins d’examens complémentaires. Mais je suis sûr qu’il y a des médecins qui soignent toujours à l’ancienne.

Que pensez-vous des grèves actuelles?

Elles sont parfaitement justifiées. Nos honoraires restent dérisoires. Je pense simplement que la période d’hiver n’est peut-être pas la meilleure période, vu la situation très tendue des hôpitaux.

Vous avez choisi de reverser vos droits d’auteur à une association caritative...

J’ai un ami qui fait partie des cadres de l’association Les Cœurs du Campanin, épicerie solidaire bien connue des Mentonnais. Il m’a fait part des difficultés immenses qu’il rencontrait pour satisfaire une population défavorisée de plus en plus nombreuse, avec des moyens toujours plus limités. J’ai décidé que les ventes de mon livre seront reversées exclusivement à cette association qui en a tellement besoin.

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