Une septuagénaire volait l’argent d’une octogénaire à Monaco

8 000 euros auraient disparu au domicile d’une dame de 88 ans en Principauté. La retraitée monégasque de 76 ans, condamnée à trois mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Monaco, devra rembourser.

Article réservé aux abonnés
JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 01/11/2022 à 16:20, mis à jour le 01/11/2022 à 16:53

Le troisième âge serait-il rattrapé par la délinquance ? C’est, en effet, une affaire de vol par une pensionnée monégasque qui a retenu l’attention du tribunal correctionnel de Monaco. Il s’agit d’une septuagénaire qui a soustrait frauduleusement quelque 8 000 euros estimés au cours de ses nombreuses visites amicales chez une compatriote octogénaire résidant dans le même immeuble au Jardin exotique. Toutes deux étaient absentes à l’audience sans que l’on sache donc l’influence de ces actes sur leur relation amicale.

Démasquée par la vidéosurveillance installée par le fils

Des éléments de l’enquête, rappelés par le président Florestan Bellinzona ne révèlent aucun soupçon ni attitude de colère du côté de l’octogénaire. Pas plus de conséquence… Mais une logique formelle. Dès l’instant où il manquait de l’argent, les retraits étaient plus fréquents, sans se poser de questions.

Ces ponctions financières auraient pu s’éterniser bien au-delà des mois constatés (novembre et décembre 2021, janvier 2022), mais le fils de la victime doutait des capacités de sa mère à faire des dépenses voluptuaires.

Il installait un système de vidéosurveillance dans la pièce où les billets étaient déposés. Les images montraient la voisine de 76 ans et récente amie en train de dérober l’argent dans un placard. Jusqu’à quatre reprises les deux derniers jours, où six billets « Renaissance » (d’une valeur de 50 euros) disparaissaient à chaque fois.

Plainte, perquisition, enregistrements vidéo… Confrontée, la prévenue reconnaissait les faits et estimait la totalité des sommes volées à 4 000 euros tout au plus. Pour Me Thomas Brezzo, « ce dossier est incompréhensible, car on imagine mal comment une personne peut basculer dans la délinquance à un tel âge. Et nauséabond, car la prévenue a abusé de la confiance de sa copine voisine. »

« Après tant d’années sans aucune histoire »

S’ensuit une pointe d’esprit (ou d’ironie) de la part de l’avocat pour présenter les demandes de la partie civile associées à la réalité des faits. Avec une manière insolite d’en démontrer surtout les aspects absurdes : « Elle a utilisé le tiroir de cette dame âgée ! Comme s’il s’agissait d’effectuer des retraits auprès d’un distributeur automatique de billets sans débit successif. S’il est difficile de chiffrer au plus juste le préjudice financier, entre 6 000 et 8 000 euros, un préjudice moral est évident : 2 000 euros. »

En défense, Me Charles Lécuyer, a essayé de relativiser la situation, tout en reconnaissant son incompréhension face à une cliente qui, « après tant d’années sans aucune histoire, s’est mise à voler sa voisine, alors qu’elle n’était pas visiblement en difficulté financière. »

À l’issue d’un temps suffisant pour délibérer, le tribunal a condamné la septuagénaire à une peine de trois mois d’emprisonnement assortie du sursis. Elle devra rembourser, tous préjudices confondus, la somme de 8 500 euros.

Au cours de ses réquisitions, le premier substitut Valérie Sagné a abondé dans le même sens que la partie civile : « C’est moche de profiter de la gentillesse de sa voisine, a reconnu la parquetière. On va chez elle pour passer du temps et profiter sournoisement d’aller aux toilettes pour subtiliser un billet de 50 euros par-ci par-là. C’est d’autant plus incompréhensible, la prévenue n’était pas dans le besoin. Elle perçoit une pension de mensuelle de 1 600 € pour un loyer de 270 €. Je tiens compte qu’il s’agit d’une primo-délinquante. Mais la peine ne pourra pas être néanmoins inférieure à quatre mois d’emprisonnement assortis du sursis. »

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.