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Une retraitée relaxée à Monaco malgré des soupçons de délit de fuite

Une retraitée s’approche de la barre. Elle doit répondre devant le tribunal correctionnel d’un délit de fuite à la suite d’un accrochage entre un véhicule et un scooter, le 15 janvier dernier.

Jean-Marie FIORUCCI Publié le 28/06/2021 à 14:41, mis à jour le 28/06/2021 à 14:42
Le tribunal correctionnel de Monaco. Photo archives Michael Alesi

Plus précisément, il est reproché à cette sexagénaire d’avoir ralenti quand l’accident a eu lieu dans un périmètre délimité par les accès au tunnel Rainier-III, au CHPG et à la dorsale. Puis d’avoir redémarré aussitôt... Sans se préoccuper du pilote à terre après avoir été percuté par l’autre conducteur.

Soupçonnée de s’être dérobée devant sa responsabilité, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle force la prévenue à s’expliquer.

Mais cette résidente du Cannet n’a aucune intention d’avouer la moindre faute. D’autant qu’elle sortait de l’hôpital. Et tenir sa droite en conduisant est une de ses règles d’or. "J’ai ralenti, affirme cette dame, parce que j’ai bien aperçu une voiture et un deux-roues. Je n’ai évidemment pas fui. D’ailleurs, aucune trace de choc ou rayure a été constatée sur mon automobile".

elle admet du bout des lèvres qu’elle l’a peut-être frôlé

Le président revient à la charge en brandissant les preuves de la vidéosurveillance. Ces images ont pour fonction de cafter les faits réels. Et de pointer quelques incohérences, comme la proximité tellement rapprochée au moment de l’accident, laissant croire que la prévenue n’est pas totalement étrangère à un éventuel frottement tendant à déséquilibrer le pilote du scooter.

 

Alors, la retraitée admet du bout des lèvres qu’elle l’a peut-être frôlé... "Mais sans m’en rendre compte précise-t-elle rapido-presto. Une chose est sûre: je n’étais pas impliquée dans cet accrochage J’ai entendu du bruit, mais avec une vision de l’accident de loin..."

Des réquisitions mi-figue, mi-raisin renvoient à un constat mitigé.

Il y a deux infractions énumère le premier substitut Julien Pronier: une amende à 50 euros pour le franchissement de la ligne continue.

Et le délit de fuite?

 

"Ni photo ni autre élément, estime le parquetier, prouve que Madame aurait dégradé le véhicule. Pour le scooter, il y a bien une facture de 3.348 euros présentée par la victime, mais intégralement remboursée par l’assureur. C’est l’élément matériel. Sans pour autant démontrer que la conductrice avait pris la fuite. Relaxez-la pour ce délit et conservez uniquement la contravention à 50€."

Une voie royale pour la défense qui permet à Me Lionel Carles, du Barreau de Nice, de rebondir. Sa cliente roulait très lentement. La vidéo ne montre pas l’accrochage masqué par un poteau. "Cette personne se présente avec sa bonne foi, conclut-il. Outre l’élément matériel, l’élément intentionnel n’existe pas. C’est la raison pour laquelle je plaide la relaxe."

Dans sa grande mansuétude, l’avocat concédera le franchissement de la ligne continue. Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public.

* Assesseurs: Mmes Aline Brousse et Virginie Hoflack.

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