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Une infirmière libérale condamnée pour violences à Monaco

Mis à jour le 02/04/2021 à 22:42 Publié le 02/04/2021 à 22:21
Sans l’enregistrement de l’auxiliaire de vie, le comportement de l’infirmière n’aurait jamais été remis en cause. (Archive N.-M.)
Monaco-matin, source d'infos de qualité

Une infirmière libérale condamnée pour violences à Monaco

Au moment d’administrer des médicaments à une dame de 101 ans et face à son refus, la soignante s’était mise en colère. La scène avait été enregistrée par une auxiliaire de vie

Une infirmière libérale de Beausoleil a comparu une seconde fois devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences verbales sur personne vulnérable. À l’audience du 30 novembre dernier, le jugement avait été justement reporté afin d’écouter un enregistrement audio révélé et capté par une auxiliaire de vie avec son téléphone portable. Un témoignage édifiant, particulièrement instructif pour comprendre le comportement inapproprié de la soignante le 14 décembre 2019. Ses propos arrogants et autoritaires, vociférés pendant vingt-cinq minutes sur la bande-son diffusée dans le prétoire, ont démontré son irritabilité pour une unique raison: la malade, décédée le 13 juin dernier à 102 ans, refusait de prendre ses médicaments.

"Avalez ces médicaments ou je vous les mets dans la bouche!"

Dans ce dialogue de sourds, où alternent en permanence injonction, sommation, intimidation, complainte, peur, rejet, on éprouve à la fois de l’horreur pour la quadragénaire et une pitié excessive, presque de la faiblesse, pour la centenaire.

"Avalez ces médicaments ou je vous les mets dans la bouche! Obéissez-moi! Vous ne m’écoutez pas! Je ne bougerais pas tant que vous ne les avez pas pris! saisit-on au passage d’une part. Laissez-moi tranquille! Arrêtez! Non, non et non, je ne les prendrai pas! perçoit-on en réponse sur le ton du gémissement.

Doit-on observer qu’il n’est pas toujours facile de composer avec des personnes très âgées en proie à des phénomènes de régression à la fois psychiques et intellectuels, entraînés par la sénescence?

Même si on ressent de l’exaspération vis-à-vis de ces aînés, il faut être patient, les respecter. Dans cette optique, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, visiblement choqué, à l’intention de faire réagir la prévenue. Il s’enquiert de ce qu’elle éprouve face à son comportement avec le recul. "Cela me désole d’entendre ce que j’ai fait, confesse l’infirmière. J’étais fatiguée. C’est la première fois que cette dame était dans un tel état"...

Le premier substitut Cyrielle Colle prend le relais et rappelle à voix intense que la soignante a disjoncté au bout de trois minutes.

Deux mois de prison avec sursis

"Pourtant cette personne ni ne vous agresse, ni s’oppose. Et vous continuez de hurler. Votre comportement est inacceptable. Sans l’enregistrement, on n’aurait jamais cru qu’une victime pouvait subir autant de violences. Vous présentez soixante attestations de patients confiants qui louent vos compétences. Mais votre moralité était inadaptée pour la centenaire. La forcer jusqu’à mettre les médicaments dans la bouche: c’est dangereux. La menacer de l’attacher au lit: c’est de la maltraitance. C’est inacceptable! On est sur des faits graves. Quatre mois d’emprisonnement assortis du sursis est une peine adaptée".

Le tribunal a reconnu la prévenue coupable et l’a condamnée à deux mois d’emprisonnement avec sursis. En revanche, la décision n’apparaîtra pas sur son casier judiciaire afin de ne pas assombrir l’avenir professionnel de l’infirmière.

* Assesseurs: MM. Adrien Candau et Ludovic Leclerc.

 

"Ma cliente est tombée dans un piège"

La défense, le verbe haut, l’avocat a bien l’intention de dénoncer un lâche règlement de compte, dont est victime sa cliente. Ses ennuis, sa comparution seraient l’aboutissement d’une délation pour l’avocat, indifférent aux convenances. 

Toutefois, Me Thomas Brezzo, pétri de sentiments humains, reconnaît « une écoute insoutenable avec des implorations graves ».
Puis il repart à la charge.

"L’enregistrement n’a pas été effectué pour dénoncer la maltraitance. C’est un instrument de vengeance. Il est l’équation ruminée d’un différend entre l’infirmière et l’auxiliaire de vie. Ma cliente est tombée dans un piège. L’autre personne, absente à l’audience, voulait se payer sa tête. Mais ce jour-là, une contrariété a mis la malade d’humeur revêche et empoisonné la relation".

"Comment aurions-nous réagi face à une personne d’un certain âge, dont la prise de médicaments était obligatoire pour un bon état de santé? On retient ce seul jour où ma cliente a déraillé. Elle aurait dû partir et laisser la victime avec un risque d’AVC ? Vous ne voyez pas les éléments affectifs. Mais n’écartez pas ceux intuitifs. Ne sanctionnez pas cette professionnelle de santé devant les autorités administratives. N’inscrivez pas la condamnation sur son casier. Pensez à une peine proportionnée".

Offre numérique MM+

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