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Une famille de Sospel séquestrée pour un coffre J'ai alors entendu " Il faut la ligoter "

Mis à jour le 16/10/2018 à 05:24 Publié le 16/10/2018 à 05:24
L'affaire s'est déroulée dans une propriété agricole du village de Sospel.

L'affaire s'est déroulée dans une propriété agricole du village de Sospel. archives/Eric Dulière

Une famille de Sospel séquestrée pour un coffre J'ai alors entendu " Il faut la ligoter "

La maman a été attachée et retenue avec ses filles de 4, 11 et 17 ans. Une demi-heure d'horreur. Les auteurs présumés comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Nice

Un calvaire de plus de trente minutes. « Et vous savez, les minutes sont longues dans ces cas-là », sourit tristement Sandy Kost, 34 ans, tremblante. Le 7 août dernier, elle se trouvait à son domicile, « La bastide des oliviers », une propriété agricole de Sospel. Elle y produit, avec son compagnon Yoann Pecqueur, de l'huile d'olive, des fruits, du miel, et élève des poules. Sandy et leurs trois filles, Alicia, 17 ans, Victoria, 11 ans, et Lindsay, 4 ans, vont alors vivre un cauchemar (lire ci-dessous).

Les auteurs présumés des faits comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Nice présidé par Guillaume Saint-Cricq. Un casting assez étonnant : deux militaires basés à Canjuers dont un originaire de Nice, un agent GRDF de Menton, un bagagiste de Marseille et un homme travaillant sur les marchés de la cité du citron.

Tous ont été interpellés dans un vaste coup de filet s'étendant entre Nice, Marseille et Menton. Le box était presque trop petit hier. Certains reconnaissent l'intégralité des faits - un des deux militaires veut être condamné pour « tourner la page » - d'autres non. Face à eux, sur le banc des parties civiles, la maman, Sandy Kost et ses trois filles, courageusement venues témoigner. Leur compagnon et père est là dans la salle.

Un différend ancien

Selon le parquet de Nice, c'est un différend ancien qui pourrait être à l'origine de ce cambriolage qui a mal tourné.

L'un des deux commanditaires présumé aurait eu un conflit il y a deux ans avec le compagnon de Sandy, qui vend la production familiale sur le marché du Careï à Menton. Des menaces de mort sont alors proférées, des dépôts de plainte s'ensuivent. La famille se sent sous pression. Le 7 août dernier au matin, une équipe de trois hommes masqués débarque au domicile familial et séquestre Sandy et les trois filles.

Six hommes ont été interpellés mercredi dernier et déférés vendredi. Ils sont poursuivis pour « arrestation, enlèvement, séquestration, vol aggravé et vol avec violences ». Tous à des degrés divers d'implication. C'est la brigade de recherches de la gendarmerie de Menton qui a mené l'enquête, qualifiée de « remarquable » par le parquet.

L'identification d'une voiture et la téléphonie ont permis de remonter le réseau présumé. Le parquet pense avoir réussi à mettre la main sur deux commanditaires, les exécutants et des intermédiaires.

Une affaire étrange qui aurait pu se terminer aux assises, comme l'a rappelé le procureur de la République, Vincent Edel. Tous ont été placés en détention provisoire. L'affaire sera examinée en novembre.

Il semblerait que se soit bâtie, chez ces voyous improvisés - la plupart n'ont pas de casier - une légende sur le contenu du coffre. Peu utilisé, il ne contenait en fait que des manettes de Playstation ...

Selon les victimes, tout serait parti d'un coup de main donné à l'un des hommes présents dans le box, rencontré sur le marché du Careï à Menton. « Nous l'avons hébergé à un moment où il avait besoin d'aide. Il dormait chez nous dans une caravane. Très vite il a voulu nous aider sur l'exploitation. Mais nous n'étions pas en mesure de l'embaucher, un salaire de plus aurait été trop lourd à supporter. »

«C'était il y a deux ans, raconte la maman de Yoann Pecqueur. Très vite, il nous a montré un autre visage, avec des menaces de mort sur le marché où il travaillait aussi. J'ai déposé plainte deux fois. » Il aurait lancé à la maman : «Un jour je monte là-haut, je te tue, je mets ton cadavre à mes pieds, et je te pisse dessus.»

Le 7 août au matin, Sandy Kost se trouve seule à la maison avec ses trois enfants. « Il était 7 h 15, je buvais mon café. ça a toqué à la porte. J'ai d 'abord cru que c'était le chien. » Un homme se présente comme un agent EDF. « Je ne l'ai pas cru. J'allais pour refermer la porte quand deux autres hommes sont arrivés, ils m'ont poussée sur le côté. » Sandy est alors avec sa fille de 4 ans qui dort. En bas se trouvent Victoria et Alicia. « Un est descendu vers la chambre de mes filles, les deux autres sont allés au coffre. Ils savaient ce qu'ils cherchaient. » Selon Sandy, ils lui intiment l'ordre de composer le code. «Si tu fais le code, on ne touche pas à tes enfants. » Elle s'exécute, mais dans la panique, se trompe. Il se bloque. « Je leur dis alors que j'ai une enveloppe avec 400 euros. Je la leur donne. »

En bas, Alicia, la plus grande, raconte : «Un homme est rentré, vêtu de noir avec un bandana qui cachait son visage. Puis il est ressorti. avec ma sœur nous nous sommes levées, ils avaient fouillé la cuisine et le salon. Ils nous ont dit de rentrer dans notre chambre. Un est resté avec nous. Il nous a fait croire que notre petite sœur était seule à l'étage. Il m'a dit qu'il connaissait bien mon père qui travaillait sur les marchés. » Il n'y aura pas de violences. Là-haut, Sandy est en stress maximal. « J'avais peur pour mes filles. »

Elle fait croire aux agresseurs que quelqu'un doit arriver dans les cinq minutes. Plus d'une demi-heure que la séquestration dure. Et ils n'arrivent toujours pas à ouvrir le coffre à la disqueuse. «J'ai alors entendu "Il faut la ligoter". J'ai eu tellement peur ! Je me suis tout imaginé. » Les cambrioleurs lui attachent les poignets avec du ruban adhésif marron de déménagement puis prennent la fuite avec leur maigre butin.

Depuis, Sandy ne vit plus. « Je suis comme en prison chez moi depuis deux mois. Je déplace une table devant la porte pour que personne ne rentre. » Alicia et Victoria frémissent dès qu'elles voient des gens habillés de noir. La petite, qui ne s'est pas réveillée pendant la séquestration, ne semble pas mesurer. Toutes les trois ont eu le courage hier de venir à la barre avec leur mère.

Avec la ferme intention - et le courage exceptionnel - d'y être de nouveau en novembre.


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