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Une escroquerie à la Madoff en Principauté?

Mis à jour le 22/07/2016 à 05:06 Publié le 22/07/2016 à 05:06
Les avocats de la défense (de gauche à droite) Me Yann Lajoux, avec Mes Auréie Chazottes et Jean Tarmalet, du barreau de Paris, espèrent obtenir la relaxe de leurs clients respectifs.

Les avocats de la défense (de gauche à droite) Me Yann Lajoux, avec Mes Auréie Chazottes et Jean Tarmalet, du barreau de Paris, espèrent obtenir la relaxe de leurs clients respectifs. J.-M.F.

Une escroquerie à la Madoff en Principauté?

La justice monégasque délibère actuellement sur un dossier de cavalerie basé sur la « pyramide de Ponzi ».

Il met en cause un consultant financier et un trader de la société Exelyum basée aux Seychelles, repérés pour avoir exercé sans aucun agrément à Monaco. Ils encourent une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement.

En Principauté, l'affaire Exelyum ressemble en tout point à la combine utilisée par Bernard Madoff. Pour donner l'impression de rémunérer les investissements de ses clients à des taux exceptionnels, en moyenne 2 % par mois, cette société des Seychelles utilisait tout simplement l'argent des nouveaux contractants pour payer les anciens. Mais ces contrats mensongers, proposés dans le cadre d'une activité commerciale sans autorisation administrative, ont déclenché une enquête du Sicfin en octobre 2012.

Rapidement, la salle de marché située sur le port Hercule était fermée. Le consultant financier était incarcéré pour escroquerie. Son complice, un jeune trader recruté pour former une équipe, affirmait être innocent et avoir été dupé par son employeur.

Neuf investisseurs à Monaco

Au cours de leur comparution devant le tribunal correctionnel pour avoir défié les lois financières monégasques, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle énumère les infractions reprochées et rappelle : « Vous êtes déjà impliqués dans un dossier de même nature en France. À Monaco, neuf investisseurs vous auraient confié de grosses sommes dans la perspective d'obtenir des rendements élevés promis. Ce n'était pas le cas : les premiers ont été remboursés, les autres n'ont rien eu. En fait, les pertes des clients étaient compensées par l'arrivée d'autres investisseurs, méthode inspirée du système pyramidal. Quel était votre rôle ? »

« Jamais eu de plainte »

Le financier français de 70 ans, par vidéoconférence, - il est actuellement incarcéré à la prison de Luynes, dans les Bouches-du-Rhône, réfute tout placement louche et escroquerie. « Je n'ai jamais pris un seul centime sur les comptes des clients. Il n'y a jamais eu de plaintes. On appliquait les règles des Seychelles, où les sociétés sont offshore et les paiements en liquide possibles. Il n'y a pas de victimes. Comme les comptes ont été bloqués par la justice et l'argent saisi, les intérêts n'ont pu être versés. Quant aux autorisations, si le juge nous avait laissé un mois de plus, nous aurions été en règle. »

Au passage, le financier disculpe son trader, présent à la barre. « Il était formateur et il n'est complice de rien. » Et d'ajouter : « Exelyum Monaco n'existe pas. Il n'y a aucun compte bancaire en Principauté. Tout est aux États-Unis et il y a quelque vingt salles de marché de par le monde. » Le président note enfin que sur son casier judiciaire français apparaît une condamnation du tribunal de Versailles pour escroquerie à cinq ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis.

Le procureur Cyrielle Colle estime que « le prévenu est bien le représentant de la société Exelyum et il n'a respecté aucune condition de la loi monégasque. C'est l'intervention des policiers qui a mis un terme à son action frauduleuse. C'est le seul et unique donneur d'ordres. Vous appliquerez une sanction ferme : deux ans de prison. Quant à son complice, il a été attiré par les paillettes du poste de trader. Il a prêté aide et assistance et il a continué ses activités librement. Comme il a contribué à rapatrier des fonds pour indemniser des victimes, et ses casiers sont vierges, vous prononcerez une peine d'emprisonnement de trois mois assortie du sursis ».

« Ce n'est pas un Madoff français »

Les défenseurs du jeune trader, Mes Jean Tamalet et Aurélie Chazotte, du barreau de Paris, affirmeront que leur client a été « débauché par le responsable financier. Il a été entretenu dans la croyance de réaliser des mirifiques projets. Il a transmis tous les éléments aux premiers soupçons de la justice. Nous sommes convaincus de son innocence. Avec aucun élément à charge contre lui, relaxez-le ».

Pour sa part, Me Yann Lajoux affirmera : « Mon client n'est pas un Madoff français. Cette affaire est un épiphénomène avec de supposées victimes, car toutes ont été indemnisées et il n'y a pas de parties civiles. Il se présente comme un simple consultant. Ecoutez-le ! Il y a d'autres personnes aux manettes. Je suis étonné du manque d'éléments à charge. Tout repose sur des témoignages et rien ne prouve qu'il a perçu de l'argent. Mis en liberté au bout de dix mois en Principauté, il n'est pas l'acteur principal. Relaxez-le et restituez-lui les 150 000 € versés pour sa caution, sa carte de crédit, son véhicule Porsche, le mobilier et le matériel informatique. »

Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au vendredi 26 août 2016.


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