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Une avocate russe condamnée pour avoir volé dans trois boutiques à Monaco

Un blouson, une robe, un gilet et un briquet avaient été dérobés dans divers magasins au mois de novembre. La quinquagénaire a été condamnée avec sursis

Jean-Marie Fiorucci Publié le 07/03/2021 à 20:18, mis à jour le 07/03/2021 à 20:19
La prévenue était absente à la barre à Monaco. Illustration Jean-François Ottonello

L’annonce à voix haute par l’huissier de la prochaine affaire a créé l’émotion dans le prétoire. Comment une auxiliaire de justice a-t-elle pu commettre des infractions aussi graves ? La prévenue est absente à l’audience…
Alors, le rappel des faits par le président Florestan Bellinzona (*) révèle l’ampleur des délits. Retour au 28 novembre 2020. Vers 16 h 20, la boutique Benetton signale la disparition d’un blouson à 384 euros. Les employés se souviennent d’une dame au moment d’entrer dans une cabine d’essayage et d’en sortir sans aucun effet. Aurait-elle passé entre les portiques antivols sans déclencher d’alarme ? Ou l’enseigne en était-elle dépourvue ?


Grâce au signalement, les policiers interceptent une quinquagénaire. Dans le sac plastique ils découvrent le vêtement, une robe et un gilet mêlés en boule avec des habits pour enfants. D’où proviennent ces autres effets ? Tout avait été acheté assure-t-elle. Sans aucune justification ! Impossible de fournir le moindre ticket de caisse. Cette femme aurait l’habitude de ne prêter aucune attention aux reçus remis par les commerçants. Elle était venue en Principauté pour la journée avec la seule intention de faire des emplettes dans les magasins.

"Elle raconte n’importe quoi"


Plus tard, les agents retrouvent la même personne dans la galerie commerciale du Métropole. Ils la surveillent discrètement. Rentrée dans une boutique, elle se saisit d’un briquet à 80 euros, le glisse machinalement dans sa poche, et ressort. Interpellée à nouveau, ses indications ne convainquent pas les fonctionnaires. Cette dame voulait régler l’achat. Mais distraite par une conversation téléphonique elle avait simplement oublié de se présenter à la caisse. Un passage par la Sûreté publique s’imposait.

 


"Au cours de l’interrogatoire, précise le magistrat, ses réponses varient sans cesse. L’âge de ses deux enfants, sa profession, son petit ami… Aucune cohérence n’est établie dans ses explications. À la lecture de son casier judiciaire, la prévenue a déjà été condamnée pour refoulement et vol par le tribunal de Bobigny."

Pourquoi ne fait-elle pas face à la justice pour motiver ses rapines à l’étalage reprochées ? Les antécédents en France de la prévenue confortent le premier substitut Cyrielle Colle dans la culpabilité pour les trois vols.

"Comment croire
à son honnêteté..."


"C’est une mauvaise habitude. Cette personne raconte n’importe quoi sur ses intentions de régler ses achats. On est dans l’intention frauduleuse caractérisée. Comment croire à son honnêteté quand on la voit mettre le briquet dans sa poche ? Vous prononcerez une peine globale pour le trouble causé sur le territoire monégasque."

 


Dans ses réquisitions, la parquetière requiert une peine de deux mois d’emprisonnement assortie du sursis. "Afin qu’elle ne recommence plus de tels méfaits en Principauté", conclut-elle.


Le tribunal, après en avoir délibéré, a limité la sanction à un mois d’emprisonnement toujours assorti du sursis. A-t-il pris en compte la restitution intégrale du butin et l’absence de partie civile à l’audience ?

* Assesseurs : Aline Brousse et Franck Vouaux.

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