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Une association demande à la justice une expertise sur l'état de santé de Moana et Inouk, deux orques de Marineland

Considérant que l’état de santé de deux orques mâles, Moana, 20 ans et Inouk 23 ans, né en captivité au Parc Marineland d’Antibes est préoccupant, l’association One-Voice a demandé ce mercredi au tribunal de Grasse de diligenter une expertise. L’avocate du parc évoque un "discours mensonger".

J. S. Publié le 26/05/2022 à 08:20, mis à jour le 25/05/2022 à 21:38
Des militants de One-Voice devant le Palais de Justice de Grasse (Photo J. S.)

Depuis le 30 novembre 2020, une loi du code de l’environnement précise dans son article 413-12 que "sont interdits les spectacles incluant une participation de spécimens de cétacés et les contacts directs entre les cétacés et le public. Cette interdiction entre en vigueur à l’expiration d’un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la loi".

Mais l’association One-Voice, dont le siège est situé à Strasbourg et qui milite notamment pour le droit des animaux, trouve cette échéance trop lointaine. Elle considère que l’état de santé de deux orques mâles, Moana, 20 ans et Inouk 23 ans, nés en captivité au Parc Marineland d’Antibes s’est dégradé de manière préoccupante.

Demande de retirer les animaux

Elle a donc assigné en procédure de référé du tribunal judiciaire de Grasse, le célèbre delphinarium. Représentée par Me Audrey Singer (Barreau de Marseille) l’association s’alarme, sur la foi de rapports de scientifiques qu’elle a mandatés, de la présence de "lésions tissulaires sous cutanées" pour l’un et de "lésions dentaires chroniques et étendues" pour l’autre. Rapports rédigés à partir de photos ou de vidéos, par des spécialistes dans leurs domaines, chercheurs ou médecins dont certains sont d’ex-dresseurs d’Orques (Seaworld USA).

L’avocate s’insurge notamment "contre une agressivité étonnante du Parc qui n’accorde aucune crédibilité à ces avis, les jugeant provenir de fanatiques anti-captivité". Elle demande "que les animaux soient retirés dans un sanctuaire marin, cessent de participer aux spectacles, car leur état peut être considéré comme critique". D’où la demande de One-Voice de diligenter une expertise auprès d’un cabinet indépendant aux fins de diagnostic.

 

"Un discours mensonger"

Aux intérêts de Marineland, Me Anne Dumas l’Hoir (Barreau de Paris) s’oppose aux arguments du demandeur en invoquant "une demande d’expertise comme un moyen détourné de médiatiser leur action (de l’association, Ndlr)". Le conseil du parc s’insurge "contre de fausses allégations, un discours mensonger". Elle invoque les strictes vérifications réglementaires quotidiennes, la maintenance des bassins optimisées, sous contrat avec Véolia, les soins permanents, permettant d’écarter la douleur et éviter les infections "sans quoi les animaux seraient morts en milieu naturel", les nombreuses et strictes procédures observées par un personnel du Parc (environ 150 personnes) dévoué et qui "se sent insulté par cette procédure consternante". Elle demande le rejet par le tribunal de la demande d’expertise.

Le délibéré sera rendu le 30 juin 2022.

Me Audrey Singer aux intérêts de One-Voice. Photo J. S..

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