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Un trafic d’amphétamines entre Paris et Monaco démantelé

Mis à jour le 08/01/2021 à 06:46 Publié le 08/01/2021 à 06:40
Sous forme de cristaux, le «shabu» est une variante d’amphétamines.	(DR)

Sous forme de cristaux, le «shabu» est une variante d’amphétamines. (DR) DR

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Un trafic d’amphétamines entre Paris et Monaco démantelé

Une petite communauté philippine avait instauré un trafic d’amphétamines entre la région parisienne et Monaco. Les "mules" livraient leurs cargaisons dans un appartement du "Victoria".

En Principauté, police et justice mènent une véritable guerre contre la drogue avec l’adoption d’un régime répressif. Cette coopération a permis de démanteler et de condamner un important trafic d’amphétamines entre la région parisienne et Monaco organisé de 2012 à 2018. Six personnes, en quasi-majorité des Philippins domiciliés à Beausoleil, avaient été interpellées à la suite de dénonciations au cours du premier trimestre 2018. Après une longue et fastidieuse instruction, les prévenus viennent de comparaître devant le tribunal correctionnel.

Les deux principaux fournisseurs ont vu leurs actes répréhensibles durement sanctionnés par de la prison ferme: un an pour un agent d’entretien de 55 ans ; six mois pour un chauffeur de 60 ans. Les quatre autres, des consommateurs, ont écopé de peines d’emprisonnement assorties du sursis: un an pour deux frères, respectivement homme de maison et cuisinier ; dix-huit mois pour un couple de Monaco.

D’ailleurs les deux concubins vont permettre aux enquêteurs de mettre la main sur les trafiquants après leur placement sur écoute.

Des mules de la "drogue de l’amour"

Les amants groupaient non seulement leurs achats de shabu (cristaux d’amphétamines) pour leur propre usage, mais ils recevaient également les "mules" dans leur appartement du "Victoria", sur le boulevard Princesse-Charlotte. Cela facilitait le conditionnement des sachets de "drogue de l’amour" avec l’aide d’un certain "Glou".

Ces consommateurs profitaient-ils à travers la vente de substantiels bénéfices ? À la barre, le Français et son ami philippin ont garanti au président Jérôme Fougeras Lavergnolle qu’ils n’ont jamais revendu le moindre gramme de MDMA. Ils ont toujours cédé cette poudre ressemblant à du sucre glace gratuitement. Aujourd’hui, après dix ans d’addiction, ils ont tout arrêté dès le début de l’enquête au printemps 2018.

Petite moue du magistrat! Car il cherche surtout à démasquer le personnage principal: celui qui pilote l’organisation clandestine.

Neuf heures de débats

Au fil des questions, deux frères n’apportent pas la "bonne réponse" courue. Ils ont bien effectué des achats importants, de 450 euros à 600 euros, concèdent-ils. Mais ils étaient de simples intermédiaires, surtout connus pour travailler en binôme afin de financer leur propre consommation dans le milieu en tant qu’intermédiaires. Il ne reste plus que deux prévenus: l’agent d’entretien et le chauffeur!

Le premier conteste les faits. Il boit pas mal d’alcool. Mais il ne se drogue pas. "On n’a rien trouvé chez moi", lance-t-il au président qui réplique aussitôt: "Des témoins vous présentent comme un consommateur et le livreur-revendeur de Monaco…" Pour le prévenu tout est faux et il ne sait rien de ce maquignonnage.

Le second ? Pire: c’est une tombe. Il nie tout et refuse d’être le boss. Il ponctue toutes les interrogations avec le sempiternel non! Sans ajouter le moindre commentaire. De quoi agacer le magistrat qui pressent pourtant dans ce comportement l’intention de minimiser son rôle.

"Tout le monde vous désigne comme la tête du réseau. Vous étiez en lien avec une dame de Paris, note-t-il, qui fournissait la drogue à Monaco. Vous écouliez les œufs de shabu. Et vous n’avez rien à dire ? Les policiers trouvent à votre domicile 7 750 euros en espèces. D’où vient cet argent ?" L’individu affirme: "C’était pour payer sept mois de loyer. Ça ne provenait pas de l’ecstasy!" Inutile d’étirer plus encore les neuf heures de débats…

"Tout le monde a consommé"

D’ailleurs, la procureure Alexia Brianti évoque dans ses réquisitions "une communauté où tout le monde a consommé, s’est dépanné et a trafiqué dans la banalité quotidienne. Ceux qui reconnaissent les faits, minimisent leurs rôles aussitôt. Quant aux menteurs, avec leurs déclarations fantaisistes, il faut en tenir compte pour quantifier les peines les plus lourdes."

Comme tous les prévenus ont fait de quatre à huit mois de détention provisoire, les sanctions réclamées en tiennent compte et s’échelonnent entre dix-huit mois de prison avec sursis et un an et demi ferme, plus la liberté d’épreuve et l’obligation de soins.

Le tribunal suivra en partie le ministère public avec des condamnations maximales comprises entre dix-huit mois avec sursis et un an ferme. En réalité, détention préventive et remises de peines devraient ramener les délais à la maison d’arrêt pour les deux Philippins à quelque trente jours.

Des peines requises trop lourdes pour la défense

En défense, les avocats sont remontés contre le ministère public : les peines sont trop lourdes. Me Régis Bergonzi a décrit son client français comme un zombi. 

"Il a tout perdu dans cette affaire. Jusqu’à son statut fiscal d’enfant du pays. Ce n’est pas le grand caïd qui s’en est mis plein les poches avec la vente de drogue. Il accueillait les “mules” en échange d’une dose de 1 gramme de shabu. Ne rompez pas sa socialisation…"

Me Clyde Billaud veut une peine utile avec sursis pour les deux frères. "Ils ont perdu toutes les chances de retrouver un emploi à Monaco. Ils ont des difficultés pour travailler en France car ils ne parlent pas la langue. Cette procédure a mis fin à leur consommation. Le travail d’intérêt général serait très utile, mais la loi n’est pas encore adoptée…"

"Est-ce l’opulence d’un chef de réseau ?" Me Raphaëlle Svara s’interroge sur la compétence de la Principauté dans cette procédure pour sanctionner l’agent d’entretien.

"Le ministère public se fonde sur la livraison. Or, rien ne relie le prévenu à Monaco. Les infractions ont été commises uniquement à Beausoleil. Je sollicite la relaxe…"

Enfin, Me Thomas Brezzo trouve ce dossier "particulièrement nébuleux. Le chauffeur serait à la tête du réseau ? Avec un bénéfice de 500 € sur la période, est-on véritablement un trafiquant ? Aujourd’hui, cet homme réside dans une chambre de bonne à Monaco. Est-ce l’opulence d’un chef de réseau?Avec cette condamnation, il risque de perdre son emploi au service de l’orchestre depuis trente ans. Je sollicite votre bon sens. Évitez l’incarcération néfaste…"

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