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Un quadragénaire reconnu coupable de viol sur une étudiante lors d'un entretien d'embauche à domicile

Mis à jour le 09/12/2016 à 05:11 Publié le 09/12/2016 à 07:42
Le tribunal de Monaco.Illustration Palais de Justice de Monaco

Le tribunal de Monaco.Illustration Palais de Justice de Monaco Photo Michaël Alesi

Un quadragénaire reconnu coupable de viol sur une étudiante lors d'un entretien d'embauche à domicile

Le tribunal criminel a reconnu coupable de viol un quadragénaire français. Les faits se sont produits lors d'un entretien d'embauche mené dans son appartement, dans la tour Odéon.

Mercredi soir, au terme de trois jours de procès, un Français de 43 ans a quitté le palais de justice de Monaco pour prendre ses quartiers juste à côté, dans une cellule de la maison d'arrêt de Monaco. Ici, puis dans une prison française, il purgera une peine de sept ans. Ainsi en a décidé le tribunal criminel de Monaco.

"Une excellente décision, prise avec beaucoup de parcimonie compte tenu des faits et de la personnalité très complexe de l'accusé", se félicite Me Régis Bergonzi. "C'est effrayant de voir que l'on envoie un homme en prison pour sept ans sur la base de simples déclarations, sans aucune preuve", s'offusque Me Franck Michel.

Pendant trois jours, le premier avocat a défendu une femme de 30 ans, qui accuse le client du second de viol. Les débats se sont tenus à huis clos total. Sans public ni journalistes. Les deux défenseurs ont accepté, tour à tour, de livrer leurs réflexions et analyses à l'issue du procès.

Entretien d'embauche à domicile

Les faits remontent au mois d'août 2015. Ils se sont déroulés dans un appartement domanial de la tour Odéon. Un deux-pièces d'une soixantaine de mètres carrés, dans lequel vit ce quadragénaire avec sa compagne. Ce jour-là, celle-ci n'est pas présente quand son concubin procède à un entretien d'embauche à domicile. La candidate est une étudiante d'une trentaine d'années qui espère boucler plus facilement ses fins de mois en effectuant des ménages. Une jeune femme asiatique vivant dans la région de Nice.

"Il a commencé par lui proposer un verre de vin, rapporte Me Bergonzi. Elle a refusé. Il lui a ensuite demandé de monter sur un tabouret, le travail consistant notamment à nettoyer la baie vitrée. Elle a voulu se changer pour mettre une tenue plus appropriée, afin qu'il ne voie pas ses jambes. Il a insisté, elle a obtempéré."

Selon l'avocat de la partie civile, l'homme aurait eu la main baladeuse, la défense rétorquant qu'il entendait juste la soutenir par les mollets. C'est alors, d'après l'accusation, que les choses auraient dérapé. La victime parle de violence et d'attouchements, faits constitutifs d'un viol au sens du Code pénal. Ce que conteste l'accusé, par la voix de son avocat.

"Dans cette affaire, c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre, estime Me Michel. Les investigations n'ont pas permis de trouver la moindre trace de coup ni la présence d'ADN. Il n'y a aucun élément matériel dans ce dossier." Et d'estimer: "Je suis persuadé qu'il y a eu un malentendu. Mon client était en présence d'une personne très réservée, qui n'a pas clairement refusé ses avances. Quand il a vu qu'elle n'était pas d'accord, il s'est arrêté."

"Personnalité complexe"

Cet axe de défense et l'absence de preuves tangibles n'ont pas empêché les trois juges et les trois jurés de reconnaître la culpabilité de l'accusé et de retenir la qualification de viol. Sans doute ont-ils pris en compte le contexte de l'affaire, la "personnalité complexe" du quadragénaire.

En fouillant son ordinateur, en perquisitionnant son domicile et en auditionnant de nombreux témoins, les enquêteurs ont découvert les goûts très particuliers de cet homme, "porté sur le sadomasochisme et le besoin de domination", avance Me Bergonzi. L'avocat de la partie civile évoque aussi les dérapages de cet aide-soignant "lors de toilettes intimes pratiquées à des patientes".

"Fantasme"

Un contexte que rejette Me Michel: "Ce n'est pas suffisant pour reconnaître une culpabilité. Un psychiatre a d'ailleurs expliqué à l'audience que ce qui a été trouvé dans son ordinateur relevait du fantasme. Cela ne signifie pas passage à l'acte."

"Je ne m'explique pas cette condamnation, reprend l'avocat défenseur. D'autant qu'avant les plaidoiries, la présidente a suggéré de requalifier les faits en attentat à la pudeur. Dans ce dossier tout particulièrement, j'aurais aimé qu'un appel soit possible. Je trouve choquant qu'à Monaco, on puisse faire appel en correctionnelle mais pas au criminel, comme en France." Son client et lui ont toutefois cinq jours pour former un pourvoi en révision.


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