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Un passeur de migrants coincé à Monaco accuse les policiers de violence

Mis à jour le 07/11/2018 à 08:22 Publié le 07/11/2018 à 08:20
Image d'illustration de migrants dans la vallée de la Roya

Image d'illustration de migrants dans la vallée de la Roya Photo JFO

Un passeur de migrants coincé à Monaco accuse les policiers de violence

Un passeur marocain a été interpellé à Monaco avec à son bord des passagers nigérians en situation irrégulière. Le prévenu refusant de descendre de son véhicule et menaçant les policiers a dû être sorti de force.

Ils n’ont pas pu arriver au bout de leur destination… en Principauté! Dimanche dernier, à 12h50, un véhicule immatriculé dans le Rhône, conduit par un Marocain avec trois ressortissants nigérians à bord, arrive à la place d’Armes pour s’engager sur l’avenue de la Porte-Neuve.

Ces quatre personnes ont l’intention d’aller sur la place du Palais. Mais le cadenas policier empêche tout accès sur cette voie réservée aux seules voitures de Monaco et des Alpes-Maritimes. En plus, les fonctionnaires sont méfiants à la vue de l’automobiliste avec sa longue barbe…

Les agents de faction décident aussitôt de contrôler le groupe. Mais le conducteur refuse de montrer les papiers du véhicule et il n’est pas assuré. Deux de ses passagers sont sans papiers… Comme l’homme au volant n’a pas l’intention d’obtempérer ni de sortir de l’habitacle pour être emmené à la Sûreté publique, les deux policiers en appellent cinq autres en renfort pour l’extraire de force.

S’en suit un flot d’insultes et de menaces répétées à plusieurs reprises qui fourmillent d’indécences graves…

Dès lors, l’intempérant, âgé de 28 ans, artisan dans le bâtiment, a comparu menotté, lundi après-midi, devant le tribunal correctionnel.

"Ce sont des migrants!"

Quand le président Florestan Bellinzona lui demande de s’expliquer sur son comportement, le prévenu, dans un charabia assez incompréhensible, charge, accable les policiers.

"Pourquoi m’ont-ils fait sortir de force? J’étais en règle! Ils m’ont frappé! Ils n’ont pas le droit…"

Le magistrat l’interrompt: "Vous accusez ces personnes assermentées de mentir? Pourquoi vous en voudraient-ils? On vous a sorti manu militari parce ce que vous ne vouliez pas descendre. C’est vous qui décidez?"

Réponse audacieuse: "Oui! Je connais la loi! Ils ne doivent pas me battre. Je ne suis pas un chien!"

Le président recadre le détenu à plusieurs reprises et lui demande de ne pas le tutoyer.

"Les agents vous ont forcé à sortir parce que vous n’aviez pas vos papiers! Et vous transportez trois Nigérians en situation irrégulière que vous avez ramassés à Vintimille. Ce sont des migrants. Vous êtes un passeur! Que faisiez-vous dans la cité frontalière?"

Le prévenu répond qu’il a de la famille et une entreprise en Italie.

"Où habitez-vous dans ce pays?", s’étonne le magistrat. "À Parme!", s’empresse de répondre l’intéressé. "Tiens, ce n’est plus à Villeurbanne…", relève le président.

"Une vision très personnelle de la justice"

Trois policiers plaignants, présents à l’audience, sont indignés par les propos diffamants tenus par le prévenu. "Cet individu nous a menacés de revenir avec ses copains, afin de régler notre compte et foutre le bordel sur la place du Palais. Nous l’avons maîtrisé puis menotté hors du véhicule sans brusquerie. Les termes que nous rapportons sont exacts et nous sommes quatre à les avoir entendus. À aucun moment il y a eu concertation avant nos dépositions. Nous demandons chacun 1.000 euros de dommages et intérêts."

À son tour, le premier substitut Cyrielle Colle développe les faits et met en exergue le déchaînement de violence et d’outrages.

"Monsieur est allé très loin dans ses propos. Pourtant, l’interpellation était légitime de la part des agents. La vidéo démontre des fonctionnaires patients et ils ont négocié longuement. Le prévenu a une vision très personnelle de la justice. C’est intolérable! Inacceptable!" La représentante du parquet requiert une peine de prison ferme. Alors la défense entre en jeu, et note deux versions différentes.

"Cet homme a été choqué par son interpellation, affirme Me Alice Pastor. Il faut s’en tenir à des faits neutres. Ce n’est pas son véhicule. Il appartient peut-être à celui qui héberge mon client. Il y a eu de l’énervement parce qu’on n’a pas voulu le croire. Il n’a jamais été repéré dans les environs. Ce n’est pas un agitateur. Comme il ne reconnaît pas les faits, le doute doit profiter à l’accusé. Relaxez-le ou en cas de peine, il est accessible au sursis comme primo-délinquant!"

L'infraction en tant que passeur n’a pas été retenue contre le prévenu car elle n’existe pas dans le code pénal monégasque. Le tribunal prononcera une peine ferme avec un quantum de huit jours et le versement de l’euro symbolique aux parties civiles.

 


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