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Un Niçois fumait du shit pour soigner sa schizophrénie

Mis à jour le 16/05/2018 à 05:20 Publié le 16/05/2018 à 05:20
Le prévenu : « Ça fait vingt-deux ans que je consomme. J'en ai besoin… »

Le prévenu : « Ça fait vingt-deux ans que je consomme. J'en ai besoin… » Frantz Bouton

Un Niçois fumait du shit pour soigner sa schizophrénie

Habituellement, on considère la passion comme le propre de la vie.

Habituellement, on considère la passion comme le propre de la vie. Quel paradoxe quand on entend ce quadragénaire niçois sans profession. Il a comparu menotté, vendredi, à l'audience de flagrance du tribunal correctionnel. Il lui est impossible d'imaginer une autre adoration que son addiction pour les stupéfiants.

Pour atténuer les effets de sa schizophrénie, prétend-il, il consomme 4 à 5 g de résine de cannabis quotidiennement. Contrôlé le 6 mai dernier, vers 10 h 30, sur son deux-roues au niveau du boulevard Charles-III, le prévenu a remis aux policiers un petit morceau de 4 g de résine de cannabis. Conduit à la Sûreté publique, il avait 20 g de plus dans les poches… pour son « usage perso au cours du week-end ».

« Rien d'illégal »

Mais cette « passion dévorante » a-t-elle réellement un lien avec sa perte du contact avec la réalité ? Pour avoir une information parfaite, les juges avaient prudemment ordonné une expertise psychiatrique. « Finalement, a précisé le président Florestan Bellinzona, l'examen a confirmé une désagrégation psychique. Le cannabis ne fait que l'aggraver. Un délire paranoïde peut vous conduire à des phénomènes hallucinatoires. Au-delà de ces troubles, vous êtes accessible à une sanction pénale. Car les faits ne sont pas en rapport avec la maladie. »

Le prévenu écoute, passif : « Ça fait vingt-deux ans que je consomme. J'en ai besoin… » Le magistrat fait alors les comptes : « Vous touchez mensuellement 850 € d'allocation adulte handicapé et l'APL (aide personnalisée au logement). Il faut retirer 530 € de loyer. Il vous reste quelque 350 €, moins 200 € pour acheter le cannabis. Vous arrivez à vivre vers 150 € ? De plus, vous avez un scooter, deux téléphones portables, dont un comportait un flot de textos où vous vous adressez par codes à des délinquants en évoquant du sucre. C'est du cannabis ? »

Le détenu commente : « Je ne faisais rien d'illégal. Je traversais Monaco pour me rendre à Fontan avec ma réserve de shit. Je ne fais aucun commerce. Quelquefois il m'arrive de dépanner des copains, c'est tout. » Le président tacle : « Cela s'appelle du trafic ! Vous êtes connu comme dealer. On a découvert 36 g de résine au cours de la perquisition de votre domicile… »

Mise en garde

Le procureur général adjoint Hervé Poinot trouve la quantité conséquente. « Cette personne ne veut pas entendre que sa consommation excessive aggrave sa problématique. Avec un casier judiciaire en réitération, mettez-le en garde afin qu'il ne renouvelle pas son infraction en Principauté. Choisissez la peine la plus adaptée : au moins trois mois avec sursis. »

Pour la défense, c'est un simple consommateur. « L'expertise a confirmé l'anomalie mentale, rappelle Me Clyde Billaud. Mon client fait l'objet de huit internements ! Il est sous psychotrope et son addiction est en relation avec sa maladie. Il est passionné par le tennis. D'où son contact avec la Ligue pour devenir examinateur. Le sport peut l'aider à s'en sortir ! Son casier monégasque est vierge. Faites preuve de clémence. »

Le tribunal condamnera le prévenu à une peine de deux mois avec sursis. Une forme d'avertissement judiciaire solennel.


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