“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Un mois ferme pour l'infirmière fabulatrice

Mis à jour le 08/07/2016 à 05:10 Publié le 08/07/2016 à 05:10
Le tribunal de Monaco.

Le tribunal de Monaco. Photo Cyril Dodergny

Un mois ferme pour l'infirmière fabulatrice

Le cas de cette infirmière libérale ressortirait-il de la mythomanie ? Ou bien faudrait-il y voir les conséquences d'un état pathologique ? Quoi qu'il en soit, cette professionnelle de santé devait ignorer qu'une dénonciation calomnieuse, effectuée et dirigée contre une personne déterminée, est un fait de nature à entraîner des sanctions judiciaires.

Cela n'a pas tardé. À l'issue de sa comparution devant le tribunal correctionnel, cette dame d'une trentaine d'années a été condamnée à un mois de prison ferme et au versement de 10 000 € à la partie civile.

La recherche du profit ?

Comment en est-elle arrivée à cette disposition au mensonge ? Il faut remonter au 26 mars dernier. Comme d'habitude, cette femme se rend au domicile d'un homme âgé afin d'assurer des soins de nature curative. À l'issue de la visite, elle se rend directement à la Sûreté publique pour déposer plainte suite à un comportement déplacé de son client, des gestes au niveau de ses seins et fesses. Au cours de l'enquête, l'importun conteste tout attouchement. Malgré ses dénégations, il endosse le costume de prévenu.

Mais à quelques jours de l'audience, le frère du malade apporte une preuve irréfutable aux policiers : les enregistrements de la vidéosurveillance qui sécurise la maison. La vérité éclate : rien ne correspond aux accusations de l'infirmière qui admet sa fausse déclaration. L'homme âgé est relaxé. Et la victime se mue en prévenue.

« Qu'est-ce qui a pu provoquer votre réaction ? » lui demande le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle. La jeune femme, presque inaudible, confesse des problèmes psychologiques dans sa jeune enfance. « J'ai été traumatisée quand j'étais petite… »

En revanche, la partie civile, représentée par Me Bernard Bensa, subodore le profit facile. « Madame a voulu profiter d'une famille aisée. Il suffisait de mettre mon client dans une situation périlleuse pour extorquer de l'argent. Il aurait pu être condamné sans la démonstration des bandes vidéo. Les faits sont alarmants ! Et ils sont d'autant plus graves quand on est infirmière. Ou alors la prévenue à un problème avec les hommes… Nous demandons le versement de 40 000 € ! »

Vidéo muette

Une peine d'un mois de prison ferme est requise par le procureur Cyrielle Colle. Avec de lourds intérêts si les juges optent pour le sursis. « Madame doit payer aussi le prix de sa calomnie, a-t-elle ajouté. Car son fil conducteur était cohérent : certificat médical, traumatisée au point d'appeler son époux pour effectuer les démarches, etc. Sa thèse aujourd'hui ne tient plus et la véritable victime aurait pu être condamnée à trois ans de prison… »

La défense opposera l'élément catalyseur : les propos échangés avec la victime. Mais la vidéo est muette ! « J'ai le sentiment que cet homme a pu la provoquer, argumente Me Michel Rovere, du barreau de Nice. Je persiste à croire qu'il n'y a aucun stratagème. L'argent pour mobile ? Je ne pense pas que ma cliente ait imaginé ce processus diabolique. Elle a des revenus confortables avec son mari… La prison ? Inutile, la meilleure thérapie c'est de lui faire comprendre son erreur. Quant aux dommages, la grandeur aurait été de réclamer l'euro symbolique. »

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public. Sur l'heure, l'avocat de la défense semblait réfléchir à un éventuel appel.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct