Un mauvais regard entre deux jeunes se termine en bagarre dans un parking de Monaco

Absent à la barre du tribunal correctionnel de Monaco, le prévenu a été condamné à 15 jours de prison avec sursis après une bagarre dans un parking du port Hercule. Le gardien avait donné l’alerte.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 12/01/2023 à 10:15, mis à jour le 12/01/2023 à 11:01
La réaction émotionnelle d’un mauvais regard en forme de dédain apparaîtrait, semble-t-il, à l’origine du déclenchement d’une bagarre. Photo d'illustration Sébastien Botella

Seule la victime s’approche de la barre à l’appel de l’affaire suivante par l’huissier à l’audience. Le mis en cause, un homme de 27 ans originaire du Vaucluse et couvreur de profession, n’a pas fait le déplacement pour comparaître devant le tribunal correctionnel.

Rapidement, le président Florestan Bellinzona résume ce dossier de violences commises le 13 mars dernier. La réaction émotionnelle d’un mauvais regard en forme de dédain apparaîtrait, semble-t-il, à l’origine du déclenchement d’une bagarre qui a suscité tantôt l’embarras, tantôt l’indignation avec la version du plaignant.

Provocation ou instinct de protection

"Vers 3h07, le gardien du parking Antoine-Ier, sur le port Hercule, alerte la Sûreté publique pour une échauffourée à l’entrée du parc de stationnement", rappelle brièvement le magistrat. Puis, il s’adresse directement au plaignant.

"Vous avez été blessé à la tête et la plaie saignait abondamment. Toutefois, au moment où le prévenu descendait pour récupérer son véhicule, vous vous croisez du regard. L’évaluation du contexte est des plus déstabilisant au point de ne plaire à aucun des deux. Un troisième individu arrive et ça se passe mal. D’après les propos du Vauclusien, devant le ton qui montait, il pensait que vous vous en preniez à ses amis. Avec le recul, et cela vous concerne en tant que plaignant, on comprend que vous allez chercher d’autres personnes pour en découdre. Alors, êtes-vous une pure victime ou prépariez-vous une agression? Ce qui est d’ailleurs relevé dans les témoignages des amis du prévenu."

"Vous auriez pu au moins en rester là"

Du côté de la barre, on ne semble pas très à l’aise avec le contact visuel. On dévoile sommairement des pensées qui relèvent simplement de l’instinct de protection. Il était juste question, confirme le plaignant, de se défendre légitimement contre ce qui apparaissait comme une agression.

Cacherait-il cependant des sentiments plus pernicieux? Le président subodore quand même une tentative d’intimidation: "Vous auriez pu au moins en rester là, relève-t-il logiquement, et éviter un conflit entre jeunes personnes. Or, vous allez bien chercher du renfort! Cependant, il est vrai qu’à la vue des plaies, on se demande s’il n’y a pas usage d’une arme…"

Le parquet se pose également l’interrogation sur la véritable volonté de la victime dans un souci d’éviter toute ambiguïté. "La situation est délicate: n’y a-t-il pas eu provocation, pour le substitut Emmanuelle Carniello? Il faut tout de même dissuader le couvreur de 27 ans de ne plus revenir se promener en Principauté pour s’exprimer par des menaces. J’estime une peine juste à hauteur de cinq mois d’emprisonnement que vous assortirez du sursis."

Le tribunal après en avoir délibéré, montre qu’il a pris en compte la suspicion d’en venir aux mains de la part du demandeur. Il réduit à quinze jours, toujours avec sursis, les réquisitions du ministère public.

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