Un Italien condamné pour avoir volé pour plusieurs milliers d'euros de vêtements de luxe dans une boutique de Monaco

Un ressortissant italien avait dérobé un pull et une écharpe, d’une valeur globale de 4.200 euros, dans la boutique "Loro Piana". Il a écopé de 1.000 euros d’amende.

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Jean-Marie FIORUCCI Publié le 25/01/2023 à 11:00, mis à jour le 25/01/2023 à 13:32
L’accusé subtilisait des vêtements dans son sac à dos au moment des essayages. Photo d'illustration F. T.

Diable, il s’habille chez Loro Piana, la boutique très chic de prêt-à-porter au sein du Carré d’Or! Sauf que ce jeune homme de 31 ans, aujourd’hui reconverti dans l’ingénierie navale, préfère soustraire frauduleusement pour se parer d’effets de valeurs! C’est la raison pour laquelle il a comparu devant le tribunal correctionnel de Monaco pour avoir volé un pull et une écharpe pour un préjudice estimé à 4.200 euros.

Le 5 novembre dernier, l’élégant Adonis sortait de l’enseigne huppée de l’allée François-Blanc après avoir expérimenté divers modèles. Cette pratique, somme toute commune lors d’un achat, lui permettait de subtiliser avec préciosité des lainages qu’il dissimulait dans son sac à dos acquis récemment où apparaissait encore le prix étiqueté de 3.760 euros.

Un salaire mensuel moyen de 7.500 euros

Mais dans ce genre de négoce, les employés sont rompus à toutes les techniques de pillage. Leur surveillance demeure discrète… D’autant que leurs sens mémoriels avaient enregistré la disparition, quelques jours auparavant, d’un tee-shirt à 3.200 euros par un individu aux traits similaires. Ils alertaient les services de sécurité pour dénoncer le filou soupçonné d’intention inconvenante qui était très vite interpellé.

Les objets dérobés étaient restitués. Toutefois, pareil délit par une personne jamais condamnée, inquiète le président Florestan Bellinzona. "Pourquoi en arriver là? Certes, vous avez une fascination pour les produits de luxe. Mais vous gagnez bien votre vie avec un salaire mensuel moyen de 7.500 euros. Quand les policiers vous ont contrôlé, vous possédiez pour plus de 10.000 euros d’effets de marques prestigieuses que vous aviez acquis normalement. Qu’est-ce qui vous a pris de voler?"

Le prévenu, qui n’a aucun trait apparent du délinquant notoire, évoque à la barre un moment d’égarement. L’excitation inopinée pour cette convoitise de luxe serait due à la conjugaison perturbante de son nouveau lieu de résidence et l’abandon de sa carrière militaire.

"Un élément solide, déterminé, compétent"

Le magistrat montre une certaine défiance et demeure sceptique face aux valeurs d’esprit émises par le Transalpin. "Je ne vois pas le lien possible, avance le président, avec votre arrivée à Cap-d’Ail et une nouvelle profession d’ingénieur naval…" Le parquet n’y prête aucune attention d’ailleurs et fonde ses réquisitions sur du concret. "Ce besoin d’ultraluxe, en déduit le premier substitut Julien Pronier, aurait provoqué un important préjudice pour le magasin s’il avait réussi. On a une sorte de fashion victime! Il devrait réfléchir à cette situation et refréner de tels faits s’il ne veut pas se retrouver à nouveau devant un tribunal, voire finir dans une cellule. 1.000 euros d’amende."

Comment la défense allait-elle riposter devant autant d’évidence? Par un compromis bien amené, concentré sur des éloges passés. "Les faits sont reconnus, balance Me Érika Bernardi, par un prévenu atypique. Après douze ans dans la marine italienne, ses supérieurs hiérarchiques sont dithyrambiques. Il est décrit comme un élément solide, déterminé, compétent, avec un esprit de sacrifice sans faille et sujet à l’abnégation. Son mode de vie caractérisé par un luxe effréné? Sur le territoire monégasque, un tiers de la population est voué à ce faste ostentatoire insolent. Mon client a le droit de se faire plaisir et de se sentir beau…"

"Un geste impulsif"

Cela l’autorise-t-il pour autant à voler? "C’est un geste impulsif, plaide l’avocate. Il reste un humain avec ses failles. A-t-il recherché l’adrénaline compensatoire parce qu’il apparaît déstabilisé par tous ces changements consécutifs ce 5 novembre? Il se sent honteux, anxieux d’avoir fait cet acte improbable. La peine doit être proportionnée au fait commis et cédez à sa demande de l’éluder sur son casier judiciaire, afin de ne pas mettre en péril sa reconversion."

Le tribunal a préféré suivre les réquisitions du ministère public et il a fait droit à la non-inscription sollicitée sur le relevé des condamnations prononcées.

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