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Un homme condamné à de la prison avec sursis pour avoir frappé une femme pendant sept minutes

Le prévenu s’est défendu d’avoir levé la main sur cette femme qu’il connaissait depuis six mois. De multiples hématomes et fractures ont été constatés. Il a été condamné à de la prison avec sursis.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 21/08/2021 à 11:24, mis à jour le 21/08/2021 à 15:12
Le quinquagénaire a remis la faute sur la victime en affirmant qu’elle était ivre et hystérique. Photo archives Nice-Matin

C’est un récit d’une scène poignante à la tristesse accablante, insupportable, entendu à l’audience de flagrance.

Un Moscovite, menotté, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Monaco pour d’atroces violences infligées à une femme, le 15 août, au retour d’une journée des plus arrosées (d’alcool) sur une plage d’Èze-sur-Mer.

Les juges, troublés par des actes impensables ayant entraîné des dommages et souffrances physiques pour la victime, ont condamné le prévenu à une peine d’emprisonnement de six mois assortie du sursis et 1.000 euros d’amende.

Alors, pour quels motifs, cet homme d’affaires s’est-il acharné pendant sept minutes sur la jeune femme à coups de pied et de poing, jusqu’à prescrire dix jours d’ITT?

Des violences… pendant sept minutes

Dans le box, le quinquagénaire, encore marqué d’un coquard contracté dans le tourbillon de l’altercation, a contesté les faits.

 

"Quand nous sommes retournés dans l’appartement du Columbia Palace, je me suis couché un instant et réveillé vers 19 heures. C’est une personne que je connais depuis six mois. Elle avait beaucoup trop bu. C’est une hystérique. Elle m’a porté un coup au visage. Je n’ai pas riposté. Je l’ai seulement maintenue en l’entourant avec mes bras sans aucune violence. Les blessures évoquées peuvent s’expliquer par son comportement, la veille, où elle était ivre."

Entorse cervicale, hématomes et fractures du nez

Les propos de l’agresseur apparaissent comme un bavardage futile pour le président Jérôme Fougeras Lavergnolle. Son attitude serait tout autre d’après les témoignages de la plaignante et du concierge de l’immeuble du front de mer au Larvotto.

"Le gardien a donné l’alerte quand il a vu votre amie arriver en pleurs, note le magistrat, la robe ensanglantée. Ses yeux étaient rouges. Des taches de sang séché apparaissaient sur ses bras. On avait dû certainement la gifler. Les policiers l’ont conduite au CHPG où une entorse cervicale, des hématomes et une fracture au niveau du nez sont diagnostiqués."

Et de poursuivre par la déposition de la compagne. "Elle a attesté que vous vous étiez acharné sur elle quand elle était recroquevillée à terre. Elle pensait avoir dit quelque chose qui vous a vexé quand vous vous êtes énervé. Puis, dans une seconde déclaration, elle reconnaît aimer vous provoquer et elle estime que vous êtes fautifs tous les deux…"

Douze à quatorze mois avec sursis requis

Craindrait-elle des représailles? Le procureur général adjoint Olivier Zamphiroff n’en fera pas état dans ses réquisitions. Mais à travers les mots… "Aucune violence, un contexte alcoolisé, un conflit, des témoignages et des évolutions dans les déclarations de la victime!"

 

C’est suffisant pour le représentant du parquet pour confirmer sa conviction de l’emploi de la force brutale, de l’intimidation, de la soumission. "Il n’y a pas eu une simple empoignade! C’est inacceptable à Monaco qu’un costaud ne peut pas se contenir devant un être humain de sexe féminin. Une lourde peine avec sursis s’impose dans ce domaine de violences faites aux femmes. Prononcez une peine pas inférieure à douze ou quatorze mois de prison assortie du sursis."

Le tribunal tranchera de moitié dans les estimations du ministère public avec une condamnation à six mois avec sursis et 1.000 euros d’amende. La sanction n’est pas adaptée à la véritable attitude de son client pour l’avocat. Il réfléchit à un éventuel appel.

"Divergences" entre déclarations

La défense affûte ses armes afin de contrecarrer les accusations qui mettent à mal son client.

"Il manque un élément au dossier, prétend Me Thomas Brezzo: la confrontation, compte tenu des divergences entre les déclarations de Madame et les propos de Monsieur. Les termes sont des suppositions et manquent d’objectivités. Mon client ne s’explique qu’en russe. Alors, je doute qu’un policier a pu s’assurer de la véracité des propos tenus dans une langue qu’il ne maîtrise pas."

Le certificat médical? "La victime a pu chuter la veille vu son fort état d’ébriété. De plus, elle ne se souvient pas de son attitude. Quant à la fracture du nez, elle est décelée par un scanner facial. Un coup de poing aurait laissé des traces sur le visage. Enfin, avec un tabassage de sept minutes, la plaignante n’aurait pas eu un visage exempt de saignement, comme le décrit le concierge. Sans oublier la remarque des policiers: elle est tellement hystérique qu’ils vont lui demander si elle n’a pas des problèmes psychiatriques! Et elle tellement ivre que cette personne n’arrivera pas à souffler dans l’appareil. Pourquoi accorde-t-on plus de crédit à Madame qu’à Monsieur? Quand on ment, cela se voit. Pourquoi est-elle absente à l’audience? N’oubliez pas la présomption d’innocence et entrez en voie de relaxe."

Offre numérique MM+

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