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Un des voleurs d'un restaurant de Monaco explique son geste

Mis à jour le 27/01/2020 à 07:44 Publié le 27/01/2020 à 07:45
Condamné par défaut à dix-huit mois de prison en 2019, le ressortissant italien a vu sa peine commuée en du sursis pour appuyer sa réinsertion.

Condamné par défaut à dix-huit mois de prison en 2019, le ressortissant italien a vu sa peine commuée en du sursis pour appuyer sa réinsertion. Illustration Jean-François Ottonello

Un des voleurs d'un restaurant de Monaco explique son geste

Le 11 septembre 2017, à l’ouverture matinale, le gérant de « La Rose des Vents », au Larvotto, découvrait le cambriolage de son restaurant. Les baies vitrées avaient été forcées dans la nuit. La caisse enregistreuse était jetée au sol, vidée de son contenu : 150 euros. Sans caméra de surveillance à l’intérieur de l’établissement, les enquêteurs fouinaient toutes traces visibles afin d’identifier les malfaiteurs.

C’est par le biais d’empreintes relevées qu’ils vont obtenir deux patronymes italiens grâce aux services d’Interpol. Mais aucune adresse connue. L’affaire était alors évoquée le 10 octobre suivant devant le tribunal correctionnel.

Avec les prévenus absents, le jugement était rendu par défaut avec des peines de dix-huit mois ferme.

Interpellé sur un chantier de Monaco et incarcéré

Or, le 14 janvier 2020, un des voleurs a profité de sa présence sur un chantier de la Principauté pour faire opposition au jugement. Il a été aussitôt interpellé et incarcéré. C’est un gaillard de 46 ans qui a comparu menotté dans le box à l’audience de flagrance.

Monteur de fenêtre, il a aussitôt reconnu les faits et s’estime prêt à rembourser les dégâts. Comme il n’y avait aucune partie civile sur les bancs (inconfortables) du prétoire, cette volonté affichée de contrition a fait pschitt.

Le président Florestan Bellinzona est plutôt décidé à obtenir des explications sur le geste délictuel.

« À l’époque, je me droguais, assure l’intéressé. Je vivais de stupéfiants dans la rue, avec un ami. Je volais pour acheter mes doses journalières. Je n’ai plus souvenance de la soirée. J’étais venu en Principauté pour monter des cuisines… »

Le magistrat a un regard soucieux au moment de consulter le casier judiciaire de l’individu. « Vous êtes connu des services de police italiens avec 37 mentions. » Et de préciser inopinément à l’adresse de la défense : « Et non des condamnations ! Vous avez commencé en 1993. Vous aviez 20 ans ! Jusqu’en 2016 vous avez enchaîné vols, stupéfiants, port d’arme, etc. Et aujourd’hui ? »

Le prévenu apparaît sincère quand il annonce « son intégration dans une communauté de réinsertion de Vintimille où l’on pratique des soins thérapeutiques aux drogués. »

«Ce n’est plus le SDF de l’époque»

La responsable de l’association frontalière vient rajouter à la barre, à la demande du président: « Nos protégés restent chez nous pendant dix-huit mois. Ils ne sortent pas et sont étroitement surveillés. Aujourd’hui, cet homme est sur la voie de la réinsertion. Il s’investit dans le travail entrepris sérieusement. »

Face à une attitude honnête, le premier substitut Cyrielle Colle modère ses réquisitions. « Ce n’est plus le SDF de l’époque. Mais il a tout de même un passé où figurent vingt condamnations. Toutefois, ne faisons pas échouer la politique pénale italienne pour le sortir de la délinquance. Je demanderai toujours dix-huit mois. Mais avec sursis. À lui de ne pas gâcher cette chance où il risquerait d’être à nouveau incarcéré. »

«Il veut se racheter»

La défense va profiter de la clémence affichée du parquet pour insuffler le lyrisme douloureux de l’homme abandonné, relâché des devoirs de la morale, sans règle de vie, à cause d’un divorce et d’un décès. « Aujourd’hui mon client travaille sur un chantier en Principauté où il a appris les faits reprochés, tempère puis tempête Me Clyde Billaud. Il veut se racheter. Prenez en considération la décision des autorités italiennes de le confier à une structure spécialisée pour poursuivre sa peine. Le sursis est adapté. ».

Accord parfait : le tribunal a jugé l’opposition recevable et prononcé une peine avec sursis de huit mois afin de poursuivre sur la voie de la réinsertion pour le prévenu.


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