Un dealer monégasque condamné à cinq ans de prison

À Antibes, l’attitude suspecte des trois passagers d’un véhicule garé aux abords d’une boîte de nuit avait fini par attirer l’attention d’une patrouille de police, le 18 septembre dernier, en début de soirée.

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J. S. Publié le 10/11/2022 à 17:45, mis à jour le 10/11/2022 à 17:44
d’illustration D. L.

À Antibes, l’attitude suspecte des trois passagers d’un véhicule garé aux abords d’une boîte de nuit avait fini par attirer l’attention d’une patrouille de police, le 18 septembre dernier, en début de soirée. D’ailleurs, à l’approche des agents, l’un des individus à l’avant s’était débarrassé à la hâte d’une trousse. À l’intérieur : des pochons de cannabis, 590 euros en numéraire, et de la cocaïne. Le conducteur du véhicule avait été appréhendé.

"Je ne suis pas un prédateur sexuel"

Les deux passagers ont affirmé être des « clients » du dealer. D’étranges fioles, estampillées « gingembre », avaient par ailleurs été découvertes dans la boîte à gants de l’auto. Point d’épice orientale à l’intérieur mais finalement, après analyse, du GHB (acide gamma-hydroxybutyrique), plus connu sous la terrible dénomination de « drogue du violeur ».

En perquisitionnant le domicile du suspect, avenue de Fabron à Nice, les enquêteurs avaient trouvé le presque habituel attirail du trafiquant de stupéfiants : deux balances de précision, des pochons et autres sachets prêts à être conditionnés, 200 g de cannabis, 20 g de cocaïne, 27 690 euros en petites coupures et quelques fioles du fameux « gingembre ».

Le prévenu, Rodolphe Melchiorre, un Monégasque de 58 ans, a reconnu les faits devant le tribunal judiciaire de Grasse, mais en a minimisé la gravité : « Il s’agit surtout de ma consommation personnelle et celle de quelques amis. Je vais très fréquemment à des soirées, mais je ne suis pas un prédateur sexuel. Je tombe régulièrement dans le coma en exagérant sur la dose, car je suis dépendant aux paradis artificiels ! »

 

Condamné à de très nombreuses reprises

Avec 13 mentions à son casier judiciaire et 24 ans de peines de prison (première condamnation en 1995) prononcées durant son parcours délinquant, jalonné de délits la plupart liés au trafic de drogue, le prévenu semble accorder plus d’attention à des proches venus à l’audience plutôt qu’aux réquisitions du procureur de la République, Yoan Hibon. Celui-ci se dit « profondément choqué par la nature des produits, car il est extrêmement rare de découvrir du GHB ainsi dissimulé et en quantité ». Il requiert 10 ans de prison et 10 ans d’interdiction du territoire des Alpes-Maritimes. Son avocat demande au tribunal « de faire preuve d’humanisme. Il est soumis à une force irrépressible qui vous oblige à consommer. Il a le choix entre la souffrance et l’envie. Le GHB, c’est pour se dépasser, une forme de suicide. »

Le prévenu est finalement condamné à cinq ans de prison avec maintien en détention et cinq ans d’interdiction de séjour dans la région. 

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