Rubriques




Se connecter à

Un couple de Niçois vole pour plus de 5.000 euros de vêtements et se les fait rembourser dans la boutique Gucci de Monaco

Les concubins, d’origine ivoirienne, ont obtenu échange et remboursement pour des vêtements achetés à Milan par un Russe. Les effets avaient été volés la veille devant l’hôtel Negresco de Nice.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 25/08/2018 à 15:45, mis à jour le 25/08/2018 à 15:50
Illustration. Photo J.-S.G.-A.

C’est l’histoire d’une incroyable escroquerie constituée jeudi 16 août chez Gucci, à Monte-Carlo, et évoquée à l’audience de fragrance. Avec le seul ticket de caisse comme preuve d’achat dans la boutique de la marque à Milan, effectué le jeudi 9 août, mais affecté nominativement à un ressortissant russe, deux résidents niçois ont pu obtenir le remboursement de 5.795 euros de vêtements de luxe.

Or, ces mêmes effet avaient été dérobés la veille, le mercredi 15 août, après effraction du véhicule du plaignant stationné devant l’hôtel Negresco, sur la promenade des Anglais, à Nice.

L’homme a été condamné à croupir dans une cellule de la maison d’arrêt pendant huit mois. Sa compagne a été sanctionnée par une peine d’un mois d’emprisonnement assorti
du sursis.

14 cartes bancaires dans le sac

Jeudi dernier, l’intéressé, sans profession, entre dans l’enseigne de luxe de Monte-Carlo pour rendre un jeans, des sandales et un manteau grâce à une facturette délivrée par
la maison italienne. En échange, il se fait remettre une paire de mules, des tongs, une ceinture, un sac banane et une casquette.

 

Comme le compte n’y est pas, il récupère la différence sous forme d’un avoir de 1.550 euros. Puis l’étrange, «client» quitte le magasin en prévoyant de revenir avec son amie
pour lui offrir un cadeau. Mais en fin d’après-midi, Gucci Monaco est informé du vol des effets, à l’issue du dépôt de plainte de la victime russe. Dès lors, au retour de l’escroc, le lendemain dans la boutique, le responsable alerte les policiers.

Ils interpellent le couple. Au cours de la fouille,les inspecteurs trouvent dans les affaires de la compagne: l’avoir de 1.550 euros, une somme de 6.000 euros en numéraire et quatorze cartes bancaires. Dans le box, menottés, les deux prévenus semblent très à l’aise et sûrs d’eux pour clamer leur innocence.

"Je pensais à une bonne affaire"

D’emblée, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle s’intéresse à la méthode employée. «Expliquez-nous comment vous vous êtes procuré ces vêtements volés…» Aucun problème
pour le mis en cause. «Ces habits, je les avais achetés le 15 août dans une rue niçoise auprès d’une personne d’origine maghrébine pour 900 euros. Comme il y avait encore les étiquettes et la facture je n’ai pas fait le rapprochement avec une origine frauduleuse. Je pensais surtout à une bonne affaire…»

Le magistrat relève aussitôt l’attitude irréfléchie de l’acheteur. «Cela ne vous a pas paru bizarre que le nom du vendeur de Nice ne corresponde pas à l’identité du ressortissant
russe?» La réponse est catégorique: «Non! Je ne suis pas un voleur! Je ne serais jamais retourné le lendemain chez Gucci avec mon amie si c’était le cas…»

"Des escrocs chevronnés"

Comment admettre pareille assertion quand on a été condamné quatre fois en France pour des faits de recels et d’escroqueries? Et Madame? Vendeuse chez Zara Nice, avait-elle
la sensation fugace d’en mettre plein la vue en Gucci? «Je n’étais pas au courant, répond-elle, ni de l’achat ni de l’échange. L’avoir, retrouvé dans mes affaires, avait été placé à
mon insu par mon compagnon…»

 

La prévenue,dont le casier est vierge: «C’était mon jour de repos et j’accompagnais mon concubin à Monaco. L’argent provient honnêtement de gains obtenus aux tirages et
grattages de la Française des jeux. Quant aux cartes, elles sont toutes à mon nom…» Confessions sincères?

Le premier substitut Cyrielle Colle ne croit pas un mot des propos en l’air des deux coupables. «Ce sont des escrocs chevronnés qui vivent d’actes frauduleux. Monsieur ne pouvait pas ignorer la manœuvre subreptice pour obtenir les vêtements. Tout comme sa compagne.Vous les condamnerez respectivement à huit mois ferme, et quinze jours à un mois avec sursis.»

Me Raphaëlle Svara, dans sa plaidoirie, va tout tenter pour fortifier la thèse du doute afin qu’elle profite à ses clients. Mais le tribunal préférera suivre les réquisitions du ministère
public. De son côté, le prévenu a déjà fait appel de la décision.

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.