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Un chauffeur de bus mis à l’amende pour avoir empoigné deux collégiens à Monaco

Mis à jour le 02/07/2019 à 08:46 Publié le 02/07/2019 à 08:30
« Exaspéré » par le chahut provoqué par deux frères, le chauffeur expérimenté a dérapé.

« Exaspéré » par le chahut provoqué par deux frères, le chauffeur expérimenté a dérapé. Photo Illustration J.-F.O.

Un chauffeur de bus mis à l’amende pour avoir empoigné deux collégiens à Monaco

Une altercation avait éclaté le 25 mars dernier dans un bus scolaire entre un chauffeur-receveur et deux adolescents scolarisés au collège Charles-III.

Comme il n’arrivait pas à se concentrer sur la conduite et surveiller en même temps les quarante jouvenceaux embarqués, la tension montait d’un cran à l’arrêt des Révoires. L’employé de la CAM, excédé par le chahut, empoignait les deux frères turbulents.

L’explication, des plus tendues, entraînait un choc brutal dans le cou et une claque avec une ITT de trois jours. À la suite d’une plainte, le conducteur a comparu devant le tribunal correctionnel pour violences sur mineurs de moins de 16 ans.

"Comme tout parent l’aurait fait"

À la barre, calme, le prévenu regrette son geste et réfute toute brutalité. "J’ai bien saisi fermement ces jeunes enfants terribles. C’était juste pour les maintenir afin de les réprimander, comme tout parent l’aurait fait. Car je ne pouvais pas conduire avec cette agitation bruyante. Mais je n’ai porté aucun coup. Je ne suis pas un homme violent. Je conduis les bus depuis dix ans et je n’ai jamais eu d’ennuis. Là, c’était la fin de journée. J’étais exaspéré…"

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*) étudie toutes les particularités qui ont conditionné la situation et caractérisé son évolution. Jusqu’à s’enquérir du comportement à adopter, dicté par la direction de la Compagnie des Autobus de Monaco. "Il faut avertir nos responsables, assure le chauffeur, ou un agent de la Sûreté publique…"

Pour la partie civile, représentée par Me Frédéric Bourguet-Maurice, du Barreau de Nice, les jeunes victimes sont des enfants turbulents de leur âge. "Toutefois, le prévenu minimise beaucoup son attitude. Les portes du bus étaient fermées. Cela démontre la véritable intention des gestes. Sans oublier les traces décrites sur les certificats médicaux. Un des enfants a appelé la police afin de constater la scène. Les faits sont graves et inacceptables." L’affaire se poursuivra sur le plan judiciaire par une demande de renvoi sur les intérêts civils pour le préjudice.

Si le premier substitut Olivier Zamphiroff n’use pas d’indulgence, il accompagne, en revanche, ses réquisitions de circonstances atténuantes et regrette l’absence de confrontation. "Il y a la version du prévenu. Puis, un copain qui témoigne pour les deux autres. Les attestations médicales notent des érythèmes cutanés. Donc des blessures superficielles. Les violences du prévenu sont caractérisées, mais il ne semble pas coutumier d’une perte de sang-froid. La sanction doit être proportionnée! Pas de peine infamante: une amende de 2.500 euros."

"Pas de peine infamante"

La défense apprécie cette analyse objective dans ce dossier difficile. "Prenez en compte l’antagonisme des versions, suggère Me Christophe Ballerio, et les contraintes imposées rencontrées dans ce métier difficile de chauffeurs de bus en Principauté. Mon client aurait dû appliquer la procédure observée en pareil cas. Les gestes sont inacceptables. Mais sans les coups. Car on ne mentionne aucun hématome dans les attestations du médecin. Juste des petites rougeurs…" Le tribunal en tiendra compte: 3.000 euros d’amende avec sursis.

*Assesseurs : Mes Françoise Dornier et Virginie Hoflack


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