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Un Britannique possédait une véritable armurerie dans son appartement à Monaco

A la suite d’une expulsion, les policiers ont découvert dans son appartement de Monaco dix-sept armes accrochées aux murs avec leurs munitions.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 19/04/2022 à 09:46, mis à jour le 19/04/2022 à 09:48
Le prévenu n’aura pas de casier judiciaire mais devra s’acquitter d’une amende de 18.000 euros. Photo d'illustration NM

Quand une passion est réprimée, il faut rendre les armes ! Un collectionneur de matériel de guerre n’a opposé aucune résistance devant le tribunal correctionnel pour avoir enfreint la législation sur la détention et l’importation de moyens offensifs.

Pour ces armes prohibées, amassées déraisonnablement, une peine de 18.000 euros d’amende a sanctionné ce gérant de société, venu de New York pour être présent à l’audience. Certes, très discret sur son artillerie au temps de sa résidence monégasque, les pratiques de ce Britannique ont été découvertes avec l’obligation de quitter son appartement.

Un arsenal de compétition

Le 10 décembre 2020, un huissier de justice était assisté des forces de l’ordre afin d’entrer dans le logement et expulser l’occupant. Quelle a été la surprise des policiers en découvrant au détour d’une pièce une véritable armurerie avec différents calibres exposés.

"Dix-sept fusils et pistolets étaient accrochés au mur, précise le président Florestan Bellinzona (*), avec leurs munitions. Parmi les armes légales, illégales et soumises à autorisation, deux avaient subi des modifications au niveau de la crosse ce qui engendrait un changement de catégorie. Le prévenu a outrepassé l’interdiction d’importer des fusils d’assaut en Principauté. Il affirme qu’une partie de cet arsenal lui avait été vendue par une armurerie monégasque. C’est d’ailleurs contesté par le commerçant."

La circulation des armes en question

Un débat a suivi avec les conclusions d’un expert sur les classements, calibres et catégories d’armes de guerre "à double tranchant". Car, plus préoccupant encore que la détention, les transports et dissimulation sans autorisation sont aussi en cause. D’ailleurs, le magistrat n’a pas caché son inquiétude devant une collection au danger non négligeable.

A la barre, le quinquagénaire réfute vivement toute utilisation périlleuse d’armes, destinées en majorité à une discipline sportive d’initiation au tir. "Je ne vous ai pas traité de terroriste, a aussitôt réagi le président, ni d’une autre participation à une attitude d’intolérance ou d’intimidation."

 

A son tour, le ministère public s’est défendu de porter un jugement sur une passion. "Les conditions de détention et d’importation pèsent sur ce dossier, a déterminé le premier substitut Valérie Sagné. Pour les logisticiens et balisticiens, canons lisses et calibres amènent dans la catégorie armes de guerre. Leur modification mérite sanction." Cependant, la parquetière a mal encaissé l’intention du financier, de rechigner à déclarer des revenus réduits à la portion congrue à la suite d’un différend avec ses actionnaires. Auraient-ils véritablement fondu comme neige au soleil?

"Avec un loyer mensuel actuel de 43.000 euros et la vente lucrative d’actions, Monsieur essaie encore de gratter 3 francs 6 sous. Sanctionnez l’infraction avec trois mois d’emprisonnement avec sursis et 5 000 euros € d’amende." Le prévenu a confessé son erreur de trop tenir aux armes et la véritable précarité de sa situation financière. Il a réclamé surtout de ne pas mentionner la condamnation sur son casier. Considéré comme persona non grata aux USA, il ne pourrait plus retourner à New York. Les juges, après avoir délibéré à huis clos, ont décidé de frapper fort au portefeuille avec une amende de 18.000 euros. Mais de ne rien faire apparaître sur son casier.

La défense promet de riposter! "Il peut arriver dans la vie d’un homme d’affaires de ne pas avoir de revenus, objecte Me Gérard Baudoux. Mon client n’entend pas fuir ses responsabilités. Certes, il doit avoir quelques réserves sonnantes et trébuchantes. Mais rappelez-vous de la saisie-arrêt en attendant le paiement de sa dette où ses biens ont été vendus. Alors, ne reprochez pas à cet homme de n’avoir pu retrouver les documents relatifs à la détention des armes, dont ceux qui pourraient indiquer la provenance de l’armurerie de Monaco depuis 2007. C’est une passion que je ne partage pas, mais que je respecte. Ce collectionneur a fréquenté plusieurs stands de tir. Or, pour s’y présenter, il faut montrer que l’on détient régulièrement le fusil ou le pistolet. Dès lors, si trois armes posent des difficultés, vous pouvez faire confiance à sa bonne foi. Tout comme mon client s’acquittera de l’amende infligée. Le sursis ? Je ne vais pas pousser des cris d’orfraie. Toutefois une peine de prison, même avec sursis, m’apparaît bien inutile. Aujourd’hui, le prévenu vit aux États-Unis, et on connaît la vigilance de cette administration sur la détention irrégulière de certaines armes…"

Offre numérique MM+

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