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Un boucher de 38 ans condamné à six mois de prison ferme pour agression sexuelle à Monaco

Un boucher de 38 ans a été condamné ce mardi à un an de prison, dont six mois avec sursis, pour l’agression sexuelle d’une jeune touriste étrangère.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 09/07/2022 à 07:30, mis à jour le 09/07/2022 à 09:56
La condamnation a été assortie d’une obligation de soins. (Illustration M.M)

Le samedi 2 juillet dernier, vers 6 heures, un homme de 38 ans passait sa main sous la jupe d’une jeune touriste étrangère, passablement alcoolisée, pour lui caresser les parties intimes.

Des faits qui se sont tenus à mi-hauteur des escaliers Inzernia, ces nombreuses marches qui relient le boulevard des Moulins, en Principauté, à une voie mitoyenne avec Beausoleil.

L’auteur des faits a comparu avant-hier devant le tribunal correctionnel, menotté et escorté par du personnel de l’administration pénitentiaire.

"Je me sens honteux"

Sous le feu des questions du président Jérôme Fougeras Lavergnolle , ce boucher de profession explique sa conduite entre compulsion et impulsion. "Je me suis fait un film quand j’ai vu les jeunes femmes. J’allais prendre mon travail. J’étais à jeun. J’avais bu juste une bière. Tout s’est passé très vite. J’ai opéré un demi-tour sur la chaussée avec mon scooter et j’ai gravi les marches Je me sens honteux. C’est une bêtise. Je n’avais pas conscience à ce moment-là de la gravité de mon geste. Je veux m’excuser auprès de cette personne pour avoir eu un comportement anormal."

 

Angoissé face à une juridiction qu’il pressent d’avance coercitive, le prévenu s’obstine à contenir son trouble fonctionnel issu d’un conflit entre désir inconscient et attitude réactionnelle. "Je reconnais, j’ai manqué de respect en touchant deux fois les fesses de cette femme. Mais je n’ai pas souvenir d’une caresse vaginale… J’ai fait une connerie."

Le magistrat s’intéresse alors à la version de la victime. "En vacances dans la région, vous rentriez à l’hôtel avec une amie. Vous montiez en titubant. Un homme arrive derrière vous. Vous avez filmé la scène avec votre portable que nous allons visionner. Racontez…"

"Cet individu s’est montré agressif"

La plaignante, encore traumatisée par cette agression, délivre son récit encombré par une respiration précipitée. "Nous revenions d’une fête en titubant. Mais j’ai très vite repris mes esprits, crié et cherché du secours quand il m’a mis la main aux fesses. Puis, il m’a tenu les poignets et placé son autre main sous la robe afin de toucher mon sexe. J’étais effrayée. Mon amie a alerté le gardien de l’hôtel. Cet individu s’est montré agressif. Il a un grand problème. Il doit se soigner. Je me constitue partie civile, sans faire de demande financière."

Le président magistrat revient vers le prévenu pour lui reprocher d’avoir tout nié, sans le moindre aveu avant sa cinquième audition en garde à vue.

"Des vidéos de fessiers féminins sur la plage"

 

 

 

"On a dû immobiliser votre deux-roues, repéré sur le boulevard Princesse-Charlotte, avec un sabot pour vous contraindre à vous présenter à la Sûreté publique. Les enquêteurs ont trouvé sur votre portable un fichier avec des centaines de clichés et de vidéos de fessiers féminins sur la plage. Vous avez été condamné en 2011 à Toulon pour séquestration avec arme…"

Les photos ne trahissent pas de travers pour l’intéressé… Quant à la décision de justice, "j’avais fermé la porte de mon appartement pour discuter avec ma copine que je soupçonnais de me tromper, et je tenais un couteau dans une main, juste pour l’acculer…"

Il est longuement question de l’ambivalence pulsionnelle du détenu dans les réquisitions du premier substitut Valérie Sagné. "Vous répondez d’un acte par surprise, puis par la force. Il y a le temps du mensonge et de l’agression sexuelle. Ce que l’on ne juge pas c’est une tentative de viol. Pourtant, le geste pose question. Vous avez répondu à une pulsion: on n’est pas loin de la prédation! Que se serait-il passé s’il n’y avait pas eu une amie pour alerter le voisinage? Faudra-t-il demander aux jeunes femmes de Monaco de conserver en permanence leur portable allumé? L’expert a relevé chez vous une personnalité euphorique et fragile avec une obligation de se soigner…"

"Il est conscient de son comportement déplacé"

La parquetière demande au tribunal une sanction à hauteur de dix-huit mois d'emprisonnement, dont neuf mois assortis du sursis, avec obligation de soins. S’il n’avait pas été tenu compte de son altération, c’était deux ans. La défense, elle, a tenté de contrarier quelques évidences reprochées: des faits commis dans un contexte lié à l’alcool, l’incohérence des dépositions de la victime, jusqu’à dégainer une sorte de flou délictuel.

 

"L’intention?, s’interroge Me Maeva Zampori. Mon client a tenté de toucher. Que s’est-il passé réellement? Sur la vidéo, il est proche de la plaignante. Mais on ne voit aucun attouchement. Il n’est pas question d’extrapoler. Il est conscient de son comportement déplacé. L’expert a estimé qu’il n’y a pas de danger psychiatrique. Oui, il a un côté déviant. Mais la peine doit être proportionnée aux deux tentatives, prendre en compte son regret profond et sincère, s’adapter à sa situation professionnelle."

Outre les six mois ferme, la condamnation du tribunal correctionnel a bien été assortie d'un placement sous le régime de la liberté d’épreuve pendant deux ans, avec obligation de soins.

 

 

 

* Assesseurs: Florestan Bellinzona et Françoise Dornier.

Offre numérique MM+

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