“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Un an ferme pour l'entrepreneur italien blanchissait l'argent au casino de Monte-Carlo

Mis à jour le 30/01/2017 à 05:06 Publié le 30/01/2017 à 05:05
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Un an ferme pour l'entrepreneur italien blanchissait l'argent au casino de Monte-Carlo

L'affaire de blanchiment évoquée au cours de la dernière audience du tribunal correctionnel reflète une ère qui semblait pourtant révolue en Principauté.

L'affaire de blanchiment évoquée au cours de la dernière audience du tribunal correctionnel reflète une ère qui semblait pourtant révolue en Principauté. Mais cette action de dissimuler la provenance d'argent acquis de manière illégale, afin de le réinvestir dans des activités légales, a alimenté, encore une fois, un volumineux dossier de corruption. En l'occurrence, de sombres spéculations immobilières au bénéfice d'un entrepreneur italien résidant à Milan : Giuseppe Bianchi.

"Un des meilleurs joueurs de black-jack"

Il lui suffisait de déposer les fonds "sales" sur un compte de la Société de financement et d'encaissement (SFE), filiale de la SBM, pour les rendre « propres » une fois retirés. Ce système d'argent communiquant lui a coûté un an d'emprisonnement ferme.

Sur le plan de la personnalité, ce quinquagénaire natif de San Remo donnait toutes les garanties. C'était un gros client du casino et il apparaissait notamment comme un des meilleurs joueurs de black-jack (jeu de cartes américain). Il profitait à ce titre de nombreuses invitations de la part de la SBM avec, à la clé, une réserve d'argent auprès de la SFE afin de n'être jamais à court de devises. Ce protégé, entre autres, avait versé sur ce compte, entre 2002 et 2011, quelque 4 millions d'euros. Il avait retiré entre-temps 280.000 euros.

Ces mouvements de liquidité n'ont pas échappé à la vigilance scrutatrice du SICCFIN (Service d'information et de contrôle sur les circuits financiers).

Le signalement est donné et la structure administrative déclenche une enquête. Au fil des investigations apparaissent plusieurs affaires de corruptions en Italie, où le prévenu est mis en cause. Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle évoque au passage "des soupçons d'avoir perverti deux policiers transalpins dans l'obtention d'un permis de construire avec le maire de Taggia (Province d'Imperia)."

Logiquement, les enquêteurs font rapidement le lien avec cette bulle immobilière et l'argent joué au casino. D'autres pistes viennent conforter leur raisonnement. Que cache cette dizaine de personnes qui a déposé pour 2 millions d'euros sur le compte de la SFE ?

Interrogés, ils s'expliquent : Giuseppe Bianchi voulait dissimuler son addiction au jeu à son épouse. Il suffisait de déposer l'argent à sa place et l'opération était transparente pour le ménage.

Évidemment, les auditions visaient aussi le magnat italien. Il se présente comme un marchand de biens, actionnaire principal de plusieurs sociétés, dont le chiffre d'affaires culmine autour de 25 millions d'euros.

Des explications? Aucune! Le prévenu est absent à la barre, représenté toutefois par son avocat. Le président est tout de même dubitatif: "À aucun moment, ce montant est prouvé. En revanche, dans la procédure, une pièce fait état d'un versement annuel de 60 000 euros pour sa déclaration fiscale de 2010…"

Déduction du procureur Cyrielle Colle dans ses réquisitions: "Cet homme n'apporte aucune preuve sur l'origine des fonds misés au Casino. L'infraction de blanchiment est caractérisée. S'il a été mis hors de cause dans les procédures italiennes, c'est par rapport à la prescription des faits. Cela ne signifie pas obligatoirement l'absence de corruption. De la prison ferme!"

La défense, représentée par Me Franck Michel, rappellera qu'il n'existe "aucune preuve de l'origine frauduleuse de l'argent joué au Casino. Mon client est à la tête d'un patrimoine familial important et toutes les procédures antérieures pour corruption l'ont mis hors de cause. Relaxe-le!"

À l'issue d'un délibéré exceptionnellement long, le tribunal a retenu une peine de prison ferme. De son côté, l'avocat a annoncé son intention de faire appel de cette décision.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.