Trois ans de bataille pour récupérer la maison squattée par son ex

Ils se séparent en 2019, mais l’ex-compagnon refuse de quitter la maison qu’ils avaient achetée ensemble à Touët-sur-Var. Elle se retrouve à devoir payer l’intégralité du crédit.

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La rédaction Publié le 07/10/2022 à 08:00, mis à jour le 07/10/2022 à 12:16
Depuis trois ans, l’ex compagnon squattait leur maison commune à Touët-sur-Var. Photo DR

Vendredi dernier, Charlotte pensait enfin voir le bout du tunnel. "J’avais loué un camion de déménagement. Une dizaine d’amis étaient venus m’aider. J’allais enfin pouvoir débarrasser la maison et la nettoyer pour la mettre en vente..." Mais en arrivant à Touët-sur-Var, cette aide-soignante de 35 ans découvre avec stupeur que son ex-compagnon est toujours-là. Il avait pourtant été expulsé manu militari deux mois plus tôt.

Dernier épilogue en date d’une bataille judiciaire qui dure depuis 3 ans.

"J’ai dû cumuler jusqu’à trois boulots pour tout payer"

En 2019, Charlotte et son compagnon se séparent. Une rupture houleuse. Ponctuée "d’intimidations, d’insultes et de menaces". Charlotte dépose plainte à plusieurs reprises. Son ex vient l’attendre jusqu’au pied de l’immeuble de sa grand-mère où elle a trouvé refuge.

Lui, refuse de quitter la maison que le couple avait entrepris de construire, avant de se séparer, sur un terrain de Touët-sur-Var qu’ils avaient acheté ensemble. À crédit. Sauf que Monsieur ne paye plus les traites. "Je me suis retrouvée à tout devoir régler, témoigne la jeune femme. J’ai cumulé jusqu’à trois boulots en même temps pour joindre les deux bouts."

Charlotte saisit une première fois la justice qui l’autorise à vendre la maison sans le consentement de son compagnon. Elle mandate alors un agent immobilier, qui se fait recevoir vertement lorsqu’il tente d’organiser des visites dans la maison.

 

L’ex éconduit campe sur ses positions et refuse toujours de quitter les lieux. L’aide-soignante se tourne à nouveau devant les tribunaux. Pour obtenir cette fois son expulsion. Un jugement en ce sens est rendu en juillet 2021. Mais il lui faudra encore attendre encore un an pour qu’il soit enfin exécuté. Avec le concours de la force publique.

Expulsé, il revient squatter

Au milieu de l’été l’ex-compagnon est mis dehors par les gendarmes, un serrurier change les clés. C’est l’huissier mandaté dans le cadre de la procédure qui les conserve. Le squatteur éconduit devra passer par cet officier ministériel s’il veut venir récupérer ses affaires dans un délai de deux mois. Mais il ne se manifeste pas. Et pour cause: le squatteur squatte en fait toujours. "Il était revenu", explose Charlotte qui pensait en avoir fini.

La voilà de nouveau à la gendarmerie pour déposer plante une fois encore. On lui annonce qu’il va falloir entamer une procédure pénale... "Je ne vais quand même pas tout recommencer à zéro, fulmine-t-elle. Cela fait trois ans que ça dure."

L’huissier ne laisse en fait que "trois jours" à l’ex-compagnon squatteur pour déguerpir pour de bon. Il semblerait que cette fois il se soit bel et bien exécuté. Même si Charlotte n’y croira vraiment que lorsqu’elle aura repris possession de la maison.

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