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Tricherie au casino de Monte-Carlo: trois ans de prison encourus

Mis à jour le 16/12/2015 à 05:12 Publié le 16/12/2015 à 05:12
Le procureur a requis 3 ans de prison ferme contre Sajid et Qamar, et 18 mois ferme contre Zahidul.

Le procureur a requis 3 ans de prison ferme contre Sajid et Qamar, et 18 mois ferme contre Zahidul. Cyril Dodergny

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Tricherie au casino de Monte-Carlo: trois ans de prison encourus

Trois Britanniques soupçonnés d'avoir escroqué 540 000 euros au Casino de Monte-Carlo étaient jugés hier, au tribunal correctionnel de Monaco. Le délibéré sera rendu le 21 décembre

Pour deux d'entre eux, la question n'est plus de savoir s'ils ont triché ou non. Ils ont reconnu, en partie, les faits qui leur sont reprochés. Le troisième, en revanche, nie en bloc. Trois Britanniques étaient jugés hier, au tribunal correctionnel de Monaco, pour escroquerie. Ils sont soupçonnés d'avoir manipulé des jetons de roulette anglaise au Casino de Monte-Carlo pour empocher de vrais pactoles. Une escroquerie estimée à 540 000 € au préjudice de la Société des Bains de Mer (SBM), qui exploite l'établissement (notre édition du 10 décembre dernier).

En détention à la maison d'arrêt de Monaco depuis le 21 juin dernier, Sajid, 49 ans, Qamar, 26 ans, et Zahidul, 45 ans, sont apparus menottés hier. Tête basse, mine grave, les trois Anglais ne parlent pas français. Ils passeront par l'intermédiaire d'une traductrice pour donner, avec beaucoup de calme et de politesse, en anglais, leur version des faits.

« Pas au courant »

Les joueurs ont fraudé en « remettant en jeu, à une valeur de 1000 e, des jetons qui n'ont pas de valeur faciale et qui avaient été précédemment achetés pour un montant de 10e », résume le président du tribunal, Jérôme Fougeras-Lavergnolle. Avant de faire intervenir celui par qui le scandale est arrivé : le service de contrôle des jeux du gouvernement monégasque.

« A la roulette anglaise, les joueurs de valeur se comptent sur les doigts de la main. Puis est arrivé ce week-end d'avril 2015, ces joueurs ont commencé à gagner. Puis le week-end du Grand Prix, même chose. On a fait appel à la télésurveillance. On a constaté des manipulations très simples », indique à la barre Christian Ollier, le chef du service du contrôle des jeux.

Deux ont avoué. Le troisième nie. Tous se décrivent néanmoins comme « addict » aux jeux. « Je ne savais pas qu'on ne pouvait pas garder les jetons dans sa poche », se défend Zahidul. Coiffure impeccable et veste de costume marron, il est le premier des trois à prendre la parole. Lui a commencé à se rendre au casino en mars 2015 et y a gagné 4700 e depuis cette date. Pour la triche : « Je ne savais pas », répète-t-il.

Les deux autres vont d'ailleurs insister : lui n'était « pas au courant ». Qamar, le plus jeune, en jean et t-shirt, les cheveux en bataille. Et Sajid, grisonnant, en polo. Tous deux ont l'air un peu perdu, sauf quand il s'agit d'innocenter le troisième. Eux fréquentent le casino depuis avril 2014, et ont remporté depuis plus de 2,9 Me pour le premier, et plus de 728 000 e pour le second. Sur le banc, ils vont réitérer leurs aveux : ils reconnaissent la triche, mais seulement pour les quatre jours du dernier Grand Prix de Monaco.

28 alias différents

Ce qui ne passe pas pour Me Thomas Guaccardi, l'avocat de la SBM, qui s'est porté partie civile. Rebondissant sur l'évocation du casier judiciaire de Sajid, le « cerveau de l'opération », qui a écopé de 18 mois avec sursis pour fraude au Royaume-Uni et utilisait 28 alias différents pour se rendre dans les casinos, il soutient que les trois hommes « sont des professionnels ». « Ils essaient de se dépeindre comme des malades du jeu mais ce sont des escrocs ! », affirme-t-il. Allant jusqu'à soutenir que toutes les sommes empochées par les trois joueurs depuis qu'ils fréquentent le casino, soit plus de 3,6 Me, sont le fruit de tricherie. Et en réclamer le remboursement.

C'est aussi dans ce sens que va s'inscrire le réquisitoire du procureur Alexia Brianti. « C'est une tricherie d'ampleur, mise en place par trois individus avec des gains accumulés de plus de 3,6 Me », résume-t-elle. Insistant sur un « mode opératoire rodé », elle requiert trois ans de prison ferme pour Sajid et Qamar et dix-huit mois pour Zahidul.

Me Sarah Filippi, avocate de ce dernier, demande au président « s'il ne doit pas prononcer la relaxe, faire preuve d'indulgence » pour ce père de deux petites filles, « déjà séparé de sa famille depuis cinq mois ».

Me Christian Di Pinto, pour les deux « qui ont reconnu les faits », ne plaidera « pas la relaxe, évidemment ». Il rejette en revanche la question des trois millions d'euros : « On ne peut se contenter de probabilité. Qu'on m'apporte la preuve des trois millions et demi », dit-il. Quant aux trois ans de prison ferme, « ils ont profité d'une faille, rappelle-t-il. Il faudra revoir à la baisse. Et quand on reconnaît, on a en partie la clémence du tribunal. » Délibéré le 21 décembre.

Offre numérique MM+

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