Tolérance zéro pour un automobiliste qui conduisait ivre et sous l'emprise de stupéfiants à Monaco

Un automobiliste a été sévèrement condamné par le tribunal correctionnel de Monaco pour avoir conduit en état d'ivresse et sous l'emprise de stupéfiants en Principauté.

Article réservé aux abonnés
J.-M. F. Publié le 09/12/2022 à 08:30, mis à jour le 09/12/2022 à 09:22
En août dernier, un ressortissant britannique a été interpellé en état d'ivresse et sous l'emprise de stupéfiants. Photo archives Nice-Matin

A l’audience, une condamnation à trois mois d’emprisonnement assortie du sursis, une liberté d’épreuve pendant deux ans, une obligation de soins et la suspension du permis de conduire pendant six mois pouvaient-elles souffrir quelque exception? Le tribunal correctionnel de Monaco n’a pas fait preuve d’intention de tolérance, malgré la présence du prévenu, venu à la barre confier la pénibilité de son mal-être.

Les juges ont sanctionné ce ressortissant britannique qui comparaissait pour diverses infractions reprochées: ivresse au volant et conduite sous influence de stupéfiants.

Certes, l’automobiliste de 30 ans avait largement transgressé le Code de la route le 31 août dernier afin de dissiper son blues sur les voies de la Principauté. Mais les problèmes familiaux rencontrés, aussi graves soient-ils, n’autorisaient pas une série de libertés au volant, pour le président Jérôme Fougeras Lavergnolle à l’audience.

"À 3h45, au bout du boulevard Albert-Ier, des policiers remarquaient les accélérations intempestives d’un véhicule qui oscillait entre le couloir réservé aux bus et la voie centrale. Ils interpellaient aussitôt le conducteur. Il était ivre, avec un taux de 1,12 mg/l, et testé positif au cannabis. Pourquoi pareil état?"

"Je m’occupe d’une personne en fin de vie"

Le prévenu, timidement, a décrit son trajet nocturne au départ d’un restaurant du Larvotto. "J’ai fait un détour par la Rascasse avant de retourner dans ce quartier où je réside. Ce soir-là, j’étais mal. Je m’occupe d’une personne en fin de vie. J’avais besoin de respirer. La consommation de cannabis est occasionnelle. Peut-être par difficulté pour prendre une décision..." Le magistrat a noté une condamnation par le tribunal de Grasse, toujours pour des faits d’alcoolémie.
C’est au tour du premier substitut Julien Pronier d’énumérer les erreurs!

"Les images de la vidéosurveillance dénotent un véritable danger d’un conducteur qui passe d’une voie de circulation à l’autre. Un suivi psychologique poserait-il problème? Non! Il faut relativiser? Les circonstances de la dégradation de santé de sa mère ne correspondent pas avec la période concernée. Quoi qu’il en soit, l’alcool ou la drogue ne sont pas des produits recommandés pour pallier un excès de mélancolie. Vous prononcerez une sanction, à hauteur de trois mois avec sursis, liberté d’épreuve pendant trois ans et une suspension du permis pendant six mois."

L’avocat-défenseur, d’un geste haut de la main a voulu attirer son attention sur la désapprobation de telles réquisitions. "J’attire votre attention, et c’est intéressant, a précisé Me Christophe Sosso, sur l’attitude exemplaire de mon client devant les services de police. C’est le comportement édifiant d’une personne douce, franche, attentionnée, spontanée, généreuse, intègre, correcte, et honnête. Une personnalité qui est d’ailleurs relayée par plusieurs attestations. Ce fils s’occupe de sa mère hospitalisée à Cannes pour une maladie très avancée. Il ne s’est jamais fait remarquer. Prenez son cas en considération..."

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public, avec une exception pour la période de la liberté d’épreuve ramenée à deux ans.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.