Suite à une séparation conflictuelle, un couple condamné à un mois de sursis chacun pour violences conjugales

Un couple, toujours marié à ce jour, est venu témoigner de sa mésentente afin de convertir une séparation conflictuelle en divorce. Mais les enjeux financiers sont considérables.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 29/10/2022 à 16:00, mis à jour le 29/10/2022 à 16:58
Au cœur du procès, des violences conjugales et de grosses sommes d’argent. Photo Sébastien Botella

C’est presque de l’argent diabolique qu’est venu réclamer séparément, cette semaine, un couple de nationalité kitticienne et névicienne(1), en mal d’union conjugale devant le tribunal correctionnel. Lui, un investisseur de 44 ans, membre d’une famille à la tête d’un empire pharmaceutique, à la fortune évaluée à plus de 1,3 milliard d’euros, conteste les actes dénoncés par son épouse dans une plainte.

Prévenu à l’audience, il s’estime victime des tendances brutales de sa femme avec un certificat médical de deux jours d’ITT. Il réside actuellement dans une villa cossue de Cap-d’Ail et réclame des dommages et intérêts à hauteur de 150 000 euros.

Une histoire de tromperie

Elle, une blonde de 35 ans, d’origine ukrainienne et sans profession, à la fois prévenue et victime. Elle accuse son époux d’être violent, bipolaire et infidèle. Le 27 octobre 2019, elle avait pris le train pour rendre visite à sa mère à Moscou. Mais au cours du trajet ferroviaire, elle recevait un appel au cours duquel elle percevait les bruits d’un rapport sexuel entre son mari et une autre femme. Furieuse, elle retournait au domicile conjugal et réagissait violemment. Puis elle entamait une procédure de divorce.

Comme elle a la garde de l’enfant unique du couple, elle demande à conserver le versement de la pension alimentaire de 50 000 euros par mois, au titre de la contribution à l’éducation et à l’entretien de son fils mineur, fixée par le juge aux affaires familiales. À ce jour, cette mère et son petit occupent l’appartement familial de 350 m2 à Monte-Carlo.

Le décor planté, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle(2) a lancé une litanie de questions. Pourquoi la prévenue est-elle retournée en Principauté ce jour d’octobre 2019 ? « Pour prendre mes affaires, récupérer mon enfant et partir à Malte où nous avons une résidence. J’en ai profité pour faire constater mes blessures par notre médecin de famille. »

"Je sais me contrôler"

Monsieur dit-il la vérité ou ment-il quand il déclare avoir été poussé à coups de pied ? Quand il fait état d’un comportement pacifique et réfute l’excès de boissons ? "Si j’ai tendance à être de mauvaise humeur, a répondu le mis en cause, je sais me contrôler. Oui, je souffre de troubles du comportement, mais je suis suivi médicalement. Mes envies d’alcool ne justifient pas mon attitude violente."

Pendant des heures, questions et explications ont tourné autour des mêmes thèmes avec un magistrat très pointilleux. D’où une sorte d’exaspération du substitut Emmanuelle Carniello dans ses réquisitions. "Dans cette affaire, où l’on évoque des faits de harcèlement par son conjoint et des mensonges violents, on va jusqu’à exprimer ses dernières volontés. Or, on ne saura jamais qui a commencé le premier au sein de ce couple. Tout est à charge dans les deux sens. Si l’on s’en tient au contenu du dossier, chacun des conjoints est coupable. Il est évident que l’on ne doit jamais lever la main, d’un côté comme de l’autre. La peine ? Un mois avec sursis, sans différence entre ces époux, pour la tendance à la violence dans le huis clos familial."

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré jusqu’au mardi 22 novembre, à 14 heures.

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