Un homme se disant footballeur pro relaxé après avoir reçu une note de 8.000€ à Saint-Tropez

Le tribunal correctionnel de Draguignan n’a pas retenu le délit de filouterie d’un ressortissant afghan, se disant footballeur professionnel. Il a été relaxé au bénéfice du doute.

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V. W. Publié le 04/09/2023 à 08:00, mis à jour le 05/09/2023 à 09:02
Le champagne avait coulé à flots à la table de Tamim et ses amis. Photo DR

Les yeux humides, Tamim a poussé un gros "ouf" de soulagement. La soirée était bien entamée et le jeune homme craignait passer une troisième nuit en prison. Il n’en sera rien. Le touriste afghan a été relaxé au bénéfice du doute par le tribunal correctionnel de Draguignan.

Dom Pérignon, ananas, Roederer...

Durant près d’une heure, il a répété qu’il n’avait jamais prévu de ne pas payer l’addition - salée - présentée le 25 août dernier à l’issue d’un repas au restaurant l’Opéra à Saint-Tropez. Une note de 7.864€, grevée par la consommation d’une bouteille de champagne Roederer facturée 5.500€, d’un Dom Pérignon à 1.400€, sans oublier quatre ananas à l’eau-de-vie pour 350€.

Tamim a bien tenté de payer via une application dédiée sur son téléphone portable. En vain. "Elle n’est même pas installée sur votre mobile", remarque la procureure Débora Collombier. Ses deux cartes bancaires refusant de fonctionner, le prévenu a tenté, là encore sans succès, de virer 10.000€ à la jeune femme qui l’accompagnait. À charge pour elle de venir payer le lendemain. "Mais personne n’est venu", poursuit-on du côté du ministère public.

"Ce qui est étrange, enchaîne la présidente Marie-José Coureau-Vergnolle, c’est que vous avez dit loger à l’hôtel de Paris alors qu’aucune réservation à votre nom n’était enregistrée. Et les trois personnes qui étaient avec vous ont dit que vous étiez un escroc ayant déjà fait la même chose à Monaco."

Footballeur pro... à Gibraltar

"J’avais l’argent, persiste Tamim. Avec ma copine, on comptait aller réserver un hôtel mais on logeait à Sainte-Maxime, chez un ami. Sur le chemin on a eu faim. Je savais que le restaurant allait me coûter plus de 3.000 euros, mais j’avais l’argent. Je suis footballeur professionnel. J’ai joué en Espagne, à Malaga et Alicante, à Gibraltar et en Belgique. Aujourd’hui je gagne 2.000 par mois, mais en temps normal c’est 10.000."

Une rapide recherche sur un site Internet permet de vérifier que Tamim dit vrai. En partie. Si cet ailier gauche a bien joué en Espagne, c’était chez les jeunes. Sa carrière pro se résume à six mois passés au FC College 1975, club de bas de tableau du championnat de première division de Gibraltar.

"On n’a même pas cherché à vérifier ses comptes"

Désormais, après un an sans club, Tamim évolue au KSV Bredene, en Belgique, dans un championnat équivalent au championnat régional en France. "Je ne suis pas un criminel, reprend Tamim. Je peux vous montrer que j’ai l’argent sur mon compte s’il le faut. Je suis en prison pour quelque chose qui n’est pas de mon contrôle..."

"Ce dossier, c’est une carte bancaire qui ne fonctionne pas, rien d’autre, enchaîne Me Nicolas Bastiani en défense. Il n’y a pas eu d’enquête. On n’a entendu personne. On n’a même pas cherché à vérifier ses comptes. C’est trop facile de dire que c’est un escroc sans chercher à le prouver... On ne sait même pas si la note a été payée!"

Des arguments qui font mouche auprès du tribunal. Tamim est relaxé. Il était donc en mesure de tenir sa place, ce dimanche, sur la pelouse de Westrozebeke, pour la première journée du championnat, soldée par une défaite 1 à 0.

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Monaco-Matin

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