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Soupçonné de violences sur mineure, il est relaxé à Monaco

Mis à jour le 06/11/2017 à 09:58 Publié le 06/11/2017 à 05:27
Me Régis Bergonzi, après avoir porté l'affaire devant la cour de révision et la cour européenne des droits de l'homme a obtenu la relaxe de son client à l'audience.

Me Régis Bergonzi, après avoir porté l'affaire devant la cour de révision et la cour européenne des droits de l'homme a obtenu la relaxe de son client à l'audience. Photo J.-M.F.

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Soupçonné de violences sur mineure, il est relaxé à Monaco

Un retraité mexicain comparaissait après la plainte d'une adolescente de quatorze ans qui dénonçait des « caresses sur la cuisse ». Devant le manque de preuves, le prévenu est relaxé

À la barre du tribunal correctionnel, un retraité mexicain nie les faits de violences sur une mineure dénoncés par les parents de l'adolescente. Ils se sont constitué partie civile. L'attouchement se serait produit le soir du 9 août 2013, sur un banc, au cours d'un concert sur le quai Albert-Ier.

Lola*, encore traumatisée, perturbée, bouleversée est volontairement absente à l'audience. Elle évoquait dans sa déposition des caresses sur la cuisse au moment où elle était assise sur cet espace restreint avec sa copine. Elle avait beau se décaler, les frottements étaient, semble-t-il, répétés.

Le sexagénaire doit s'expliquer sur ce débordement intime dénoncé par la plaignante. Il regarde fixement le président Florestan Bellinzona en clamant son innocence : "Je n'ai rien fait ! Je n'avais aucune mauvaise intention et je n'ai manifesté aucune familiarité. J'ai uniquement sorti mon téléphone portable de ma poche gauche, et c'est là que ma main a dû toucher sa cuisse!"

"Elles ont peur de moi. Elles sont racistes!"

Et d'ajouter: "Je me fais accuser parce que je suis bon et j'ai les cheveux longs. Cette jeune fille et sa copine ont peut-être un problème à cause de mon apparence physique. Elles ont eu peur de moi. Elles sont racistes!"

Le magistrat poursuit: "Quand la victime se retourne, vous lui souriez en lui demandant de vous donner la main. Lola s'est mise à pleurer et s'écarte de la banquette. Vous vous mettez debout et semblez chercher les deux adolescentes."

Cet ancien avocat évoque un tout autre comportement. "Je prenais simplement des photos avec mon smartphone…"

Le président s'étonne au passage "qu'il n'y ait eu aucune exploitation du téléphone. Puis, les jeunes filles vont chercher les parents afin d'alerter les services de police."

Guidés par la description, les agents retrouvent l'individu.

"Au retour de la Brasserie, j'allais vers ma voiture quand les policiers m'ont interpellé. On était à 10 mètres de la Sûreté publique. Une fois dans les locaux, on m'a sorti un gros dossier et un inspecteur m'a apostrophé: "On se connaît! Vous avez déjà eu pareil incident! On m'a dit que vous êtes malade et on va vous mettre en prison"…"

Le magistrat, un peu farceur, lance: "Cela n'a pas l'air de vous avoir impressionné! D'ailleurs, plusieurs personnes vous accusent pour des faits similaires… En 2008, vous avez été relaxé dans une procédure qui concernait des mineures. Puis, la déclaration d'un employé du musée océanographique décrit votre façon de vous approcher d'un peu trop près d'adolescentes… Vous vivez en France depuis 2007 et vous avez une résidence en Principauté, mais vous n'y êtes pas souvent. Vos casiers sont vierges!"

"Elle avait senti un mouvement de va-et-vient sur sa cuisse"

Les parents de Lola qualifieront tout de même le personnage de "dangereux". D'ailleurs, leur conseil, Me Didier Escaut, démontrera avec pertinence que la version du prévenu ne correspond pas aux faits.

"Ma cliente, âgée de quatorze ans à l'époque, avait senti un mouvement de va-et-vient d'une main sur sa cuisse. Le téléphone ? Il en a parlé un an après, quand il a été inculpé ! Rien n'est crédible et on prend des gens pour ce qu'ils ne sont pas. Il faut sanctionner cette dérive. Nous demandons l'euro symbolique!"

Où est la vérité ? C'est bien la difficulté de cette affaire reposant tout entière sur les assertions contradictoires des parties.

Le premier substitut Olivier Zamphiroff essaiera d'orienter le dossier: "Vous avez en face de vous un malade! Un danger! Il faut saluer l'action des parents, parce que leur fille a rencontré un pervers qui souhaitait assouvir ses pulsions. On ne cherche pas à battre monnaie avec l'euro réclamé!"

La relaxe au bénéfice du doute

Mais dans ses réquisitions, le représentant du parquet général confiera l'alternative décisionnelle au tribunal: la relaxe au bénéfice du doute ou croire aux déclarations de la victime en laissant aux juges l'appréciation de la peine à prononcer.

En défense, Me Régis Bergonzi, un peu amer après le rejet de ses nullités, déploiera un incontestable talent pour blanchir son client.

"La victime n'a jamais récusé l'intention du prévenu de passer des coups de fil. Vous ne savez pas non plus si la main de l'intéressé est passée sur la cuisse de Lola. On parle d'une fois et rapidement. N'est-ce pas cohérent avec une caresse accidentelle? Ce sont plus de quatre années de procédure pour des faits qui auraient pu en rester là! Sans oublier l'acharnement de la policière, des juges d'instruction qui se sont fondés sur les seules déclarations de l'adolescente sans jamais l'interroger. Sans confrontation! Alors, on a mis le paquet pour avoir mon client. Préférez la relaxe…"

Le ressortissant mexicain sera relaxé !

* Le prénom a été modifié.


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