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Six ans ferme pour le braqueur de Ciribelli

Mis à jour le 13/01/2016 à 05:11 Publié le 13/01/2016 à 05:11
L'audience d'hier s'est concentrée sur la personnalité de l'accusé.

L'audience d'hier s'est concentrée sur la personnalité de l'accusé. M. A.

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Six ans ferme pour le braqueur de Ciribelli

L'un des auteurs de l'attaque de la bijouterie, le 21 juin 2007 à Monte-Carlo, soupçonné d'appartenir au gang des Pink Panthers, a été condamné à six ans de prison de ferme, hier, par le tribunal criminel

Six ans de prison ferme. C'est la peine que vient d'infliger le tribunal criminel de Monaco à Nikola Ivanovic pour avoir braqué, le 21 juin 2007 dans la galerie du Métropole, la bijouterie Ciribelli.

À l'époque, avec un complice qui purge actuellement une peine pour d'autres faits commis en France, ce Monténégrin avait attaqué la boutique et emporté 33 montres de luxe (lire notre édition d'hier). Un butin de 453 456 e pour les deux malfaiteurs, et un sacré traumatisme pour la vendeuse ainsi qu'un client et son fils de deux ans et demi, qui se trouvaient là, au mauvais endroit, au mauvais moment.

Interpellés en 2009 à Paris, juste après un braquage à Lausanne, en Suisse, les deux hommes sont également soupçonnés d'appartenir au gang des Pink Panthers (lire par ailleurs). On attribue à ce groupe de malfaiteurs originaires des Balkans toute une série de braquages à travers le monde.

Changé par la guerre de l'ex-Yougoslavie

Débuté lundi matin, le procès s'est achevé hier soir. Au terme d'une longue seconde audience concentrée sur la personnalité du braqueur. Un homme au parcours chaotique, fils de bonne famille transformé par la guerre en ex-Yougoslavie où on l'a envoyé à 18 ans. Multirécidiviste de 42 ans dont les premiers dérapages semblent pourtant intervenir tardivement. Détenu étiqueté « DPS » pour « particulièrement surveillé » mais soumis à des crises d'angoisse liées à cette guerre et supportant mal l'isolement de la prison…

« Commencer à 30 ans la délinquance, comment peut-on expliquer ça ? C'est en lien avec la guerre ? » demande la présidente, Virginie Zand, aux experts psychiatre et psychologue ayant examiné l'accusé dans le cadre d'une autre affaire, en 2010. « Si l'on confirme qu'il ne s'est rien passé avant, alors oui, la guerre peut être un déclencheur », analyse le psychiatre. « Ce n'est pas directement la guerre, c'est plutôt une série d'échecs liés au contexte socio-économique de son pays ensuite », estime le psychologue.

La guerre, un sujet sur lequel, malgré les invitations de son avocat, Nikola Ivanovic ne s'étend pas. « Je n'aime pas en parler », dit-il. « On est partis à 42 de mon village, on est rentrés à 9… » Une phrase qui fait froid dans le dos.

Terrible, mais pas suffisant pour le procureur, Cyrielle Colle : « Sans remettre en cause le traumatisme, il a fait des choix. Il a bénéficié d'un suivi psychologique, il a eu des mains tendues qu'il n'a pas saisies. » Rappelant les addictions au jeu, à l'alcool et aux stupéfiants confessées par l'accusé, elle résume : « Il est là, le problème. Il n'avait jamais assez d'argent pour cette vie qu'il a choisie. »

« Une petite chance »

« Après ça, forcément, on voit la vie autrement », insiste, pour la défense, Me Christophe Ballerio, qui plaide les circonstances atténuantes et la bonne foi. « Il aurait été facile, pour lui, d'accabler son complice absent mais non, il assume. »

L'accusé, lui, tente jusqu'au dernier moment de renverser la vapeur. Faisant, comme la veille, l'effort de s'exprimer lui-même malgré la présence d'une interprète, Nikola Ivanovic réitère ses excuses aux victimes : « Je suis ici pour payer mes dettes. Je demande pardon aux Monégasques. Je ne peux pas changer le passé mais je demande une petite chance. Je vais changer, je n'ai pas le choix », souffle-t-il, visiblement mal à l'aise.

Il écope finalement de six ans ferme. C'est un de moins que ce qu'avait requis le procureur. Un de plus que la peine plancher prévue par la loi monégasque en cas de vol à main armé. Six ans ferme qu'il effectuera dans une prison française.

« Les Pink Panthers, c’est un mythe »

Concernant l’appartenance soupçonnée de Nikola Ivanovic au gang des Pink Panthers, le procureur résume : « Ce n’est certainement pas aussi structuré que ça a été présenté en 2004 quand on en a beaucoup parlé. Il n’y a pas un chef qui ordonne aux sous-chefs. Et je veux bien croire que quand Nikola Ivanovic retire 100000 euros d’un braquage, il les garde pour lui. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas un groupe d’individus qui se connaissent et s’allient quand il faut commettre un braquage », indique Cyrielle Colle pour qui le professionnalisme de l’accusé ne fait aucun doute.« Dire “je suis tout seul”, ce n’est pas vrai.Il a besoin des autres pour braquer, c’est ça le groupe des Pink Panthers. »

Faux, avance Me Christophe Ballerio, pour la défense, qui s’est attelé à démontrer l’amateurisme et la précipitation. « Les Pink Panthers, c’est un mythe. Une construction de journalistes qui date de 2003. On me dit qu’ils étaient plus que deux, mais où sont les noms? » Avant de citer en exemple le procès des braqueurs de la bijouterie Zegg et Cerlati, en 2008 à Monte-Carlo : « Là aussi, le spectre des Pink Panthers avait plané. Or, c’était une agression violente, tout avait été démoli. » Le verdict, dans cette affaire, rendu en mars dernier, avait été de six ans ferme.Ce que ne s’est pas privé de rappeler l’avocat.

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